Du XVIIIe siècle, l'histoire de l'art a retenu quelques grandes figures d'amateurs, à la fois collectionneurs, mécènes, et souvent artistes eux-mêmes : le comte de Caylus, Dominique-Vivant Denon, l'abbé de Saint-Non, Claude-Henri Watelet. Qui étaient ces amateurs ? Quels rapports entretenaient-ils avec les institutions académiques ou avec le marché de l'art en pleine émergence ? Pourquoi le terme même d'amateur était-il l'enjeu de débats et de polémiques ? A la croisée de l'histoire sociale des Lumières et de l'histoire de l'art, ce livre entreprend de renouveler notre interprétation des mondes de l'art, en s'interrogeant sur cette figure complexe et méconnue qu'était l'amateur. Dans l'espace artistique des Lumières, encore largement structuré par l'Académie royale de peinture, le développement d'une culture visuelle au sein des élites consacre la place centrale des amateurs. De Joseph Vernet à Elisabeth Vigée-Lebrun, en passant par Jean-Baptiste Greuze ou Hubert Robert, la peinture française contemporaine est encouragée par de nouvelles formes de sociabilité et par les commandes des amateurs. Eux-mêmes se familiarisent avec les techniques de la peinture, de la gravure et du dessin. De plus en plus, les amateurs d'art s'affirment aussi comme des artistes amateurs. Promu comme modèle du public par le système monarchique des arts, l'amateur n'est pas une figure désintéressée du goût. Il est tout au contraire un acteur qui joue un rôle décisif, au c'ur des tensions qui structurent les mondes de l'art, entre la naissance d'un espace public de l'art, le renouveau des valeurs académiques et l'essor des collections. L'amateur connaît son âge d'or au siècle des Lumières, après le règne du mécène et avant celui du collectionneur, qui s'impose au XIXe siècle avec la professionnalisation des champs culturels.
Date de parution
23/10/2008
Poids
596g
Largeur
155mm
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EAN
9782876734920
Titre
LES AMATEURS D'ART A PARIS AU XVIIIE SIECLE
Auteur
GUICHARD CHARLOTTE
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
155
Poids
596
Date de parution
20081023
Disponibilité
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Dans cet essai illustré, Charlotte Guichard propose une enquête, visuelle et historique, sur les graffitis apposés sur les fresques romaines par les voyageurs de passage à Rome, entre les XVIe et XIXe siècles. Jamais reproduits ni même mentionnés dans les nombreux livres d'art qui traitent des fresques de Raphaël au Palais du Vatican ou à la Villa Farnesina, de celles de la Galerie des Carrache située au Palais Farnese, ces graffitis sont pourtant omniprésents. Ils furent réalisés par des artistes parfois célèbres, au cours de leur période de formation, par des amateurs lors du Grand Tour, par des soldats ou des touristes. Loin des images lisses, intactes et éclatantes auxquelles les livres d'art nous ont habitués, cet essai met au jour des ?uvres striées de noms, de marques, de dates et d'esquisses. Il invite à un autre regard : non pas esthétique mais archéologique ; un regard de biais, littéralement, sur ces chefs-d'?uvre de l'art. Car ces graffitis nous mènent au c'ur de la tradition artistique européenne et occidentale. Apposés sur des fresques majeures, ils sont la survivance de gestes d'attestation et d'inscription, de signatures et d'écritures individuelles, manifestant un rapport matériel et familier aux ?uvres. Avec eux, c'est une autre histoire du chef-d'?uvre, tactile et anthropologique, qui est donnée à voir et à interroger.
Comment le nom de l'artiste est-il devenu un élément clef de la valeur symbolique et commerciale des oeuvres ? Pourquoi les peintres signent-ils leurs tableaux ? C'est à Paris, entre les années 1730 et 1820, que se déploie cette enquête novatrice et richement illustrée. Salons et expositions publiques, ventes aux enchères, musées : les institutions artistiques modernes imposent le nom de l'artiste au coeur des mondes de l'art. Critiques, catalogues, cartouches et cartels lui accordent désormais une place essentielle. Un contemporain constate, avec dépit, que les amateurs achètent "des noms, et non plus des oeuvres". Mais pourquoi placer ainsi son nom sur un panneau de bois ou sur une toile ? La tradition est ancienne, et remonte à l'Antiquité. Pourtant, les peintres de l'âge des Lumières surent investir le nom de significations nouvelles. A Paris, le marché pour leurs peintures s'était élargi. Il fallait susciter le désir de consommation au moment où un premier capitalisme commercial fondé sur le luxe et sur la mode connaissait un essor sans précédent. Avec la Révolution, la signature devenait aussi un puissant signe de l'engagement et de l'authenticité en politique. Elle fut ce lieu, dans le tableau, où la présence de l'artiste pouvait se manifester et perdurer. L'aura de l'oeuvre en devenait indissociable.
Ce numéro de la revue Lumières a pour thématique l'univers coloré du XVIIIe siècle et prolonge le numéro 36 (Couleurs et identités XVIIIe siècle) en s'intéressant aux représentations scientifiques et artistiques des couleurs au XVIIIe siècle Le long dix-huitième siècle s'est passionné pour la représentation diagrammatique des couleurs. Leur multiplication dans la vie quotidienne et l'univers mental des Lumières s'est accompagnée de nombreux modes de figurations chromatiques visant, dans un contexte de profondes transformations, à discipliner et maîtriser ces nouvelles sensations visuelles ? : des figures géométriques, tables, cercles, pyramides, sphères, de Newton à Goethe, mais aussi des catalogues, des nuanciers et des palettes. Plus large que les seules représentations diagrammatiques, l'intérêt pour la figuration visuelle de la couleur s'inscrit tout au long du dix-huitième siècle dans des expérimentations savantes, esthétiques et commerciales. Celles-ci manifestent le nouveau désir de couleurs dans l'univers de la consommation et du capitalisme commercial des Lumières ainsi qu'une réflexion sur la classification des couleurs qui déborde la philosophie naturelle pour affecter l'art des artistes et artisans (peintres, teinturiers des manufactures), les pratiques des industriels. Le présent numéro examine quelques-unes de ces nouvelles représentations chromatiques dans une approche transversale en les interrogeant depuis les mondes de l'art, de l'artisanat et ceux de la science ? : les gestes de classification, de figuration et d'inventaire s'y révèlent indissociables d'une philosophie du sensible, d'une expérience sensible et même sensuelle.
Qu'il suscite l'engouement ou la controverse, le marché de l'art ne laisse guère indifférent. Mais, derrière les prix records et les succès spéculatifs, que sait-on vraiment du rôle qu'y jouent les artistes et leurs oeuvres ? Ni génies désintéressés ni entrepreneurs stratèges, les artistes, hommes et femmes, négocient leurs prix et leurs coûts, défendent leur art, nouent des attachements, mais rêvent aussi de publics nouveaux en inventant des formes inédites d'exposition et de vente. Ce livre nous plonge dans l'histoire longue - depuis la Renaissance - du premier marché de l'art. Dans ce moment de transaction inaugurale, les oeuvres quittent l'atelier pour être vendues à des mécènes, marchands ou galeristes, clients familiers ou inconnus. A l'épreuve des exigences de l'art et du marché, les oeuvres devront prouver leur valeur pour la première fois. C'est ainsi qu'entre connivence et critique, l'art participe, sans toujours y adhérer, aux déploiements du capitalisme. 'Vendre son art' : d'Albrecht Dürer à Frida Kahlo, d'Artemisia Gentileschi à Kehinde Wiley, de Rembrandt à Bansky, un autre marché de l'art se dévoile pour la première fois sur le temps long, dans des oeuvres que ce livre fait redécouvrir et voir autrement.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...