Aborder les problèmes de notre temps en une loyale discussion - tel est le but de Verse et Controverse - devait inévitablement amener à traiter du structuralisme, non pas comme d'une mode ou d'un engouement passager, mais comme courant de pensée significatif d'une évolution culturelle. Certes, la variété des représentants du structuralisme, Lévi-Strauss, Lacan, Foucault, pour ne citer que les plus connus, explique que certains refusent d'y voir une véritable école ou un mouvement de pensée ayant des traits bien définis. La nouveauté du structuralisme est plutôt dans l'attitude globale de l'esprit affronté au réel et à l'homme lui-même. On sait que la tradition philosophique occidentale moderne a centré son attention sur l'homme, devenu vraiment pour elle mesure de toutes choses. La phénoménologie en a été l'expression la plus générale, se retrouvant sous des formes bien diverses, communes à l'athéisme et à la réflexion religieuse : le monde ne peut être appréhendé que vécu existentiellement par l'homme ; toute connaissance qui exclurait cette expérience ne pourrait être que partielle. De là à penser que c'est le regard et la conscience signifiante de l'homme qui crée le monde et les valeurs, il n'y a qu'un pas. Le structuralisme est dans le refus de privilégier la part de l'homme dans la recherche du vrai ; en, un certain sens il est bien la "mort de l'homme" , de l'homme comme centre d'organisation et de signification du réel. Si certains se sont effrayés de voir en lui resurgir une sorte de néo-positivisme, il n'en reste pas moins qu'il a été une réaction salutaire vers un sens plus réaliste de l'objectivité, même si celle-ci n'a guère de traits communs avec celle des anciens. C'est dire l'intérêt du sujet. Il touche une des questions les plus graves de la réflexion philosophique, et même théologique, que le progrès des sciences humaines pose à nouveau d'une façon singulière et propre à notre temps. Jules Gritti. Ancien professeur de philosophie au séminaire de la Mission de France, à Pontigny, est actuellement aumônier des étudiants et des jeunes réalisateurs de cinéma et de télévision. Sociologue, il participe sous la direction de George Friedmann à un centre d'études de communications de masse - le C. E. C. M. A. S. - centre qui est associé au C. N. R. S. Comme sociologue, il a le souci d'être présent à l'événement ; aussi ne s'étonnera-t-on pas de le voir ici défendre le structuralisme comme méthode d'approche et de compréhension du réel. Paul Toinet. Auteur de L'Homme en sa vérité, également ancien professeur de philosophie au séminaire de la Mission de France à Pontigny. Bien qu'ayant les mêmes options fondamentales en philosophie et en théologie que le Père Jules Gritti, c'est-à-dire d'adhésion à une métaphysique de consentement à l'être, leur situation diffère quelque peu. En effet, il se livre actuellement à un travail de réflexion et de rédaction aussi bien dans le domaine philosophique que théologique. Il nous a donc sem
Nombre de pages
96
Date de parution
01/04/1997
Poids
104g
Largeur
115mm
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EAN
9782701003009
Titre
Le structuralisme. Science ou idéologie
Auteur
Gritti Jules ; Toinet Paul
Editeur
BEAUCHESNE
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115
Poids
104
Date de parution
19970401
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96,00 €
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Le développement prodigieux des moyens modernes de communication constitue un fait social et culturel de première importance. Cinéma, télévision, radio, presse, disques, bandes dessinées font plus qu'inonder le marché de leurs produits, que distraire ou fasciner les usagers par leurs images visuelles et sonores : ils convergent dans un vaste phénomène de communication collective, ils suscitent une culture de masse. Chacun sent bien que tout ne s 'y réduit pas à l'essor de techniques nouvelles, mais qu'avec cet essor, avec cette domestication sans précédent du son et de l'image, c'est la psychologie de l'homme et son destin qui tendent à se transformer. L'emploi du mot culture fait immédiatement réagir. Jusqu'à nos jours, il a servi à désigner la formation de tout l'homme : pensée, goût, expression, équilibre intérieur. Il recouvrait par surcroît l'idée d'un patrimoine d'oeuvres littéraires ou artistiques, transmis et renouvelé de génération en génération par des élites cultivées. C'est pourquoi de beaux esprits voient-ils une contradiction dans les termes : culture d'un côté, masse de l'autre. Mais si les problèmes techniques posés par le perfectionnement et la généralisation des mass-media finissent toujours par se résoudre, en va-t-il de même pour les problèmes proprement humains qui en résultent ? Est-il si évident que l'homme moderne y trouve son compte, que son niveau intellectuel et moral en sera rehaussé, que les personnalités et que les mentalités collectives ne connaîtront pas, avec le foisonnement de l'image, un nouveau risque d'aliénation ? Autour de ces questions, le débat s'engage entre Jules Gritti et Paul Toinet, qui s'étaient déjà confrontés sur le Structuralisme. Ils "sentent" assurément de façon différente le phénomène du développement des techniques de masse, mais ils se veulent également attentifs à ce qui fait le fond du problème : l'homme, ses possibilités de croissance et aussi de dégradation. Ainsi se développe une démarche par affrontements successifs : Situation, Chances et Risques pour l'homme, l'Homme en sa vérité, Références chrétiennes, Tâches à accomplir, jusqu'à ce qu'apparaissent les complémentarités de la présence chrétienne. Paul Toinet. Auteur de l'Homme en sa vérité, Paul Toinet est ancien professeur de philosophie au Séminaire de la Mission de France à Pontigny. Depuis quelques années, il s'est surtout attaché à analyser la situation de l'homme moderne, au sein du monde "culturel" qui est le sien, et face au problème de la foi. Il est persuadé que tous les débats essentiels de la conscience contemporaine, notamment dans l'ordre philosophique, renvoient, clairement ou non, à une interrogation religieuse fondamentale, et que l'Eglise catholique est toujours concernée par ces débats. Le rôle du philosophe chrétien et du théologien est de montrer comment. ce problème des techniques de communication en fournit une occasion. Jules Gritti. Ancien professeur de philosophie au séminaire de la
En février 1861, un convoi d'une soixantaine d'enfants de cinq à vingt et un ans sort de la prison de La Roquette à Paris. Leur destination : la plus sauvage et la plus belle des îles d'Or, Le Levant. Ils seront les premiers pensionnaires de la " colonie agricole " de Sainte-Anne dont le propriétaire est le comte de Pourtalès. En autorisant les bagnes privés pour mineurs, l'empereur Napoléon III entend débarrasser les villes et les campagnes des innombrables gavroches, vagabonds et orphelins qui les peuplent. Il y a là Jean Devillaz, un solide savoyard qui a fui les sévices de son oncle ; Théo Gruner, matelot depuis l'âge de huit ans et arrêté à l'occasion d'une bagarre sur le port de Marseille Roncelin, apprenti forgeron ; Beaumais, un jeune aventurier belge... Ensemble, ils vont constituer la bande des " Vulnérables " qui défendra les plus jeunes et les plus fragiles. Ensemble, ils vont survivre aux brimades, privations, mutineries et évasions qui se succéderont jusqu'à leur libération. En s'appuyant sur les archives de l'époque et à travers un récit plein de rebondissements, Claude Gritti a reconstitué l'histoire du plus terrible et du plus émouvant des bagnes, celui pour enfants de l'île du Levant.
Avec cette minutie attentive et bienveillante qui a fait le succès de son premier roman, Les Enfants de l'Île du Levant, Claude Gritti dépeint ici les êtres et la vie du Pays des Maures au XIX siècle. Son récit, inspiré d'une histoire réelle, dépasse le cadre et les limites du régionalisme. Au-delà d'un banal fait-divers, cette épopée provençale se hisse à la hauteur d'une fresque classique qui se déroule avec une implacable logique jusqu'à son dénouement. Dès son plus jeune âge, Honoré, pris d'une véritable passion pour le métier de son père, se révèle un dessinateur d'intérieur talentueux. Les grandes familles font appel à ses services. Il rencontre la superbe Clarisse, une jeune domestique, dont il tombe amoureux. Il l'épouse, elle le trompe. Il abat les amants. Le massif des Maures et les Îles d'or sont ses refuges. Les gendarmes le pourchassent. Traqué, Honoré trouve cependant une certaine forme de bonheur dans sa solitude et découvre l'harmonie de la nature. Salade, l'homme des Maures au c?ur énorme, Lulu le Rouquin, pêcheur aux Salins d'Hyères, et Marie-Cécile, qui vit au milieu des chênes-lièges et des châtaigniers avec ses trois enfants, vont l'aider et le protéger. Mais il y a aussi ceux qui veulent que la justice soit rendue. Un jour, des battues s'organisent...
En février 1861, un convoi d'une soixantaine d'enfants de cinq à vingt et un ans sort de la prison de La Roquette à Paris. Leur destination: la plus sauvage et la plus belle des îles d'Or, Le Levant. Ils seront les premiers pensionnaires de la "colonie agricole" de Sainte-Anne dont le propriétaire est le comte de Pourtalès. En autorisant les bagnes privés pour mineurs, l'empereur Napoléon III entend débarrasser les villes et les campagnes des innombrables gavroches, vagabonds et orphelins qui les peuplent. Il y a là Jean Devillaz, un solide savoyard qui a fui les sévices de son oncle; Théo Gruner, matelot depuis l'âge de huit ans et arrêté à l'occasion d'une bagarre sur le port de Marseille; Roncelin, apprenti forgeron; Beaumais, un jeune aventurier belge... Ensemble, ils vont constituer la bande des "Vulnérables" qui défendra les plus jeunes et les plus fragiles. Ensemble, ils vont survivre aux brimades, privations, mutineries et évasions qui se succéderont jusqu'à leur libération. En s'appuyant sur les archives de l'époque et à travers un récit plein de rebondissements, Claude Gritti a reconstitué l'histoire du plus terrible et du plus émouvant des bagnes, celui pour enfants de l'île du Levant.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.