Il appartient à chaque philosophe de dire ce qu'il entend par philosophie : la définition même de la philosophie engage déjà une philosophie. L'histoire nous apprend donc quelles définitions les philosophes ont données de la philosophie : elle ne saurait en tirer la définition de la philosophie. La perspective change si nous considérons la philosophie non comme une essence à définir mais comme une existence à décrire : l'histoire devient alors un recueil d'expériences illustrant les conditions d'existence de la philosophie. Il n'est pas question de déguiser le philosophe en historien ni de transformer l'histoire de la philosophie en philosophie de l'histoire. On ne demandera pas à l'histoire de juger ce qui est vivant et ce qui est mort : sa vocation est de ressusciter tout ce qui fut vivant. On lui demandera ce qu'elle peut donner sans cesser d'être historique : des faits et des suggestions pour une phénoménologie de l'esprit philosophique. Tel est le sens de ces esquisses. Ecrites à des époques différentes, une même préoccupation les rapproche [... ]. Chacun de ces trois essais représente, à partir d'un problème particulier, une digression sur la philosophie et son histoire, ou plus précisément sur la philosophie dans son histoire.
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Date de parution
01/01/1948
Poids
195g
Largeur
204mm
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EAN
9782711603169
Titre
LA PHILOSOPHIE ET SON HISTOIRE
ISBN
2711603164
Auteur
GOUHIER
Editeur
VRIN
Largeur
204
Poids
195
Date de parution
19480101
Nombre de pages
0,00 €
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L'auteur n'étudie pas le cartésianisme, rationalisme suspect, aux yeux de certains catholiques, de mettre la foi en danger. Il prend le parti de revenir à Descartes lui-même, à la genèse de son oeuvre, liée aux événements d'une vie, elle-même liée à l'histoire de son siècle. Une première partie y distingue des périodes comprenant des rencontres décisives, des voyages, des publications (sources de polémiques), des projets. A partir de 1640 le cartésianisme est reconnu par les " mondains ", les savants, les religieux, et Descartes fait figure de chef d'école. Les résultats de cette minutieuse enquête, dans la deuxième partie de l'ouvrage, de discerner les intentions apologétiques de Descartes, sa vision des rapports de la raison avec la foi. " Certes, écrit Henri Gouhier, Descartes a voulu défendre la cause de Dieu, combattre les athées et les libertins... il accuse la scolastique d'avoir perverti la théologie comme la physique... ". Mais le Dieu du philosophe n'est pas celui de la Révélation ; si philosophie et théologie sont séparées (séparation qui protège l'ineffabilité de l'infini divin), il ne peut y avoir aucun conflit entre elles (car elles ont la même racine : une foi absolue en la Vérité). Descartes est resté sereinement attaché à la religion de son pays, mais sa philosophie n'est pas religieuse, comme le sera la philosophie chrétienne de Malebranche.
A l'origine et au centre de l'ouvrage se trouve une reconstitution du cahier perdu sur lequel le jeune Descartes écrivait ses pensées. Il s'agit donc d'une histoire des textes recueillis dans le tome X de l'édition Adam et Tannery sous le titre Cogitationes privatae et Olympica. Une telle histoire en implique une nouvelle lecture, chaque texte étant pris avec sa date approximative, sans céder à la tentation d'expliquer les pensées de la jeunesse par celles del'âge mur. Cette recherche devait tout naturellement conduire à reprendre la question des rapports de Descartes avec les Rose-Croix. Mais elle se trouve abordée ici à partir d'une critique des textes qui ont incité les historiens à la poser : quand et comment a-t-on commencé à parler de Descartes et des Rose-Croix ? L'étude des sources historiques ne laisse pas subsister, même à titre d'hypothèse, la pittoresque adhésion de Descartes à la confrérie secrète, dont l'existence, d'ailleurs, peut être mise en doute avec de bonnes raisons.
Afin de se prémunir contre le risque de devenir un jour savant, tout jeune chercheur devrait, à titre d'antidote, avoir lu ce classique de Gaston Bachelard. L'originalité de l'ouvrage consiste non seulement à dégager les conditions psychologiques propices à la formation de l'esprit scientifique mais aussi à mettre au jour celles de son dépérissement. Ainsi, la connaissance scientifique s'institue en s'opposant à la connaissance vulgaire, issue de l'expérience commune. Cependant, elle se corrompt et se stérilise dès lors qu'elle prétend fournir des réponses définitives. L'attachement à ses propres certitudes, qu'elles soient d'ordre sensible ou scientifique, contrarie les progrès de la recherche. La science tout autant que l'opinion constituent ainsi ce que Bachelard appelle un obstacle épistémologique. Toute découverte suppose donc la capacité de résister à "cette tendance conservatrice de l'esprit humain" qui le porte à ramener l'inconnu au connu, par une sorte de goût inné pour la cohérence. L'épistémologie à portée des débutants. --Paul Klein
Rien que dans ce petit coin du monde, il y a quatre principes, la raison, l'instinct, la génération, la végétation, qui sont semblables les uns aux autres et sont les causes d'effets semblables. Combien d'autres principes ne pourrions-nous pas naturellement supposer dans l'immense étendue et l'immense variété de l'univers, si nous étions capables de voyager de planète en planète et de système en système, afin d'examiner chaque partie de ce vaste agencement? L'un quelconque des quatre principes mentionnés ci-dessus (et de cent autres qui s'offrent à notre conjecture) peut nous fournir une théorie par laquelle juger de l'origine du monde; et c'est une preuve palpable et insigne de partialité que limiter entièrement notre vue au principe par lequel nos propres esprits opèrent. Si ce principe était plus intelligible pour cela, une telle partialité pourrait dans une certaine mesure s'excuser; mais la raison, dans son agencement et sa structure interne, nous est en réalité aussi peu connue que l'instinct ou la végétation".
Quand on a pris les soins nécessaires pour conserver au corps sa force et sa vigueur, pour le mettre en état d'obéir aux ordres de l'âme elle-même, afin que en toute occasion, elle ne donne son consentement qu'à ce qui est conforme à la dignité et à l'excellence d'une créature raisonnable"
Résumé : Les religions ont une histoire, qui n'est pas celle de la Bible. Elles trouvent leur origine dans les passions des hommes. De là, on conclut aisément qu'en matière de religion le culte importe plus que le dogme, que le polythéisme précéda le théisme qui en dériva, et que les maux générés par celui-ci sont pires que ceux causés par celui-là. La question d'une " pure " religion reste en suspens, sachant qu'aucune religion révélée ne peut invoquer en sa faveur un témoignage assez fort ni aucune religion philosophique se reposer sur une démonstration qui soit certaine.