Bap n29 - jean-jacques rousseau et la crise contemporaine de la conscience
Gouhier Henri
BEAUCHESNE
38,00 €
Epuisé
EAN :9782701002484
Comme tout grand écrivain, J. -J. Rousseau, en se situant dans son époque et en l'exprimant, transcende son temps et atteint l'universel. Le XVIIIe siècle connut une société de rupture et de mutation. Notre XXe siècle vit une crise comparable. Ne pourrait-on pas éclairer la crise qui ébranle aujourd'hui la conscience de l'homme en faisant appel à Rousseau ? Tel fut le thème du colloque international tenu, à l'occasion du bicentenaire de la mort de Rousseau, du 5 au 8 septembre 1978, au Centre Culturel Les Fontaines à Chantilly : "J. -J. Rousseau et la crise contemporaine de la conscience" . L'éventail des contributions est très ouvert. L'éducation première de Rousseau, en milieu calviniste (J. -L. LEUBA), la conscience chez Jean-Jacques (Jean LACROIX). Mais aussi de nombreux aspects de sa pensée, très proches de nos soucis actuels : les démêlés de Rousseau avec les théologiens de Sorbonne (J. R. ARMOGATHE), le droit naturel et l'état de nature (A. KREMER-MARIETTI), la directivité du précepteur comme du législateur (B. ROUSSET), le problème de la civilisation (V. GOLDSCHMIDT), la dialectique entre politique et solitude (F. GENTILE), le problème du mal (L. GAGNEBIN), de la culpabilité et de l'innocence (P. -P. CLEMENT). Sans oublier les questions de l'éducation à partir de l'Emile (J. EON, B. LECHEVALIER). Et comme pour synthétiser la pensée de Rousseau : l'éducation d'une conscience d'homme (A. RAVIER). Les débats, souvent très vifs, sont présentés à la suite de chaque conférence. Henri GOUHIER, de l'Académie Française, qui a présidé le colloque, pose, dans la préface, une question fondamentale, pour Rousseau comme pour notre civilisation : les rapports de la nature et de la culture. Peut-on se référer à la nature pour surmonter la crise de notre culture ? Quelle nature ? Quelle culture ? Ainsi les Actes de ce colloque ouvrent à des réflexions décisives pour notre temps.
Nombre de pages
420
Date de parution
01/04/1980
Poids
801g
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EAN
9782701002484
Titre
Bap n29 - jean-jacques rousseau et la crise contemporaine de la conscience
Auteur
Gouhier Henri
Editeur
BEAUCHESNE
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0
Poids
801
Date de parution
19800401
Nombre de pages
420,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ce colloque de Cerisy a fait revivre les divers aspects de l'oeuvre et quelquefois de l'homme en les situant dans leur cadre. Les exposés rassemblés ici, de H Barreau, M A Caws, A Clancier, R Delhez, A Flocon, J Follain, L Garcin, G Germain, M L Gouhier, M Guiomar, S Hutin, J Lescure, R Martin, M Mc Allester, J Plessen, R Poirier, C Ramnoux, A Robinet, M Schaettel, M Serres, caractérisent l'esprit de Bachelard dans ses diverses entreprises, ses diverses formes, à ses divers moments, et définissent les inspirations et les thèmes essentiels d'une oeuvre immense, au cours lent, aux eaux profondes et chargées de mille reflets lumineux, qui reste une des tentatives les plus attachantes et les plus originales du XXe siècle.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.