Avec un ton qui évoque le théâtre de l'absurde, Sept milliards de chasseurs-cueilleurs met en scène les multiples rencontres entre deux Amérindiens de tribus différentes ; tandis que l'un deux, au fur et à mesure des rencontres et des expériences, devient de plus en plus "cow-boy" , le second est renforcé dans son "amérindianité" , les deux risquant, à chaque rencontre, de devenir des personnes encore différentes (marchand ambulant, femmes Inuit, caricaturiste, tueur à gages, etc.) : c'est un récit fantaisiste. Ils vont jouer des rôles différents à chaque confrontation (vengeur, voyou, frère, voyageur de temps, dragueur, etc.) à la recherche d'une définition d'eux-mêmes, enchevêtrement de multiples identités, de mutations sémantiques et de constantes cosmiques : c'est un récit-totem. A l'image des hommes, leurs histoires sont multiples et leurs puissances peuvent cohabiter en harmonie, sans s'entretuer, comme les font souvent les histoires. Peut-être qu'après une sorte d'apocalypse, tout le monde est devenu chasseur-cueilleur et les gens vivent en paix entre eux, s'entraidant pour qu'un monde idéal se construise au présent : c'est un récit pseudo-rousseauiste. Tous oeuvrent alors dans la promesse d'une grande union finale nourrie de partage et d'amour fraternel, travaillant contre la désespérante solitude de chacun : c'est un récit humoristique. Thomas Gosselin est un génie, et comme tous les génies, il est fou. Son oeuvre est à son image, pleine de logiques démentes, de références philosophiques, et de moments de pur bonheur de lecture, ces moments magiques qui allient franche cérébralité et humour décapant. On se retrouve dans ses livres comme perdu dans un labyrinthe fait de miroirs déformants : surpris et amusés par ce que l'on y voit, et toujours un peu inquiet de ce que ces visions pourraient dire de vrai.
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Nombre de pages
40
Date de parution
14/11/2013
Poids
550g
Largeur
213mm
Plus d'informations
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EAN
9782889230143
Titre
Sept milliards de chasseurs-cueilleurs
Auteur
Gosselin Thomas
Editeur
ATRABILE
Largeur
213
Poids
550
Date de parution
20131114
Nombre de pages
40,00 €
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7 histoires réalisées par des jeunes gens du voyage et des auteurs professionnels, pour voyager dans le ciel, en Afrique, à Paris, dans des kebabs, chez les rappeurs tagueurs en or, dans le monde supermagique des licornes... Tout ça sans bouger de chez soi ! Avec en cadeau un poster géant à détacher : Superlicorne, un jeu de société pour s?amuser à sauver le monde.
La mécanique du récit abolit lentement la liberté des personnages, qui se débattent mollement dans les apories et les questionnements, déployant leurs gesticulations comme chorégraphie de cette méditation graphique inédite.
Résumé : Au départ, un groupe de "blackface" composé d'une dizaine de comédiens. Quand le dénommé Hip ne semble plus capable de monter sur scène à cause d'une légère addiction à l'opium, nos valeureux artistes - qui malgré leur goût prononcé pour la caricature raciale savent soliloquer et philosopher avec talent - engagent comme remplaçant un certain Hop, un "vrai" noir. Mais cette nouvelle arrivée, qui n'est pas sans provoquer de légitimes questions (comme "devra-t-il quand même se maquiller ? "), permettra-t-elle de leur éviter le courroux des dieux uniques perchés dans les cieux ? Car l'existence même des artistes semble tenir à ce commandement divin : pour pouvoir continuer à exercer leur art, il leur faudra être plus de 9, mais moins de 10. Puis l'emprise du vaudou, par l'entremise de Hop, va transfigurer de manières différentes chaque membre de la troupe, juste avant que ceux-ci, comme les dix petits nègres de la comptine, ne se mettent à disparaître, les uns après les autres. Si on rajoute encore que tout le livre est parcouru de questionnements touchant aussi bien aux mathématiques qu'à la philosophie, qu'il regorge de logiques aux développements aussi rigoureux que tortueux, on devinera alors aisément qu'une oeuvre de cet acabit ne peut venir que de l'esprit foisonnant de Thomas Gosselin, qui signe ici sans doute son livre le plus complexe, et le plus riche.
Pour Claire et Mark, le quotidien ressemble à un brouillard opaque. Claire passe sa journée à la maison, sans quitter son peignoir élimé, accompagnée exclusivement de cigarettes fumées à la chaîne et de bouteilles qui se vident trop vite. Mark, lui, dort sur le canapé, et ne rêve que de solitude. Leurs enfants, Charley et Sally, se débrouillent comme ils peuvent, vont à l'école aléatoirement, et s'habillent des mêmes uniformes scolaires à la propreté douteuse. Quelque chose cloche... comme une impression de vivre dans un rêve cotonneux, de passer complètement à côté de sa vie. Chaque jour qui passe amène son lot de bizarrerie et d'incohérence, et quand les rumeurs d'une catastrophe à venir s'intensifie, la vérité, peu à peu, se révèle... Lecteurs, lectrices, préparez-vous, Why don't you love me ? ne ressemble à rien de ce que vous avez lu jusqu'à maintenant ! Le trait sec, presque austère, de Paul B. Rainey, ainsi que la construction en "faux strip", disent parfaitement la tristesse d'une vie de couple ratée et le poids et l'usure du quotidien ; l'humour, salvateur, dont l'auteur anglais sait faire preuve, empêche le récit de sombrer dans le sordide. Et puis il y a ce virage, imprévisible, que prend doucement le récit, pour nous amener autre part, dans l'imaginaire et loin des enjeux du quotidien, et pourtant au plus proche des aspirations humaines. Paul B. Rainey est un vétéran de la scène britannique qui a publié plusieurs livres chez différents éditeurs et en auto-édition, mais dont Why Don't You Love Me ? est le premier livre traduit en français, et celui qui a provoqué une vraie forme de reconnaissance critique, et publique. Scoop : Ari Aster (le réalisateur de Hereditary et Midsommar) a récemment acquis les droits du livre pour une adaptation prévue pour 2026 dont il sera le producteur, avec Jennifer Lawrence dans le rôle principal !
Iris est une artiste peintre reconnue, qui, malgré son grand âge, se dévoue toujours avec passion à son art, une peinture abstraite toute en lignes et en droites. Frappée par une maladie oculaire dégénérative, Iris doit se résoudre à perdre sa totale et précieuse indépendance et à rejoindre un foyer pour personnes âgées. Elle doit alors faire face à un nouveau quotidien, qui la ramène à sa propre vulnérabilité, mais qui lui permettra aussi de faire face à certains vieux démons issus de son passé. De sa maladie, irrémédiable, elle fera une force pour se réinventer - et c'est une touche de lyrisme alimentée d'une ultime pulsion de vie qui va ainsi bouleverser son art comme son rapport au monde. Derrière sa figure d'artiste détachée, aussi acariâtre qu'attachante, on découvre alors une femme résiliente, qui s'appuie sur ses lignes droites pour tenir debout. ? A travers les yeux d'Iris, Fabian Menor use de tout son art pour nous faire découvrir le nouveau monde de l'artiste vieillissante, un monde tout en courbe, déformé et déstabilisant. Son expérience dans un foyer pour personnes âgées, dans lequel il s'est immergé pendant plusieurs mois, l'a évidemment nourri pour ce livre. L'auteur nous rappelle dans "Iris" qu'il n'y a pas d'âge pour se renouveler, que l'art est avant tout une forme d'introspection qui a sa place tout au long de la vie d'un individu.
Martha habite une grande maison où les têtes se détachent des corps et s'y replacent sans peine. Elle y vit avec sept autres enfants et des adultes immenses, dont l'attention vient rarement se mettre à hauteur d'enfant. Il n'y a que celle qu'on surnomme "la grosse tête" qui semble disponible pour jouer. Les enfants l'adorent, la grosse tête les fascine, même s'il lui arrive d'être effrayante et d'avoir des comportements étranges. Une nuit, le comportement de la grosse tête dépasse l'entendement : elle écrabouille Martha et la laisse dans une grande confusion. Coûte que coûte, Martha prend sur elle et se retrouve prisonnière d'une histoire qui loin de s'estomper avec le temps, va la couper d'elle et des autres et l'empêcher de grandir. Mais comment ne pas perdre la tête quand encore enfant, on se retrouve dépossédé de son corps ? Dans un univers narratif et graphique où l'onirisme se mêle au quotidien et où le dedans semble avoir absorbé le dehors, "La tête sur mes épaules" met en scène le rapport d'un groupe d'enfants laissés entre eux, à un monde d'adulte qui leur échappe et dont ils cherchent la reconnaissance. Se précisent peu à peu les figures de l'adulte-prédateur et de l'enfant-proie. D'une extrême finesse dans sa réalisation comme dans son écriture, "La tête sur mes épaules" décrypte, avec subtilité et intelligence, les mécanismes de l'emprise comme la difficulté à sortir du silence. Bénédicte Muller est une dessinatrice et illustratrice issue de la HEAR ; on lui doit déjà "La Minuscule Maman" qu'elle a fait paraître en 2019 aux éditions Magnani. "La tête sur mes épaules" est sa première bande dessinée."