Le puissant brasier jetait encore une fois de hautes flammes, qu'il poussait vers le ciel, et les murs d'Ilion paraissaient rouges, à travers la nuit sombre ; l'amas énorme du bois entassé, venant à s'écrouler, produisit un dernier embrasement : les ossements d'Hector s'affaissèrent, et le plus illustre des Troyens n'était plus qu'une cendre éparse sur le sol. Alors Achille se leva de son siège devant sa tente, où il passait, à veiller, les heures de la nuit. Il contemplait les jeux effrayants de la flamme lointaine et le mouvement de la lueur changeante, sans quitter des yeux la citadelle rougeâtre de Pergame. Il sentait encore, dans le fond de son coeur, la haine du mort qui avait frappé son ami, et qui maintenant descendait dans la sépulture. Mais, lorsque la fureur du feu dévorant se fut apaisée par degrés, et qu'en même temps la déesse aux doigts de roses embellit la mer et le rivage, en sorte que les flammes horribles pâlirent, l'héroïque fils de Pélée, saisi d'une émotion douce et profonde, se tourna vers Antiloque, et lui dit ces graves paroles : "Ainsi viendra le jour, où des ruines d'Ilion s'élèveront bientôt la fumée et la flamme, poussées par les vents de Thrace ; elles obscurciront la longue cime de l'Ida et le sommet de Gargare. Mais je ne les verrai pas. L'aurore vigilante m'a trouvé recueillant les os de Patrocle ; elle trouve les frères d'Hector occupés à lui rendre ce pieux office : et toi aussi, mon fidèle Antiloque, elle te verra bientôt donner en gémissant la sépulture aux légers restes de ton ami. S'il en doit être ainsi, comme les dieux me l'ont déclaré, soit ! ... Occupons-nous de ce qui reste encore à faire. Il faut que, réuni avec mon ami Patrocle, je sois honoré d'un tertre majestueux, élevé sur le rivage de la mer, monument pour les peuples et les âges futurs. Déjà les robustes Myrmidons ont creusé diligemment un fossé alentour ; ils ont rejeté la terre en dedans, traçant comme un rempart protecteur contre les attaques de l'ennemi. Ils ont ainsi formé avec ardeur une enceinte au grand espace ; mais je veux voir le travail avancer. Je fais appeler promptement les troupes qui sont encore disposées à entasser la terre sur la terre. Peut-être ferai-je ainsi exécuter la moitié de l'ouvrage : à vous de l'achever, lorsque bientôt l'urne m'aura recueilli".
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Nombre de pages
26
Date de parution
19/12/2022
Poids
49g
Largeur
148mm
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EAN
9791041940523
Titre
Achilléide
Auteur
Goethe Johann wolfgang
Editeur
CULTUREA
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49
Date de parution
20221219
Nombre de pages
26,00 €
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Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Manifeste exalté de l'impétueuse jeunesse, Les Souffrances du jeune Werther est le roman qui donna ses lettres de noblesse à Goethe. Le succès de cette oeuvre parue en 1774 fut étonnant pour l'époque et le personnage de Werther devint le symbole d'une génération entière. Quête d'absolu, transcendance de l'amour, lyrisme de la douleur... il s'agit bien là d'un des plus célèbres textes fondateurs du Romantisme. Werther, perché sur le pic solitaire de la passion qu'il éprouve pour Charlotte, est en proie au vertige. L'objet de son désir n'est autre que la fiancée de son meilleur ami, mais la pureté de son âme ne saurait tolérer l'idée même d'une trahison. Goethe ne se contente pas de mettre en scène un terrible dilemme, il livre une analyse extrêmement fine des tourments intérieurs de son personnage qui finira par se donner la mort. Mais le suicide de Werther n'est pas seulement la réaction suprême à un amour impossible, il résulte également d'un terrible constat d'échec : l'humain ne peut atteindre l'absolu, la souffrance est une fatalité à laquelle aucun être sensible ne peut se soustraire. Une oeuvre qui met en lumière la cruauté de l'existence, qui inflige à l'innocence son macabre cortège de désillusions. --Lenaïc Gravis et Jocelyn Blériot
Dans cette situation sans espoir, que servirait-il de rapporter les efforts de toute sorte dont s'étourdirent pendant un certain temps, dans l'entourage d'Edouard, l'épouse, l'ami, le médecin ? Enfin on le trouva mort... Ce coeur, en proie naguère à une agitation sans bornes, avait trouvé un imperturbable repos ; et, comme il s'était endormi en pensant à une sainte, on pouvait sans doute le qualifier de bienheureux. Charlotte lui donna sa place auprès d'Odile, et ordonna que personne ne serait plus déposé dans ce caveau. Les amants reposent donc l'un près de l'autre. La paix flotte sur leur sépulture. De la voûte, les fraternelles images des anges abaissent sur eux la sérénité de leurs regards, et qu'il sera aimable l'instant où ils se réveilleront ensemble !
Les mystères de l'univers ésotérique se dévoilent à travers les pages de "La Science des Mages et ses applications théoriques et pratiques" . Ce traité, rédigé par Papus, figure emblématique de l'occultisme du XIXe siècle, nous transporte dans un monde où la science et la magie s'entrelacent. L'oeuvre se situe à une époque où la quête de la connaissance ésotérique était à son apogée, et où les frontières entre le visible et l'invisible étaient explorées avec une ferveur sans précédent. Papus, de son vrai nom Gérard Encausse, nous guide à travers les arcanes de la magie, en exposant des concepts qui mêlent philosophie, alchimie et mysticisme. Ce livre se distingue par sa capacité à rendre accessibles des notions complexes, en les ancrant dans des applications pratiques qui fascinent autant qu'elles intriguent. Les thématiques abordées, telles que l'initiation, l'évolution des rituels et l'interprétation des signes, sont autant de portes ouvertes sur un univers où la pensée rationnelle côtoie l'intuition. Papus, en tant qu'érudit, nous offre une perspective sur la manière dont la magie peut être perçue non seulement comme un art, mais aussi comme une science à part entière. En parcourant cet ouvrage, le lecteur est invité à réfléchir sur la place de l'homme dans l'univers et sur les forces invisibles qui l'entourent. Par l'étude des principes ésotériques, ce livre nous apprend à mieux comprendre les interactions subtiles entre l'esprit et la matière, et à envisager la réalité sous un angle nouveau. Une exploration qui promet de transformer notre perception du monde et de nous ouvrir à des dimensions insoupçonnées.
Le Cid est une pièce de théâtre tragi-comique en vers (alexandrins essentiellement) de Pierre Corneille dont la première représentation eut lieu le 7 janvier 1637 au théâtre du Marais. Résumé court : Chimène et Rodrigue doivent se marier, mais une querelle éclate entre leurs pères. Entre amour et piété filiale, Rodrigue décide de sauver l'honneur de sa famille et tue le père de sa promise. Rodrigue aime Chimène et Chimène aime Rodrigue. Leur mariage est sur le point d'être célébré lorsqu'une violente dispute éclate entre les pères des deux jeunes gens. Rodrigue est alors obligé d'affronter le père de Chimène en duel. Pour le jeune homme, le dilemme est cruel : doit-il venger l'honneur de son père ou sauver l'amour de celle qu'il aime ? Résumé général : Don Diègue et Don Gomès (comte de Gormas) projettent d'unir leurs enfants Rodrigue et Chimène, qui s'aiment. Mais le comte, jaloux de se voir préférer le vieux Don Diègue pour le poste de précepteur du prince, offense ce dernier en lui donnant une gifle (un "soufflet" dans le langage de l'époque). Don Diègue, trop vieux pour se venger par lui-même, remet sa vengeance entre les mains de son fils Rodrigue qui, déchiré entre son amour et son devoir, finit par écouter la voix du sang et tue le père de Chimène en duel. Chimène essaie de renier son amour et le cache au roi, à qui elle demande la tête de Rodrigue. Mais l'attaque du royaume par les Maures donne à Rodrigue l'occasion de prouver sa valeur et d'obtenir le pardon du roi. Plus que jamais amoureuse de Rodrigue devenu un héros national, Chimène reste sur sa position et obtient du roi un duel entre don Sanche, qui l'aime aussi, et Rodrigue. Elle promet d'épouser le vainqueur. Rodrigue victorieux reçoit du roi la main de Chimène : le mariage sera célébré l'année suivante.
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