Gilles Deleuze pensa la schizophrénie dans le cadre que Bergson donnait à la mystique dans les Deux sources de la morale et de la religion. Ce bergsonisme a conduit Deleuze à une véritable mystique de la maladie mentale : les grands psychotiques auraient remplacé les saints... L'intention de cet ouvrage est d'abord de produire une critique bergsonienne de cette " schizo-mystique ", en montrant que la nuit obscure, où le mystique côtoie la folie, n'est pour Bergson que l'antichambre du mysticisme complet, qui, lui, est mysticisme de l'action. De sorte que l'inhabituel, l'exceptionnel et le surhumain ne sauraient être, selon lui, une création schizophrénique détournée du quotidien mais bien la gestion simple et confiante du présent. On a tort de penser que la maladie mentale permet à la vérité d'accomplir une percée qui lui est refusée dans la santé. La psychose n'est que secondairement la folie qui sauve les croyants ; elle est d'abord, comme l'enseigne l'attention à la parole psychotique (celle d'Hölderlin, ou du danseur Nijinski), une expérience insupportable. Muette, la psychose ne transmet aux hommes aucun message de l'au-delà ; elle est un sentiment extrême, mais sans objet et sans but. La philosophie de Bergson est ensuite critiquée pour ce qu'elle a rendu possible chez Deleuze. A une conception " océanique " de la liberté, où le sujet d'exception coïncide avec lui-même et s'insère dans l'absolu, l'auteur oppose les philosophies de Fïchte et de Lavelle, soucieuses de penser un absolu exigeant une pluralité intime de sujets particuliers. Loin d'attendre une régénération qui leur viendrait d'êtres surhumains, ces sujets devront donc se constituer par une démarche originale de leur liberté.
Nombre de pages
192
Date de parution
18/01/2002
Poids
209g
Largeur
128mm
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EAN
9782220050010
Titre
Mysticisme et folie. Essai sur la simplicité
Auteur
Goddard Jean-Christophe
Editeur
DDB
Largeur
128
Poids
209
Date de parution
20020118
Nombre de pages
192,00 €
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La philosophie de Fichte est une philosophie du moi. Est-ce à dire qu'il faut y voir une philosophie de La subjectivité finie, achevant en système l'idéalisme kantien ? Ou bien faut-il s'inquiéter de ce que le moi y soit aussi dit " absolu ", et chercher chez Fichte Les prémices des philosophies schettingienne et hégélienne de l'absolu ... Le but de ce volume est de convaincre que la philosophie de Fichte est plutôt une pensée originale de la construction duale, contradictoire, du moi humain en lequel sont à la fois opposées et réunies finitude et absoluité. Or le médium de cette synthèse vivante du fini et de l'absolu dans le moi humain, c'est la liberté comme libre choix d'elle-même. De sorte que, confondant volonté d'être soi et volonté d'être libre, la philosophie de Fichte est, comme philosophie du moi, philosophie de la liberté. Philosophie de la liberté, elle reste au double sens d'une pensée de l'autodétermination pratique du sujet fini et d'une pensée de l'absolu comme agir pur. C'est pourquoi l'intention de ce volume est de mettre en relief la valeur émancipatrice de la philosophie de Fichte tant sur le plan de l'action que celui de la spéculation.
En 1806, Fichte relève que l'émancipation moderne de l'humanité par le développement de la libre intelligence suscite chez certains philosophes une résistance réactionnaire dont le mot d'ordre est celui d'une pensée inconsciente et impersonnelle. S'en remettre à la puissance de la nature qui pense en lui, voilà la méthode du penseur réactionnaire. La remarque vise bien sûr la Naturphilosophie de Schelling. Mais, au-delà de la polémique, c'est la signification historique des philosophies critiques de la subjectivité qui est interrogée ; de ces philosophies, qui, comme celle de Deleuze, font de l'involontaire et de l'impersonnel la plus grande aventure de la pensée. À partir de sa réception critique, en 1801, de l'Exposition de mon système de la philosophie de Schelling, où s'amorce ce que l'on a appelé le " tournant spéculatif " de l'idéalisme allemand. Fichte consacre toute son ?uvre à défendre, contre cet idéal d'inconscientisation, le principe de la spéculation comme libre réflexion consciente de la pensée sur son propre procès. Le présent ouvrage se propose de saisir les aspects fondamentaux de cette défense, d'abord dans l'exposé spéculatif de la Doctrine de la science de 1804, où Fichte accomplit à son plus haut point la philosophie de la philosophie, ensuite dans la philosophie appliquée des Caractères de l'époque actuelle (1806) et de la Doctrine de l'État (1813), où l'émancipation spéculative prépare et accompagne l'émancipation politique et religieuse.
Hegel est, dans la première moitié du XIXe siècle, l'auteur d'un ample système philosophique élaboré à partir d'une redéfinition de la raison dialectique comme principe de vie. Ce système se présente sous la forme d'une encyclopédie rationnelle des savoirs et des figures historiques de la culture universelle, qui demeure encore aujourd'hui la référence obligée de toute entreprise philosophique, fût-elle antisystématique. Cet ouvrage : replace l'entreprise hégélienne dans le contexte du poskantisme et en indique la signification théologique et religieuse ; précise la nature de la méthode dialectique à partir de la conception hégélienne de la raison et retrace les principaux moments de la genèse du système ; traite des tentatives de rejet ou d'assimilation de la pensée hégélienne à la fin du XIXe siècle en Allemagne (Feuerbach, Marx) et au XXe siècle en France (à partir de la lecture de Kojève).
Dans la rue, dans les cours de récréation, à la maison... Avez-vous vu ces enfants hypnotisés par leurs écrans ? Est-ce un effet de mode passager, une petite faiblesse sans conséquence ? Certainement pas ! Les nouvelles technologies sont en train de modifier le cerveau d'une génération entière d'enfants. Les écrans activent autant les centres du plaisir du cerveau que l'activité sexuelle, et ils font les mêmes dégâts neurologiques que la cocaïne. Les études cliniques corrèlent de plus en plus les écrans avec des troubles comme les TDAH, l'addiction, l'anxiété, la dépression, l'agressivité, voire les psychoses. Le Dr Nicholas Kardaras, addictologue, a accompagné de nombreux jeunes drogués du monde virtuel dans leur désintoxication numérique. Il nous explique les causes de cette épidémie mondiale et l'effet sur les enfants de nos merveilleux joujoux technologiques... Le Dr Nicholas Kardaras est diplômé de l'université des sciences du Bronx et de l'université de Cornell. Aujourd'hui, c'est un expert en addiction de réputation internationale, ancien professeur à l'université de médecine de Stony Brook et directeur exécutif de Dunes East Hampton, une des cliniques de désintoxication les plus réputées au monde. Il a enseigné la neuropsychologie au niveau doctoral.
Il ne suffit pas d'aimer son enfant pour qu'il se développe harmonieusement. Car, ajoute Suzanne Robert-Ouvray, si tout commence dès la naissance avec les soins quotidiens, les échanges affectifs, la sécurité émotionnelle, il faut aussi l'aider à organiser sa tonicité afin que sa motricité et ses comportements soient adaptés à ses besoins. Avant même de parler, c'est avec ses tensions musculaires et organiques que le bébé répond aux stimulations de son environnement. Par ignorance, banalisation ou incompréhension, un défaut de soutien de l'enfant ou des gestes de maltraitance peuvent provoquer de graves perturbations relationnelles. Emaillé d'exemples concrets, cet ouvrage accessible propose une théorie de l'étayage psychomoteur à tous ceux qui ont la tâche délicate d'aider les enfants à grandir et à se développer.
Dans un monde où le bruit, source de nuisances intolérables, nous envahit sans cesse, nombreux sont ceux qui aspirent au silence.Soucieux de l'équilibre personnel, Anselm Grün, bénédictin de l'abbaye de Münsterschwarzach, s'appuie sur la riche expérience des moines, - notamment les Pères du désert - et sur de savoureuses anecdotes - les apophtegmes - pour mieux rejoindre ses contemporains dans leur quête de silence.Il ne cherche pas à faire de ces derniers des moines silencieux, mais bien des êtres de désir, d'intériorité. Son maître-mot est «lâcher prise», c'est à dire renoncer à soi, faire taire ses crispations, ses idées fixes. Anselm Grün propose ainsi une vraie démarche de «recentrement», secret de l'évolution spirituelle.
Face à ce monde sans espérance, où les croyants eux-mêmes ont trop souvent peur de leur ombre, Eloi Leclerc invite à relire le message de l'apôtre Paul, dans la Lettre aux Ephésiens. Complètement retourné par la personne vivante du Christ ressuscité et par la puissance de son Esprit, Paul a fait en lui-même l'expérience exaltante de l'homme nouveau. Et il a vu surgir, au sein du vieux monde païen, un monde nouveau, une nouvelle communauté humaine, l'église du Christ, ouverte à tous, prémices d'une humanité réconciliée et rassemblée. "Le monde ancien s'en est allé, écrit-il, un monde nouveau est déjà né" (2 Co 5, 17). à la double lumière de cette expérience qui le projette vers l'avenir, Paul nous découvre le grand Dessein de Dieu, révéla tion du Père immense. Il nous fait voir comment l'humanité, appelée depuis toujours à partager la vie et la joie divines, retrouve le chemin de son avenir, en renouant dans le Christ ressuscité avec l'élan de l'Amour créateur et divinisant du Père. Il nous ouvre ainsi au sens de notre histoire et de l'univers. Vision d'espérance d'où part cet appel, plus que jamais actuel : "Réveille-toi, toi qui dors, lève-toi d'entre les morts : Christ t'illumine de son aurore" (Ep 5, 14).