Ce lieu que les pierres regardent. Variations, Pas japonais, L'invention de l'espace
Giovannoni Jean-Louis ; Berkman Gisèle
LETTRES VIVES
22,30 €
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EAN :9782914577434
Qu'est-ce que marcher, parler, écrire, bouger, qu'est-ce que ces actes qui nous mettent au monde, " en " monde, comme se plaît parfois à dire Jean-Louis Giovannoni ? Le poème est ici pensée en perpétuel mouvement, et le mouvement est la matière même du dire : " Peut-être ne dit-on que le mouvement ". Une pierre, un homme qui marche, un posé de mots sur la feuille : cette simplicité est inépuisable. L'apparente stabilité du monde, c'est du mouvement encore : " L'immobile d'une chose / est toujours le geste qu'il faudrait / pour une autre " (" Variations Hé / der / in "). Tout est affaire de mesure, de pas japonais ou plus ample, si l'on pense au phrasé large des " Variations Hôlderlin ", de toucher des distances. Les phrases du poème sculptent le mouvement, la métrique indiquant pour sa part un retrait, une durée comme suspendue : " Tu cherches sans cesse en toi / où se trouve la couture, pour vérifier comment se lie / le séparé " (" Pas japonais "). C'est au lecteur de refaire le chemin, d'effectuer en lui-même le geste physique et mental qui phrase le retrait posé du sens.
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Nombre de pages
200
Date de parution
29/05/2009
Poids
400g
Largeur
148mm
Plus d'informations
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EAN
9782914577434
Titre
Ce lieu que les pierres regardent. Variations, Pas japonais, L'invention de l'espace
Auteur
Giovannoni Jean-Louis ; Berkman Gisèle
Editeur
LETTRES VIVES
Largeur
148
Poids
400
Date de parution
20090529
Nombre de pages
200,00 €
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Lit trop vaste visage contre le drap mes frères emmurés la salive mouille les vêtements prennent l'airles lèvres c'est le retour on démâte le grand corps blanc
L'écriture de Jean-Louis Giovannoni accompagne depuis toujours le parcours d'artistes plasticiens. Son oeuvre y trouve une aspiration, un mouvement d'envol à contrepied de la solitude habituelle de l'auteur. Il s'agit ici de tenter une greffe, de peindre avec des mots un langage commun ; dans le geste de l'autre interroger ce qui en soi s'agite et se lève. Issue de retour rassemble des textes écrits entre 1993 et 2013, composés pour des artistes tels que Gilbert Pastor, Yves Berger, Stéphanie Ferrat, Marc Trivier, Vincent Verdeguer... artistes compagnons de parcours de l'auteur dont l'exigence de la démarche et la variété souligne l'extraordinaire attention et sensibilité que porte Jean-Louis Giovannoni pour les mouvements artistiques de son temps. Livre de passerelles donc, et livre de la création, de la venue au monde et de la venue au langage, Issue de retour, qui s'ouvre sur un texte magistral, Chantonner contre la peur, véritable genèse de la naissance à la poésie, embrasse le parcours d'un des poètes les plus précis et important de notre temps.
Parue en 1983, l'édition courante de Les mots sont des vêtements endormis comprenait 299 exemplaires, ce tirage fut épuisé en quelques semaines. Impossible depuis lors de se procurer ce texte, véritable cri tombé au fond de soi, enveloppé dans le silence, il touche à cette peur commune qui circule entre les êtres. A cette violence muette. La difficulté de s'ajuster au monde est le coeur battant du livre. Jamais Jean-Louis Giovannoni n'aura autant écrit depuis l'intérieur. Son texte porte en lui ce vêtement de mélancolie dont on ne peut se défaire, ce vêtement de mots, qui dans la tourmente et l'impossibilité du monde, vous colle à la peau. Lire Les mots sont des vêtement endormis, écrit par celui qui a su voir son visage, qui a su tenir face à son propre visage, lire ce livre c'est comprendre, malgré tout, que l'on ne pourra plus se débarrasser de soi. Comme l'écrivait Pierre Drachline dans le journal Le Monde lors de la parution du livre "On ne sort pas indemne d'une pareille lecture, où chaque sentence résonne comme une paire de claques". Nous republions ici le texte original de 1983, accompagné de 41 fragments inédits qui n'avaient pas été retenus à l'époque - faute de place. Une postface de l'auteur retrace le parcours de cet ouvrage qui occupe une place si particulière dans l'écriture de Jean-Louis Giovannoni, dont il fut un tournant.
Aujourd'hui le réel m'est entré dans la bouche, et le silence avec. Je n'ai pas touché à la parole. Mozart m'a donné la becquée et la pluie a essuyé mes lèvres.
Le sommet de la vie, veux-tu que je te dise ce que c'est ? C'est écrire une lettre d'amour, sentir le feutre appuyer sur le papier, et voir le papier s'ouvrir à une nuit plus grande que la nuit.
Carnet du soleil s inscrit dans la continuité de « La plus que vive » (Gallimard, 1996) dans la mesure où Christian Bobin reprend aujourd hui sa plume pour écrire à celle qui bouleversa sa vie en disparaissant prématurément à l âge de 44 ans: « Mourir ne referme pas le livre à sa dernière page » écrivait-il alors. En effet, il revient aujourd hui vers elle, il lui parle de tout ce temps qui les sépare et pourtant...
Pour me détacher du monde, il me suffit de porter mon attention du côté de ce qui résonne - la vérité, la pluie sur le toit d'une voiture, les mots d'amour ou les pianos de Mozart." Texte unique en son genre, Mozart et la pluie, n'est ni une lettre, ni un essai, ni un récit. Cela tient d'avantage du journal intérieur. C'est une réflexion - parfois une confession - sur les événements les plus marquants de la vie personnelle de l'auteur - naissance, enfance, amour mort, écriture - avec la musique de Mozart pour fil conducteur et de clarté du ciel qui unit miraculeusement vie intime et vision du monde... Du grand Bobin !