Les épreuves de l'exil. Repenser les termes de la politique
Giovannoni Augustin
KIME
21,00 €
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EAN :9782841747757
Pourquoi s'exile-t-on ? Pour échapper à l'injustice, reconquérir une liberté menacée, fuir les violences, les persécutions, la mort, la misère ou s'arracher à la résignation. On part quand rien ne fait plus écran au risque d'anéantissement, que l'espérance devient lettre morte, alors même que la vie n'a pas été accomplie. Les épreuves qui conduisent aujourd'hui à l'exil ont leurs origines dans les déchirures du nouvel ordre mondial : la guerre économique sans merci des états de la planète ; l'incapacité à maîtriser la réalité du marché financier ; le chômage de masse ; l'exclusion des citoyens sans abri de toute participation à la vie démocratique des états ; l'aggravation de la dette qui affame et réduit au désespoir une grande part de l'humanité ; les guerres interethniques qui se multiplient, guidées par le fanatisme et les fantasmes de la communauté absolue ; les effets destructeurs des dictatures ; les pathologies de l'identité collective fondées sur l'idéalisation de la haine ; la violence naturalisée réduite à une simple gestion ; la cruauté ; le nettoyage ethnique, etc. Pour ces raisons, il est temps de faire de l'exil une catégorie politique de portée universelle et signifiante pour la modernité. Prendre en compte cette exigence permet de repenser les termes de la politique afin de sortir de la passion identitaire et de poser la seule question qui vaille : est-ce qu'on peut faire quelque chose et sous quelle forme ou est-ce qu'on ne peut rien ? L'objectif est d'esquisser une éthicosmopolitique qui se présente comme une politique de la condition humaine, un pari sur la capacité de chacun de répondre sans exception à la vulnérabilité d'autrui, un tout-autre-être-au-monde, une forme de vie qui nous lie les uns aux autres. L'enjeu est considérable. Penser politiquement l'exil, c'est chercher à comprendre ce que veut dire être-ensemble, être au monde, être sujet ; c'est ouvrir le monde à la totalité des possibilités qu'il contient.
Nombre de pages
206
Date de parution
09/01/2017
Poids
268g
Largeur
145mm
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EAN
9782841747757
Titre
Les épreuves de l'exil. Repenser les termes de la politique
Auteur
Giovannoni Augustin
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
268
Date de parution
20170109
Nombre de pages
206,00 €
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Quelles raisons peut-on avoir de se tromper soi-même? Comment, en un jeu indéfini de miroirs, soi-même et l'autre parviennent-ils à se duper? Si la duperie est liée aux fondements de la subjectivité humaine et à la nature des relations interpersonnelles, alors crédulité et illusion apparaissent comme des composantes majeures du rapport à soi et aux autres. Poser l'existence d'une opacité partielle du sujet à lui-même, c'est mettre en évidence la duperie comme catégorie d'analyse politique, voire clinique. D'où la problématique centrale de ce livre: comment opère la logique de la dénégation et de toute tromperie à l'oeuvre dans notre expérience du monde: on se dupe entre individus, entre groupes, entre États, mais on se dupe également soi-même. Ce sont ces questions que le présent ouvrage entend soulever.
La réflexion sur l'exil est devenue l'un des thèmes majeurs de la pensée contemporaine tant elle subvertit la Raison historique en redécouvrant et en donnant une nouvelle chance à tout ce qui, dans le passé, a été écrasé, oublié. Peut-on écrire l'expérience de l'exil ? Comment l'exclusion d'un domicile, la migration, l'errance, la persécution ou la disparition peuvent-elles être rendues intelligibles ? Ces questions impliquent dans leur formulation même, que l'exil ne se constitue qu'à travers l'acte même de se raconter, qu' à travers son écriture.
Résumé : Spinoza use du terme de constitution pour délimiter l'existence par soi antérieure à toute expression intelligible particulière, l'ordre de toutes les intelligibilités possibles. Il indique le sens de ce que l'?uvre maîtresse de Spinoza ne cesse de déployer à la manière d'un programme : la substance est causa sui, cause de soi. Ce qui rend radicale la contribution spinoziste au concept de constitution, c'est que la question des rapports entre immanence et finitude, loin d'être une partie marginale de l'Ethique, en occupe systématiquement le centre. Cette implication mutuelle donne sens à sa position et contribue à la définir : elle thématise simultanément le plan de la constitution immanente qui désigne l'auto-constitution de l'infini dans la théorie de la substance ; la dimension de la constitution affective ou l'étude des effets émergents produits par le fonctionnement de processus sans sujet que met en évidence la théorie du conatus ; le registre de la constitution de l'action éthique qui engage l'implication réciproque de l'immanence et de la libération dans la théorie de l'éternité. Ces modèles sont considérés en eux-mêmes, tels qu'ils peuvent alimenter une ontologie, une philosophie de l'esprit et une éthique, le ressort interne de chacun d'eux se présentant comme une variation à l'intérieur d'un seul et même domaine, celui de la constitution. Cette problématique permet d'esquisser comment le spinozisme envisage un concept renouvelé de la raison et des modes de subjectivation qu'implique une éthique de la joie.
Résumé : La duperie est liée de plein droit aux fondements de la subjectivité humaine et à la nature des relations interpersonnelles. On se dupe entre groupes, entre institutions, entre états, entre individus. On peut également se duper soi-même. Dans ce processus complexe, on peut tour à tour duper et être dupé. Une juste fondation de la notion de vérité et, par suite, une formulation adéquate de l'altérité personnelle dépendent donc de la manière dont le problème de la duperie de soi est posé. Mais paradoxalement, cette notion est entièrement à construire. Selon l'école de pensée à laquelle la définition se rattache, le concept de self-deception consiste tantôt en une méconnaissance constitutive du moi à l'égard de lui-même ; tantôt la duperie, perçue en tant que fruit de l'interaction sociale, apparaît comme un produit de la société et devient alors fausse conscience ; tantôt encore la duperie constitue une entité subjective plus ou moins fortement influencée par l'inconscient et manifeste dans le psychisme le maintien d'une coexistence contradictoire ; enfin la notion peut mettre l'accent sur l'irrationalité, la servitude, la mauvaise foi, la rupture d'un rapport, la désagrégation du moi.
Le numéro 16 de la revue Incidence est organisé autour d'un essai de Carlo Ginzburg qui touche au coeur ignoré de la plus brûlante actualité, dans le monde globalisé qui est le nôtre, celle qui voit se déchaîner des conflits entre les cultures, les genres, les religions... : "Nos mots et les leurs. Une réflexion sur le métier d'historien, aujourd'hui" . Que peut apporter la réflexion d'un historien sur la démarche qui permettrait de tenter de comprendre l'autre, celui qui est en face ? Carlo Ginzburg, à partir de son métier, préconise une attitude critique et détachée qui exige de prendre en compte deux niveaux, non seulement celui de la parole de ceux qui se font entendre à travers les traces laissées par l'Histoire, mais aussi celui de l'observateur lui-même impliqué dans sa recherche avec ses propres mots, et les façons de penser qu'il partage avec ses contemporains. L'historien part donc de ses propres questions, inévitablement anachroniques, pour chercher des réponses, mais ces réponses modifient elles-mêmes les questions, de sorte que, dans un jeu dynamique d'allers et retours, s'affine peu à peu la possibilité de parvenir à l'interprétation des sources en reconstruisant les modes de pensée des individus et des sociétés des époques analysées, si différentes des nôtres. Mais il précise bien que cela reste une interprétation, c'est à dire que même parvenu à restituer les réponses apportées par les documents, il doit garder à l'esprit qu'il y a toujours un travail de traduction. Il est donc important de maintenir la tension entre les questions et les réponses, nos mots et les leurs. Ce que l'historien a élaboré pour tenter de penser le passé peut servir de modèle pour aider à franchir les distances qui séparent aujourd'hui les genres, les cultures, les nations etc. au niveau mondial. Carlo Ginzburg dans le déroulement de ce fil réflexif ne cesse de rayonner vers les autres sciences humaines, s'enrichissant de cette ouverture constante aux disciplines elles aussi confrontées aux nécessités de l'enquête et de l'interprétation : la linguistique et l'anthropologie qu'il donne en exemple de cette rigueur méthodologique, mais aussi la philologie et la littérature. La revue Incidence réunit ici des chercheurs de grande compétence, de sciences humaines, et de critique littéraire, pour dialoguer avec lui à partir des problèmes auxquels ils sont confrontés dans leur propre domaine d'étude.