Dans un musée ou lors d'une exposition, qui visite, qui est visité ? Ouvre et spectateur se rencontrent, se font accueil : l'expérience esthétique est d'hospitalité. Ainsi, dans cet ouvrage, Isabelle Gillet vient "visiter" 52 oeuvres présentées soit dans les musées de la Région Hauts-de-France, soit dans des expositions temporaires. Et de cette fréquentation, où l'écrivaine reçoit autant qu'elle est reçue, naissent, comme autant d'instantanés sensibles, 52 déclinaisons du féminin. Ainsi, au fil des rencontres et des pages, la femme, peinte ou sculptée, est-elle tantôt "Altière" , "Vibrante" , "Quotidienne" , ou encore "Mesurée" ou "Joyeuse" . Chacune, à sa façon, vient réveiller l'écrivaine, la bouscule parfois, et, toujours, lui fait écho. L'oeuvre d'art est terrain d'entente, travail de reconnaissance. Aussi, l'écriture en regard, dans un permanent mouvement dehors/dedans, est-elle double : texte poétique issu des profondeurs et présentation des oeuvres alternent, et, l'un et l'autre, l'un avec l'autre, nous invitent à lire autant qu'à regarder. Et nous aussi, nous sommes visités.
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Nombre de pages
125
Date de parution
07/04/2023
Poids
144g
Largeur
118mm
Plus d'informations
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EAN
9782376801047
Titre
Les visiteuses
Auteur
Gillet Isabelle
Editeur
INVENIT
Largeur
118
Poids
144
Date de parution
20230407
Nombre de pages
125,00 €
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Résumé : "J'ai besoin de nos corps" est un récit en poèmes d'Isabelle Gillet. Militances, déliaison, sensibilités aux mers et forêts, fragilités jusqu'à l'exaltation : ce récit d'un corps à corps à tâtons avec une langue chavire dans un amour. Ces écritures sont accompagnées des trois grands dessins au fusain de Mylène Besson, célébrations de la VIE qui échappent aux cadres, quadratures-camisoles, comme ces 'Femmes qui rient', toutes elles déployées. Publié aux éditions Notari, ce livre est le fruit d'un compagnonnage entre deux femmes et un éditeur, tous trois en complicités avec Michel Butor. Pour ce partage entre poésie et dessin, le poète Stéphane Bouquet offre son regard, parce que "l'amour fait langue et au-delà" .
Le Musée du Folkore et des Imaginaires, dit le MuFIm, raconte la vie tournaisienne du XIXe siècle. Quelle meilleure manière de s'en imprégner que d'y passer la nuit ? Une nuit, deux autrices, un ouvrage à quatre mains où récit et poésie se complètent. La prose d'Isabelle Gillet rencontre celle de Colette Nys-Mazure. Fruit de leurs découvertes, le temps d'une nuit, les auteures explorent les lieux. Entre souvenirs et imaginaires nocturnes, le musée se présente sous un jour nouveau. Références poétiques, regards féministes sur les collections, Le Tour des abandons devient le pivot de leur récit explorant de manière documentée le refus de la maternité.
Isabelle Roussel-Gillet a enseigné en lycée avant de devenir maître de conférences à l'Université de Lille 2. Elle publie régulièrement des articles sur Le Clézio, qui fit l'objet de sa thèse.
Comment s'engage-t-on dans une oeuvre à quatre mains ? Comment l'intimité y est-elle mise en jeu ? Ce sont les questions posées par cet essai qui analyse 40 livres d'artistes réalisés par Michel Butor avec Colette Deblé ou Mylène Besson. L'essai étudie l'iconographie de la femme dans ces oeuvres contemporaines qui intègrent la citation d'oeuvres préalables, souvent liées à des mythologies fortes. Une fois le livre ouvert, quelle lecture fait-on des éléments plastiques : que lit-on du poème ou/et du dessin, des mots ou du lavis ? Que lit-on entre ? L'essai invite à cerner les échos, à accueillir, dans cette constellation de résonances, des hôtes intermittents comme Michèle Gazier, Pierre Bourgeade ou Pierre Leloup. Loin de la figure du nouveau roman qu'il fut, Michel Butor s'avère être un poète au sens plastique qui outrepasse les frontières entre les arts.
Au Metropolitan Museum de New York, Gaëlle Josse s'interroge devant l'énigmatique Jeune Fille assoupie de Vermeer et tente de déchiffrer tous les possibles qu'elle suggère. Mais c'est au cours d'une errance urbaine dans cette ville de New York que l'oeuvre va prendre tout son sens, en trouvant un écho troublant et inattendu au coeur de la cité. L'art et la vie. L'art dans la vie. Et toujours cette question qui poursuit l'auteur : qu'est-ce qu'une oeuvre d'art a à nous dire, de nos vies, par-delà les siècles ? Et pourquoi celle-ci, parmi tant d'autres, vient-elle nous obséder ? Ici, l'art du peintre, fait de silence, d'instant arrêté et de geste suspendu, est au centre d'un mystère, celui du rapport unique entre l'oeuvre et celui qui la reçoit. Familière de la peinture hollandaise du XVIIe siècle, explorée déjà dans Les heures silencieuses, l'auteur fait ici se répondre deux univers : l'espace fermé et statique de la peinture, d'une part ; l'espace ouvert et en mouvement de la mégapole, d'autre part.
La mer entre dans le tableau par effraction. Sans fracas mais par effraction. Un morceau de mer. C'est un morceau de mer, mais un morceau de mer est toute la mer." Avec cette ekphrasis, Claude Minière nous invite à nous plonger dans l'oeuvre de Courbet. Dans un subtil parallélisme avec le travail du peintre, l'auteur dépose ses pensées par touches successives ; déroulant sa réflexion d'essayiste dans une langue de poète. Il pose ainsi un regard neuf et intime sur cette peinture, sur ce que la mer signifie pour le peintre. L'auteur voit la vaste étendue d'eau, animale, indomptée, source de "liberté intellectuelle" pour le peintre, comme porteuse à la fois de mystère et d'un réalisme rassurant, pour "sortir de l'enfer". En s'interrogeant sur la précarité du moment (la mer qui s'est retirée pour mieux engloutir), Claude Minière réfléchit sur la temporalité de l'art et ce qu'il en reste lorsque le support matériel est détruit. Une réflexion qui trouve écho dans notre société, à l'heure où l'on peut craindre la dématérialisation du savoir et surtout de l'art.