Au chevet de sa mère mourante, Viviane observe avec tendresse ce corps aimé qui, au fil des jours, s'éteint. Le moment est encore aux caresses esquissées, à quelques mots échangés, à des airs de piano joués dans le couloir. Durant cinq jours, dans cette atmosphère particulière, dense et sereine qu'est une chambre d'hôpital, Viviane repense à la vie de sa mère, Marianne, à celle de Réjeanne, sa grand-mère, puis à des moments anodins ou marquants de sa propre vie. Ces différents récits dans lesquels se lit en filigrane l'histoire, souvent ignorée, du Québec depuis la fin du XIXe siècle, s'entrecroisent et s'enrichissent mutuellement, dessinant une matrilignée discrète et forte. A eux se mêle l'histoire d'Anne qui, au XVIIe siècle, alors qu'elle n'est encore qu'une toute jeune fille, décide de prendre sa vie en mains et de quitter la France pour venir au Québec, fonder tout à la fois sa propre famille et construire un pays. Cette fille de roi, lointaine aïeule, devient ainsi la figure fantasmée de la première d'entre elles, comme l'origine de cette lignée de femmes. Dans ce roman à la sensibilité aiguisée et se gardant de tout pathos, Lise Gauvin dresse un portrait touchant des liens profonds unissant plusieurs générations de femmes, révélant avec pudeur des personnages aux destinées et personnalités complexes et bienveillantes. Ainsi, comme un cadeau, les derniers mots de Marianne mourante adressés à sa fille : Et toi, comment vas-tu ? "Ma mère a toujours été très soucieuse de son apparence. Elle agençait ses vêtements avec un sens esthétique sûr, hérité de ses talents de peintre. Je l'avais amenée en promenade au jardin et avais pris une photo d'elle entourée des feuillages de l'automne. La qualité de la lumière, le décor automnal, les contrastes de couleur avaient transformé cet instantané en un portrait particulièrement réussi. J'étais partie rassurée pour ce court voyage. Nous nous reverrions dans un avenir prochain". L. G.
Date de parution
21/04/2022
Poids
178g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782721009579
Titre
Et toi, comment vas-tu ?
Auteur
Gauvin Lise
Editeur
DES FEMMES
Largeur
130
Poids
178
Date de parution
20220421
Nombre de pages
0,00 €
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L'ouvrage examine les relations entre langue et littérature telles qu'elles ont été perçues par les écrivains français eux-mêmes au cours des siècles. Une attention particulière est accordée aux oeuvres de Rabelais ou de Céline qui par le renouvellement de la langue qu'elles instaurent ont mis au jour de nouveaux pactes de lecture, en rupture avec les usages et la norme. L'auteur s'intéresse également aux littératures francophones, sensibles aux modifications de la langue, aux " faits de langue ". L'ouvrage explore ainsi le parler français, sa généalogie, ses avancées et transformations.
Cet ouvrage au titre ambitieux constitue moins un état des lieux qu'une interrogation sur un genre protéiforme dont l'expansion semble illimitée et qui occupe de plus en plus la scène littéraire. La première question concerne la notion de francophonie elle-même, ensemble hétérogène et extrêmement complexe. En effet, comment désigner les diverses littératures francophones sans les marginaliser ou les exclure, tout en prenant acte de leur statut singulier ? L'écrivain francophone doit composer avec la proximité d'autres langues, avec une première déterritorialisation constituée par le passage de l'oral à l'écrit et avec cette autre créée par des publics immédiats ou éloignés. Condamné à penser la langue, il doit aussi penser les formes par lesquelles le monde se donne à voir ; son oeuvre, en jouant sur les codes des différents horizons culturels, devient une reconfiguration de la littérature. Qu'apporte le roman francophone à la forme roman ? Quels en sont les modèles et de quelles manières s'y inscrit le palimpseste ? Quels types de rapports se sont créés entre ce genre d'origine européenne et les nouvelles littératures de langue française ? Quelles redéfinitions ont été proposées et comment s'y décline le contemporain ? Quel (s) savoir(s) véhicule-t-il ? Dernière question, mais non la moindre : le roman, en tant que genre, n'est-il pas par définition suspect ? Au lecteur d'en décider.
A Istanbul, plusieurs destins s'entrecroisent entre 1980 et 1999. Quatre jeunes grandissent dans un pays secoué par un coup d'Etat militaire, la répression politique et les fractures sociales. Leurs vies se façonnent au rythme des rêves de liberté, des illusions révolutionnaires et des désillusions de l'exil. Autour d'eux, la ville devient un véritable personnage ¬ : ses ruelles, ses habitant·e·s, ses injustices et ses beautés racontent une Turquie en mutation. Couvrant deux décennies marquées par la dictature et les bouleversements politiques, La Maison du Bosphore est une plongée dans l'histoire turque dessinant une fresque humaine, sensible, bouleversante et universelle. A travers ce roman foisonnant, Pinar Selek donne voix aux oublié·e·s, aux résistant·e·s, aux femmes et aux hommes qui tentent de rester debout malgré la violence du monde. "Je me souviens... les enfants, les jeunes, les klaxons, les marchands, la fragrance du vent, les vagues, la mer. Les gens rentraient chez eux. Ils pressaient le pas, la tête légèrement inclinée, comme pour échapper à la pluie". P. S.
Résumé : Amma, mère, grand-mère et veuve de 80 ans, abandonne sans un mot la maisonnée de son fils aîné, où elle habitait selon la tradition. Hébergée par sa fille, une écrivaine très indépendante, elle découvre une nouvelle forme de liberté et d'amour. Amma s'ouvre alors au monde et à elle-même, aidée dans sa métamorphose par une curieuse aide-soignante, Rosy, une transgenre qu'elle semble connaître depuis toujours. Lorsque cette profonde amitié est brutalement interrompue, l'octogénaire aussi fantasque qu'attachante part pour le Pakistan sur les traces d'un mystérieux passé, entraînant sa fille dans cette folle aventure. Ce roman hors du commun, qui offre un portrait foisonnant de la culture indienne et s'inscrit dans la grande histoire de la Partition, fait vaciller les frontières : celles entre normalité et étrangeté, rêve et réalité, passé et présent, corps et esprit, et bien d'autres encore.
Goettner-Abendroth Heide ; Chaplain Camille ; Mont
Dans son premier ouvrage, Les Sociétés matriarcales. Recherches sur les cultures autochtones à travers le monde (des femmes-Antoinette Fougue, 2019), Heide Goettner-Abendroth, philosophe et anthropologue allemande, redéfinissait les critères permettant de qualifier une société de matriarcale. Dans ce second volet, elle s'intéresse à la cause principale de la disparition de ce type de société en Europe et en Asie occidentale, à la fois sur le plan réel et symbolique : la naissance du patriarcat. En tant que chercheuse pionnière, l'autrice critique les préjugés patriarcaux des interprétations archéologiques qui projettent le modèle de nos sociétés actuelles sur les sociétés du passé, niant par là même leur diversité. S'appuyant sur des découvertes archéologiques majeures, Heide Goettner-Abendroth propose une analyse des premières époques culturelles totalement nouvelle et différente de ce qui nous a été raconté jusqu a présent. Elle démontre scientifiquement qu'elles ont été formées en grande partie par les femmes. Au fil de sa plume d'une précision et d'une exigence intellectuelle remarquables, elle analyse sur le temps long comment et pourquoi leurs manières de vivre ont peu à peu été évincées par le patriarcat. La perspective alternative révolutionnaire que la chercheuse nous offre dans cet ouvrage est d'une actualité brûlante tant la crise de nos modèles sociétaux est grande ; elle contribue, ainsi, à ouvrir de nouvelles perspectives pour demain.
Une biographie remarquable sur la vie et la carrière de Marguerite Audoux, prix Femina 1910. Qui se souvient de Marguerite Audoux ? Cette écrivaine a connu un immense succès auprès de ses contemporains, en recevant notamment le prix Femina en 1910 pour son roman Marie-Claire. L'histoire est devenue si culte et populaire qu'un grand magazine reprendra le même titre. Autrice autodidacte, celle qui n'avait presque lu aucun livre rejoint un cercle d'amis écrivains parmi lesquels Octave Mirbeau, André Gide et Alain-Fournier, qui l'encourage à publier ses textes. Immédiatement, le public et les institutions reconnaissent son talent et sa plume singulière, à tel point qu'on soupçonne que ses textes sont écrits par... un homme ! Mais qu'importe, les traductions affluent, les distinctions aussi. Malgré sa notoriété, l'autrice souhaite conserver une vie simple, occupée à regarder le ciel et élever les enfants de sa soeur comme s'ils étaient les siens. Son parcours hors du commun, d'orpheline malvoyante et bergère en Sologne à son ascension fulgurante, est relaté dans cette biographie avec une précision d'orfèvre. Contre l'angoisse et le vertige, il y aura l'écriture dans le cahier. Contre l'enfant mort, il y aura Yvonne, plus tard Paul, Roger et Maurice. Avec cette petite, elle se découvre une vocation : élever des enfants. Elle aime bien ça. Elle les élève comme elle fait des livres : avec des mots simples, sans grands discours. G. D.