AVANT·PROPOS DE LA TROISIEME EDITION Les deux premières éditions de cet ouvrage, imprimé en 1914, et publié en 1915, se sont assez rapidement écoulées, malgré les difficultés de la guerre. En cet espace de quatre ans, peu de travaux ayant paru sur le sujet qui nous occupe, nous n'avons pas grand-chose à ajouter ou à modifier pour cette troisième édition. Cependant, nous avons çà et là, pour les questions les plus difficiles, multiplié en note les citations de S. Thomas, qui apportent plus de lumière. La rédaction de plusieurs pages a été modifiée, surtout pour expliquer plus clairement ce qu'est la cause propre des effets individuels et transitoires et celle des effets universels et permanents, pour mieux déterminer ce qu'est l'acte libre en Dieu et pour préciser la démonstration de la possibilité du miracle. Nous aurions pu alléger l'ouvrage de quelques discussions abstraites, relatives aux objections des agnostiques contemporains ; mais ne s'agit-il pas ici d'épuiser l'objection, et d'établir, d'une façon aussi solide et précise que possible, quelles sont les données immédiates de l'intelligence, fondement de notre certitude rationnelle de l'existence de Dieu. Quelques lecteurs nous avaient prié de traduire les citations latines, qu'il est difficile de bien entendre sans une connaissance assez approfondie de la terminologie scolastique. Nous l'avons fait pour quelques-unes ; pour les autres, il était nécessaire de conserver l'original qui du reste se trouve expliqué au même endroit. Nous avons été particulièrement attentifs à la propriété des termes. Toute science a sa terminologie particulière. On l'admet pour la mathématique, la physique, la biologie ; il en est de même pour la philosophie et la théologie : à des concepts plus distincts que ceux de la connaissance vulgaire répondent des termes spéciaux, si l'on veut éviter l'abus de la périphrase. C'est pourquoi nous avons conservé les termes techniques, surtout dans l'exposé de ce qui sépare, au sujet de l'existence et de la nature de Dieu, le nominalisme, le conceptualisme, le réalisme panthéistique et le réalisme traditionnel, dont nous montrons la vérité. C'est la question fondamentale : Dieu est-il seulement un mot, ou une idée, ou l'être universel de toutes choses ? Est-il vraiment Celui qui est, infiniment supérieur, dans sa simplicité et son immutabilité absolues, au monde des corps et des esprits, qui, lui, est essentiellement composé et changeant ? Sous forme d'appendices, nous avons ajouté l'examen de certaines difficultés spéciales, qui nous ont été soumises depuis la première édition. Il s'agit, selon l'ordre même de l'ouvrage, de difficultés relatives aux questions suivantes : Sur les preuves de l'existence de Dieu : (I. La Synthèse des preuves thomistes de l'existence de Dieu, et la notion de cause propre. - II. Valeur des principes de l'inertie et de la conservation de l' énergie) ; Sur la distinction de Dieu et du monde : (III. La simplicité de la notion analo
Nombre de pages
898
Date de parution
01/04/1950
Poids
1 701g
Plus d'informations
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EAN
9782701005225
Titre
Dieu. Son existence et sa nature, 2 volumes
Auteur
Garrigou-Lagrange J
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
0
Poids
1701
Date de parution
19500401
Nombre de pages
898,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Aujourd'hui, dans un monde où le centre est partout et nulle part, nous sommes tous l'antipode de quelqu'un. " Où est le sud ? De quoi est morte la mer Morte ? La terre peut-elle s'effondrer sous nos pieds ? Peut-on cartographier nos émotions ?... Autant de questions insolites que vous n'avez sûrement jamais pensé à vous poser ! Les auteurs ont pourtant relevé le défi de les prendre au pied de la lettre et d'y répondre de façon à la fois approfondie et accessible. Libre à vous de flâner dans ce cabinet de curiosités soigneusement choisies, au gré de textes surprenants et des illustrations (pas si sérieuses) concoctées par Jean Leveugle. L'occasion de s'instruire, de rire aussi, et de (re)découvrir la géographie.
Ellul Jacques ; Garrigou-Lagrange Madeleine ; Qadr
Jacques Ellul a accordé au début des années 1980 à Madeleine Garrigou-Lagrange des entretiens passionnants et emplis d'intelligence. Il y parle de ses maîtres (Karl Marx, Calvin, Karl Barth et Kierkegaard), de ses amis (Bernard Charbonneau, Jean Bosc) ; il y parle de sa pratique de la dialectique et de sa curiosité insatiable ; il y parle de théologie, de sa foi en Jésus-Christ ; il y parle de politique, de Révolutions ; du communisme, du marxisme, de l'Eglise ; il y parle d'action, de sa maxime devenue célèbre (" penser globalement, agir localement), de ses engagements personnels (sa paroisse, la côte Atlantique) ; il y parle d'amour, d'humour et de foi. Ces entretiens sont immanquables pour tous ceux qui s'intéressent à la grande oeuvre prolifique de Jacques Ellul comme ceux qui voudront apprendre à le connaître davantage.
Qui est cet homme déchu qui accepte de répondre aux questions d'un écrivain ? Un architecte jadis puissant, riche et célèbre. Les mots d'ordre qui ont régi sa vie : jouer, s'amuser, gagner. Ses jouets ? Les tours des Amoreiras, qu'il a conçues et qui surplombent Lisbonne. Mais aussi les femmes, auxquelles il impose des jeux sexuels et qu'il filme dans des positions dégradantes. La partie prend fin quand ces enregistrements lui sont dérobés. L'onde de choc se propage dans l'opinion publique : le Brutaliste est traîné dans la boue et les Lisboètes s'indignent ou se gaussent. Trente ans après l'affaire, son nom provoque toujours le malaise au Portugal. Le Brutaliste est le récit de l'ascension d'un homme, puis de sa chute spectaculaire. Le narrateur entraîne le lecteur à partager avec lui l'attirance et la répulsion qu'il éprouve pour le " monstre ". Avec une lucidité dérangeante, il observe également la jouissance de ceux qui regardent les hommes tomber. Matthieu Garrigou-Lagrange est journaliste et écrivain. Il produit et anime La Compagnie des oeuvres sur France Culture. Il a publié le roman Ensuite, avenue d'Auteuil (Albin Michel, 2005) et a dirigé Destins inoubliables (Albin Michel, 2014), un recueil de textes issus de l'émission Une vie, une oeuvre diffusée sur France Culture, dont il a été le responsable durant sept ans.
Résumé : Dieu est : des preuves rationnelles indubitables établissent son existence. Avant même de recevoir la révélation surnaturelle, avant même donc qu'il soit question de foi, l'homme peut arriver à une connaissance certaine et rigoureuse que Dieu est l'Etre premier, le Bien absolu, la Perfection et la Sainteté mêmes... L'athéisme et l'agnosticisme débouchent nécessairement sur des absurdités, en violente opposition au sens commun. Ici, le père Garrigou-Lagrange nous livre un bel exposé des preuves traditionnelles de l'existence de Dieu, qui peuvent toutes se résoudre en ce principe que le plus ne peut sortir du moins.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.