Sociétés contemporaines N° 123, 2021 : Le tri des usagers
Garcia Sandrine ; Pillon Jean-Marie
SCIENCES PO
19,00 €
Epuisé
EAN :9782724637076
Ce dossier porte sur les processus de "tri des usagers" opérés par les professionnels des services, qui mettent en pratique les modes de management de la nouvelle gestion publique (NGP). Ce tri peut prendre la forme de relégation, de hiérarchisation, de réorientation des usagers vers d'autres dispositifs et, plus rarement, de refus de délivrer une prestation. Céline Gabarro montre que les impératifs de productivité conduisent les agents des caisses d'Assurance maladie à effectuer ces tris pour parvenir à maîtriser leur temps de travail. Sylvain Broccolichi et Sandrine Garcia analysent la manière dont la dégradation continue des conditions de travail conduit les enseignant·es du primaire à ne pas prendre en charge les élèves en difficulté, pour se concentrer sur ceux qu'ils pensent pouvoir aider. Nicolas Belorgey révèle que dans certains services hospitaliers, l'indicateur de performance qu'est la durée moyenne de séjour (DMS) repose sur les ressources des familles. Enfin, Charles Bosvieux-Onyekwelu étudie la sélection réalisée par les multinationales du droit parmi les ONG et les particuliers auxquels elles fournissent des services juridiques gratuits. Dans la rubrique "Varia" , Christophe Traïni part d'une enquête relative à la protection des animaux pour établir que l'engagement prend continûment appui sur des comportements aussi bien intimes que publics. La notion d'intermédiaire du quotidien est forgée par Hélène Combes, pour définir le rôle central des petites mains de la politique à Mexico en créant du lien politique local et national dans et depuis le quartier. La rubrique "En lutte" publie un texte en soutien aux collègues d'Afghanistan.
Nombre de pages
200
Date de parution
06/01/2022
Poids
300g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782724637076
Titre
Sociétés contemporaines N° 123, 2021 : Le tri des usagers
Auteur
Garcia Sandrine ; Pillon Jean-Marie
Editeur
SCIENCES PO
Largeur
155
Poids
300
Date de parution
20220106
Nombre de pages
200,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Et si la réussite des enfants issus des classes moyennes ne reposait pas seulement sur un contexte socioculturel favorable, mais également sur des pratiques d'accompagnement valorisant le "goût de l'effort"? La question reste néanmoins systématiquement éludée par les travaux de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, qui ont durablement associé la réussite des élèves "bien dotés" à une transmission par "osmose" du capital culturel parental. Plus qu'aux entraînements directs et aux pratiques explicitement tournées vers l'acquisition de savoirs, c'est aux activités culturelles distinctives (sportives, artistiques, musicales, etc.) que l'on attribue l'avantage de ces enfants. Or, cette enquête démontre que si ces pratiques extrascolaires sont bien investies afin de construire des dispositions et une "ouverture", les familles mettent aussi en oeuvre des stratégies plus scolaires et interventionnistes qui viennent fortement nuancer l'idée de transmission par "osmose".
A partir d'une enquête auprès des professeur. e. s des écoles qui ont démissionné, l'autrice met en cause les transformations rythmées par la casse des services publics qui entraînent alourdissement et intensification du travail pédagogique, et multiplication de nouvelles missions compliquant toujours plus le métier. Ces transformations, qui s'imposent dans un contexte d'austérité et de contrôle croissants des activités professionnelles, nourrissent le sentiment d'un décalage entre les investissements exigés et les satisfactions que les enseignants peuvent escompter de leur métier. Sandrine Garcia est spécialiste de l'éducation et a publié de nombreux livres.
Comment est-on passé de la toute-puissance parentale à l'encadrement des parents par lesprofessionnels de la santé et de l'éducation? De la dénonciation, avec le MLF (Mouvement de libération de la femme), de la « maternité esclave » à la culpabilisation des mères? De la difficulté à faire reconnaître la maltraitance parentale à la définition du mauvais traitement comme écart par rapport à la norme éducative? Interrogeant pour la première fois ces évolutions paradoxales, Sandrine Gracia identifie plusieurs mécanismes articulés autour de la question de l'autorité scientifique et morale. Revisitant, dans une évocation à la fois vivante et érudite, la grande lutte pour la régulation des naissances, elle met en lumière la manière dont l'éthique médicale s'est laïcisée en matière de procréation, et la ressource qu'a constitué l'expertise psychanalytique pour les médecins promoteurs de la régulation des naissances. Décryptant ensuite la construction psychanalytique de la « cause de l'enfant », qualifiée par Françoise Dolto de « révolutionnaire », l'auteur montre comment la conduite et le destin des femmes fut désormais indexé sur le bonheur de l'enfant, et comment se brouillèrent les frontières entre clinique et morale. Outre la limitation de l'autonomie des femmes, l'une des retombées de ce brouillage des registres et compétences est la dénonciation d'une nouvelle maltraitance (la « violence éducative », qui serait exercée par les parents réfractaires aux bons usages), et l'émergence d'un militantisme individuel et institutionnel (aux niveaux national et européen) pour faire sanctionner les « déviances » parentales, coïncidant de fait avec les pratiques des milieux populaires.
Sandrine Garcia est maître de conférences en sociologie à l'université de Paris-Dauphine et enseignante-chercheuse à l'IRISSO (Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales). Ses recherches portent sur l'expertise et la mobilisation des savoirs scientifiques dans les luttes sociales et/ou les politiques publiques. À La Découverte, elle a publié en 2011 Mères sous influence. De la cause des femmes à la cause des enfants. Ses recherches portent actuellement sur les formes de naturalisation du social.
Ce numéro a pour thème la fabrique du besoin éducatif qui accompagne le développement de politiques éducatives visant l'accessibilisation des systèmes scolaires. Il associe l'institutionnalisation de cette notion à la redéfinition du rôle de l'élève et de l'enseignant liée à des politiques éducatives promouvant l'efficacité du l'institution scolaire. Il porte par ailleurs le regard sur le rôle joué par la généralisation de dispositifs de soutien ciblant les élèves à risque d'échec scolaire. Il s'intéresse enfin aux conventions développées par les acteurs de l'école pour mettre en sens et en scène les principes revendiqués par l'école inclusive tels que la différentiation pédagogique ou les pratiques collaboratives.
Cette synthèse sur la théorie des relations internationales les situe dans leur environnement intellectuel et historique. Elle passe en revue les modèles de référence généraux ainsi que les divers concepts de cette science politique, avant de détailler les débats sectoriels de la discipline. Cette édition intègre notamment les derniers développements sur le marxisme et l'intégration européenne.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.
Le rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par les peuples français et néerlandais, suivi du "non" irlandais de 2008 et du Brexit de 2016, a plongé l'Union européenne dans une crise grave. II a fait resurgir doutes et incertitudes quant à sa nature institutionnelle, à la répartition des pouvoirs, à la place des citoyens et des opinions et à sa capacité à faire face aux enjeux mondiaux actuels. Comprendre cette crise, et ses répercussions profondes sur la politique des Etats membres, exige d'affronter la complexité de l'Union, sans en exagérer la portée. Ce livre a pour ambition de mettre en évidence la cohérence et l'originalité du régime politique européen. Il analyse la nature de la "fédération d'Etats" et montre comment les conflits de compétence sont résolus en son sein. Il revient sur l'équilibre institutionnel original du "modèle communautaire" et sur les mécanismes de décision qu'il génère. Il se penche sur la "vie politique" qui s'ébauche dans l'Union et s'interroge sur la manière dont cette fédération d'Etats peut devenir pleinement démocratique. Dépassant les dichotomies classiques et posant le compromis comme principe constitutif de la vie politique européenne, cet ouvrage constitue une véritable référence qui permet de mieux saisir les enjeux de l'Union européenne.