Dans ce roman de formation aux accents très autobiographiques, l'auteur évoque l'installation d'un jeune médecin à Bordeaux, ville effervescente et bigarrée, dont on pénètre avec lui les quartiers espagnols, populaires, les milieux étudiants, militants, les milieux politiques aussi, notamment dans les Landes autour de Latche, dans les deux années précédant le 10 mai 1981. Du bouillonnement urbain à l'ivresse de liberté que procurent les vastes étendues, on ne sait si c'est la ferveur de la jeunesse ou la magie des lieux qui alimentent cet engagement ? bientôt menacé d'embourgeoisement, hélas. Alternant des réflexions pleines d'humanité sur la pratique de la médecine sociale et des observations non moins humaines du petit monde du travail, ce livre est également un témoignage précieux sur une époque. Porté par une langue orale empreinte de familiarité et de poésie, il est un travail de mémoire individuelle et collective qui rend particulièrement sensible l'état d'esprit qui anime la France de cette époque, pas encore passée à la modernité, mais tout de même un peu naïvement confiante en l'avenir.
Nombre de pages
224
Date de parution
07/05/2026
Poids
330g
Largeur
151mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782868537423
Auteur
Garcia François
Editeur
TEMPS IL FAIT
Largeur
151
Date de parution
20260507
Nombre de pages
224,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Au début des années soixante-dix, François Garcia fait partie de cette poignée de jeunes Français qui, dans le Sud de la France, se lancent dans la grande aventure de la tauromachie. Leurs aînés font alors tout pour les en dissuader: "Pour toréer, il faut avoir du sang espagnol", répètent ces aficionados confirmés, responsables de clubs taurins à Nîmes, Dax, Arles ou Bordeaux... Comme quelques autres, François Garcia, qui commence alors des études de médecine, refuse les conseils raisonnables. Il part sur les routes d'Espagne, à la recherche de vaches à toréer dans les élevages de toros de combat, et connaît, avec quelques autres, la vie misérable des pensions du quartier des toreros à Madrid, les apoderados véreux, les compagnons jaloux, les rêves trop grands. Après Jour de marché, en 2006, magnifique roman sur des destins croisés dans la communauté espagnole de Bordeaux, justement remarqué par la critique et qui fut un succès de librairie, François Garcia livre, avec Bleu ciel et or, cravate noire, le grand roman des débuts de la tauromachie française. Le héros de François Garcia, qui veut à tout prix devenir torero, construit peu à peu son destin, des exigences de la passion au difficile exercice de sa propre liberté.
Octobre 56. Tandis qu'on fête le mariage d'Alfred et Marinette, les deux commis de l'alimentation générale Lorca - épicerie fine, légumes secs, produits d'Espagne, détail et demi-gros - dans la grande salle des Combattants à Bordeaux, Karim, jeune Algérien nouvellement exilé, attend le Kabyle - son unique contact qu'il ne connaît pas. Plus tard, son destin croisera brièvement celui de Maxime, l'étudiant anticolonialiste appelé sur le théâtre des opérations à combattre le FLN et les indépendantistes. Dans une alternance de scènes burlesques et dramatiques, le jeune Federico, l'enfant récitant de la famille Lorca, fait son apprentissage: il est le témoin de cette France qui aspire à la modernité en même temps qu'elle se trouve confrontée à la tragédie de la guerre. Le romancier, qui nous donne à voir un reflet éclaté et très diversifié de cette période troublée, évoque avec finesse le déchirement des consciences autant que la vitalité et l'allégresse qui règnent dans la petite société des commerçants de la Halle. Le style, construit sur une oralité subtilement travaillée, donne à ce roman un ton vivant et un caractère très singulier.
Au début des années soixante-dix, le narrateur avait entrepris des études de médecine abandonnées pour courir les routes d'Espagne à la poursuite d'une carrière de torero. Revenu à des rêves moins chimériques, nous retrouvons le héros au moment où, ses études terminées, commence sa vie de médecin de campagne entrecoupée de séjours à l'internat de l'hôpital de Bordeaux. Nous accompagnons le remplaçant dans les visites improbables à travers le marais vendéen, dans la pluie, la boue, le gris du ciel et auprès de patients hauts en couleur qui semblent venus d'un autre siècle tant la vie rurale dans ces contrées est en ce temps-là impitoyable, rude, peuplée de superstitions. Tandis qu'à la ville certains tentent d'étouffer les derniers espoirs de Mai dans des luttes de pouvoir entre mandarins ou entre élus politiques, d'autres se livrent à des activités dangereuses de desperados.
Au milieu des années soixante, Paco et ses camarades débarquent à Bristol pour un séjour linguistique. Très vite, un malaise s'installe au contact des familles anglaises traditionnalistes. Mais une jeunesse middle class est en train de s'inventer une façon de vivre à travers les Rolling Stones, les Animals, le Bye bye bird des Moody Blues ou les codes vestimentaires décalés. Un désir de liberté sexuelle s'affirme en même temps que se fait jour une prise de conscience politique. L'adolescent va alors faire l'apprentissage d'un monde nouveau. Au rythme d'une écriture emportée par l'impatience du jeune âge, le narrateur voyage dans ses souvenirs et la mémoire d'une époque qu'il fait résonner avec finesse, sur une tonalité complice et railleuse, comme un présent restitué.
De la même manière qu?autrefois il nous avait rapporté les noces d?écume des escargots ou l?étreinte tentaculaire de la seiche, Jean-Pierre Otte s?attache cette fois aux singularités des amours humaines. D?une écriture allègre, il démêle le manège de la sylphide solaire et la stratégie de l?allumeuse, s?émeut d?un fétichiste en arrêt devant le tabernacle d?un porte-jarretelles et d?une culotte de dentelles, salue le retour en grâce de l?obsédé tripoteur et de l?onaniste radieux, et se montre partisan de l?adultère domestique, tout en nous invitant au passage à partager des galanteries étranges et des dégustations intimes. Et il y a aussi des yeux dans l?ombre et quelques claquements de fouet sur une croupe bellement rebondie... Un jeu dangereux, compensé par des traits d?humour, la liberté sans morale d?un regard amusé, et un réel bonheur dans l?expression.