Censuré à sa sortie en 1977 par la dictature militaire argentine, Gagner sa mort raconte la vie de Cledy, une jeune orpheline humiliée, exploitée, abusée par tous les gens qui l'entourent, et surtout par celles et ceux qui sont censés l'aimer et la protéger. Mais cette violence ne dit jamais son nom, et apparait banale, légitime, nécessaire. Car les bourreaux n'ont pas seulement le privilège de la force : ils ont aussi celui d'imposer leur histoire, et de disqualifier toute résistance. En poussant la cruauté jusqu'à l'absurde, Gambaro invente un grand carnaval de la torture domestique, face à laquelle il ne nous reste d'autre défense que le rire. Politique, poétique, féministe, scandaleux, grotesque... Gagner sa mort est aussi un roman essentiel pour comprendre les mécanismes de la violence et la rhétorique de la domination.
Nombre de pages
185
Date de parution
25/04/2025
Poids
300g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782494990043
Titre
Gagner sa mort
Auteur
Gambaro Griselda ; Bataillon Laure
Editeur
MONTS METALLIFE
Largeur
140
Poids
300
Date de parution
20250425
Nombre de pages
185,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Si maladroit dans ses manières que les siens l'ont exclu de la table familiale, Tristan est un petit garçon esseulé dont le rêve est d'apprendre à chanter. Devenu orphelin, des voisins le recueillent. Chez eux, il trouvera une étrange compagne de jeux, Marie, qui lui fait visiter, en prenant soin de n'y pas mettre les pieds elle-même, cette maison qui, dans leur banlieue, est la seule à rester éclairée toute la nuit. Et c'est un bordel où l'enfant a des visions de cauchemar. Puis, un jour, arrive l'Ecuyère, qui est la tante de Marie, et qui vivote, tant bien que mal, de son métier. Elle se prend d'affection pour Tristan et finit par l'emmener avec elle dans ses tournées en province. Les années passent, la misère augmente, les cirques ne veulent plus de l'Ecuyère... Tristan revient sur les lieux de son enfance à la recherche de Marie, il la trouve dans la maison éclairée, et il revit, cette fois avec elle, l'épouvante ressentie jadis. Avant de retourner auprès de l'Ecuyère et, pour que celle-ci prenne sa revanche, devenir acrobate à son tour, réintégrer ensemble le monde du cirque. Et, enfin, être capable de chanter. Mélancolique et drôle, magique mais sans jamais s'égarer dans les méandres du surréalisme, ce roman est à la fois un hommage à la poésie élémentaire du cirque, si universellement partagée, et l'allégorie, toute en nuances, de la situation politique dans un pays victime de gouvernements sanglants et où toute révolte est vite étouffée.
Griselda Gambaro, elle, ne supporte pas : que le fort coince le faible, l'homme la femme, la femme l'enfant, l'adulte l'adolescent, le riche le pauvre, les préjugés les élans, les tabous, l'invention. C'est pour cela qu'elle écrit cette fois l'histoire de Cledy l'orpheline qui, à travers bonheurs et malheurs, se laissera réduire à sa plus faible expression et n'arrivera pas à gagner sa mort. Il eut fallu pour cela qu'elle "tue la patience". Comme les cris de révolte et de terreur sont monnaie courante, et qu'on risque de ne pas entendre ceux de Cledy étouffés sous plusieurs épaisseurs (et quelques épaisseurs de plus encore puisqu'elle vit en Argentine, précairement, au jour le jour) alors G. Gambaro pousse des cris... de phoque, fait dérailler le disque, distend la réalité et la boursoufle - bref, s'exprime dans un registre où la simple description des faits ne suffit plus pour inscrire les révoltes des femmes qui surgissent partout.
Quels meilleurs narrateurs de leur terre que les écrivains? C'est souvent à travers leurs livres que nous découvrons un pays, une culture. Ici, ce n'est plus par leur écriture mais par leurs réflexions confiées à Fabio Gambaro que sept auteurs de renom nous conduisent à la découverte de leur pays et nous permettent de « lire l'Italie ». Un voyage à voix haute, loin des clichés habituels.
Artistes ratés, écrivains obsessionnels, ouvriers paranoïaques, savants ésotériques, employés au bord du gouffre... L'humanité malade de Teatro Grottesco se train dans un décor de villes grises, de ghettos désaffectés et de fêtes foraines anarchiques qui n'en finit pas de tomber en ruines. Là, chacun se voit accablé par un phénomène de hantise" une apparition inquiétante dont nul ne saurait dire si elle est le fruit de la folie collective, de la fièvre, d'une intoxication médicamenteuse, ou de puissances obscures cherchant à déchirer le mince voile de rationalité qui les séparent encore de nous. Quoi qu'il en soit, sous la surface rassurante des habitudes, quelque chose menace. A travers ces treize contes d'angoisse, qui semblent annoncer la déliquescence inévitable de notre monde, Ligotti signe l'un des livres les plus importants de la littérature fantastique contemporaine.
Automne 1972. Howard Kirk est un activiste bien connu, professeur de sociologie à l'université, pédagogue révolutionnaire : un homme libre et moderne. Il publie des livres à succès sur la fin des valeurs traditionnelles, couche avec ses collègues et ses étudiantes, organise des fêtes désorganisées, persécute les réactionnaires, et ne fait pas confiance aux gens de plus de trente ans. Mais cette rentrée s'annonce trop calme et consensuelle à son gout : l'université a besoin d'action. Et son indignation a besoin d'une cause. Il fait donc courir la rumeur que l'université veut inviter le professeur Mangel, un grand généticien honni des radicaux, à donner une conférence. La rumeur enfle, les débats s'enveniment, et Mangel se voit effectivement invité. Howard Kirk va pouvoir briller, faire interdire cette conférence, et devenir, enfin, le plus radical des radicaux.
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Hennings Emmy ; Hesse Hermann ; Zilberfarb Sacha ;
S'il est interdit de monnayer des heures d'amour, il devrait être interdit d'acheter des heures d'amour. Mais l'expérience nous montre que l'être humain ne peut pas vivre sans heures d'amour. Il faudrait donc organiser l'amour autrement. "Amour organisé" c'est affreux à entendre. Et pourtant, on y revient toujours. Le tribunal est une affaire d'hommes et châtier le sexe faible exige moins d'efforts que demander des comptes à des hommes trop jaloux de tenir secrets leurs penchants les plus forts. Je voudrais que les hommes abusés puissent voir le sourire de mépris qui se peint sur le visage de leurs séductrices quand, devisant tout bas dans les couloirs du pénitencier, elles éventent les secrets de leurs accusateurs. Dans la cour de la maison d'arrêt, j'ai vu le sourire souverain sur les visages des femmes et des filles qui font le trottoir ; filles victorieuses qui ont l'élégance de se déclarer vaincues. Cette courtoisie doit être bien dangereuse, pour qu'on les enferme entre des murs épais."