Études de linguistique appliquée - N°4/2014. Dictionnaires et mots d'ailleurs. Dire, décrire la lang
Galisson Robert
KLINCKSIECK
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EAN :9782252039373
Frédéric TREFFEL, PARLERS AFRICAINS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI : DE LA NEGRITUDE A LA NEO-GRITUDE Résumé : Longtemps l'Afrique fut la grande absente du discours de l'autre, en marge de la raison, du discours, et de la langue. Cette perspective s'est cependant peu à peu modifiée au cours des dernières décennies et l'africain est devenu à son tour producteur de discours, avec l'apparition d'oeuvres telles, par exemple, celles de Césaire et Senghor, qui dans les années 30, ont développé pour la première fois leur conception de la "négritude" . La Grande Encyclopédie Larousse définit la négritude comme un néologisme formé sur le mot latin nigritudo (Pline), et signifiant "le fait d'être noir, la noirceur" Le terme de négritude s'analyse aussi en un radical (nègr-) et un suffixe (-itude), intégrés en nègr-itude. Le mot nègre, en latin niger, "noir" , est neutre, comme l'espagnol et l'italien negro. En français, il est devenu au XVIe siècle relativement insultant. Le mot négritude a été employé pour valoriser et réhabiliter l'homme noir. et il a pour vocation de renverser une insulte raciste en un terme chargé de sens et valorisant. Les dérivés en -itude fonctionnent souvent en parallèle avec des dérivés en -ité : négritude, "manière de vivre en Noir" , négrité, "ensemble des valeurs du monde noir" . C'est le premier qui fut choisi et est à l'origine des nouvelles manières de penser des Africains que nous avons souhaité regrouper sous la forme d'un néologisme : la néo-gritude. Nicole CHOLEWKA, DU BABOUIN AU VALET-A-PATIN. LES MOTS DES MAUX Résumé : L'étude de médecine présente vise à recenser un certain nombre de termes de médecine nés dans le premier Petit Larousse illustré, en 1905 (millésime 1906) et à faire une série d'observations, au sens photographique du terme, relatives à l'évolution et/ou la disparition de ces mots, entre cette date et aujourd'hui (1905-2013). Liset DÍAZ MARTÍNEZ, ESPAGNOL D'AMERIQUE LATINE : DE LA VARIATION DIATOPIQUE Résumé : Les variétés de l'espagnol d'Amérique sont observées depuis les origines de la lexicographie monolingue de l'espagnol. Traditionnellement, l'espagnol d'Espagne a été considéré comme le "noyau" de la langue, c'est-à-dire comme l'espagnol commun, et les variétés américaines comme des "déviations" . Ce critère normatif prescriptif a influencé les études de ces variétés, ce qui se reflète dans les ouvrages lexicographiques traitant l'espagnol d'Amérique. En effet, ces ouvrages sont généralement fondés sur la description des particularités. Quelques percées actuelles évoquent de nouvelles possibilités d'analyse de cet espagnol américain. Danguole MELNIKIENE, L'EMPRUNT DANS LE DICTIONNAIRE : INVITE DE MARQUE OU ENNEMI JURE ? Résumé : D'une part, tout emprunt linguistique pourrait être considéré dans le système de langue d'accueil comme une "perturbation lexicale" ou "un corps étranger" , susceptible d'avoir des retombées négatives sur une collectivité. D'autre part, il est évident que des mots d'une langue contribuent à dynamiser un autre système linguistique en s'ajoutant aux ressources de celui-ci. Le but de cet article est de décrire à grands traits le véritable rôle des emprunts dans le système linguistique du lituanien contemporain et de relever les particularités de leur description lexicographique dans les dictionnaires monolingues et bilingues d'encodage, parus après l'an 2000. Sabine ALBERT, VRAIS ET FAUX MOTS D'AILLEURS : QUAND L'EMPRUNT BROUILLE LES PISTES Résumé : Si l'emprunt constitue un phénomène de néologie bien connu du point de vue lexicologique, son traitement lexicographique peut révéler un certain nombre de variations. Le présent article propose une étude du traitement des différents aspects de l'emprunt dans deux grands dictionnaires de langue, le Trésor de la Langue Française et l'Oxford English Dictionary, dans le cadre des relations entre le français et l'anglais. Après avoir révélé les modifications auxquels les termes empruntés peuvent être soumis, on portera une attention particulière à ce qu'il est convenu d'appeler de faux amis, mais aussi à ceux que l'on pourrait nommer de bons amis. Valerio EMANUELE, LES CRITERES DE SELECTION DES ENTREES LEXICALES DANS LES TEXTES DE PRESENTATION DES DICTIONNAIRES BILINGUES FRANCO-ITALIENS (1598-1900) : UNE APPROCHE METADICTIONNAIRIQUE ET METALEXICOGRAPHIQUE Résumé : Dans le présent article, on s'intéresse aux critères de sélection des entrées lexicales au sein des textes de présentation des dictionnaires bilingues franco-italiens. On propose un parcours diachronique d'analyse des discours de présentation des principaux dictionnaires franco-italiens publiés entre 1598 et 1900. En recensant et en commentant les passages des textes introductifs consacrés à la constitution de la nomenclature, on mettra en lumière les choix auxquels les lexicographes sont contraints de procéder dans le processus d'assemblement des entrées lexicales. Les déclarations des lexicographes seront enfin analysées sous un angle métadictionnairique ainsi que métalexicographique. Fabio PELIZZONI, UN EXEMPLE DE "GRAMMACULTURE" : COMMENT LES FRANCAIS ET LES ITALIENS PERCOIVENT-ILS LE SUBJONCTIF ? Résumé : le but de cet article est d'aborder le rapport entre tournures grammaticales et culture, d'où le choix du mot "grammaculture" . En particulier, nous focaliserons notre attention sur la perception du mode subjonctif par les locuteurs français et italiens, avec une attention particulière au temps imparfait. Nous montrerons comment l'usage ou le non-usage d'un mode/temps verbal peut produire des imaginaires culturels différents. Après avoir consulté les entrées consacrées aux lexies subjonctif et congiuntivo, nous nous servirons de l'Internet (articles de presse, blogs, forums) pour étudier la relation qu'entretiennent les Français et les Italiens à l'égard du subjonctif : en effet, ces précieuses informations "grammaculturelles" ne se retrouvent pas dans les dictionnaires.
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128
Date de parution
05/09/2015
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200g
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EAN
9782252039373
Titre
Études de linguistique appliquée - N°4/2014. Dictionnaires et mots d'ailleurs. Dire, décrire la lang
Auteur
Galisson Robert
Editeur
KLINCKSIECK
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20150905
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LA MEDIATION LINGUISTIQUE AU FONDEMENT DU SENS PARTAGE : VERS UN PARADIGME DE L'ENACTION EN DIDACTIQUE DES LANGUES Résumé : Dans cet article je propose de définir la notion de médiation linguistique dans le para-digme de l'enaction (Varela, 1989). A partir d'une réflexion sur le sens donné à la notion de mé-diation dans le contexte politique linguistique européen, j'évoquerai son absence dans la didac-tique institutionnelle en France, situation qui suscite un questionnement sur le rapport entre la connaissance de la langue et les compétences de communication en contexte ; puis j'envisagerai la notion de médiation linguistique comme l'acte fondateur du sens partagé et de la connaissance incarnée. Il s'agira de montrer que, bien plus qu'une activité langagière d'un type nouveau, la mé-diation est une fonction constitutive de la connaissance et du langage qui se co-construit dans, par et pour l'interaction. J'illustrerai mes propos par une brève présentation de mise en oeuvre de mé-diation enactée dans un projet expérimental en classe de sixième bilangue en milieu plurilingue. MEDIATION ET APPRENTISSAGE DES LANGUES : POURQUOI EST-IL TEMPS DE REFLECHIR A CETTE NOTION ? Résumé : Alors que le CECR affirme que la compétence à communiquer langagièrement se dé-cline dans des activités communicatives pouvant relever au même titre de la réception, de la pro-duction, de l'interaction et de la médiation, cette dernière n'a pas vraiment été développée par les auteurs du CECR, et, par conséquent, n'a pas non plus été illustrée par des descripteurs ciblés. Pourtant, la vision du CECR attribue de facto à la médiation un rôle clé dans la nouvelle perspec-tive actionnelle, dans la mesure où il souligne à la fois le rôle de la co-construction du sens lors des activités d'interaction et le mouvement constant entre dimension individuelle et dimension sociale dans l'apprentissage des langues ainsi que leur complémentarité. Cette vision dynamique de l'apprentissage s'avère être très proche de la vision vygotskienne de la médiation. En effet, pour Lev Vygotski la médiation relie la dimension individuelle et la dimension sociale, et l'acte, qui permet de donner du sens et de structurer un apprentissage à travers la langue, s'accomplit à travers la médiation des processus mentaux mis en oeuvre lors de l'accomplissement d'une tâche complexe. Notre contribution analysera ces deux notions de médiation pour s'interroger sur les affinités et les liens possibles ainsi que sur leur potentiel en termes de reconceptualisation du cadre théorique actuel en didactique des langues étrangères et secondes. TRADUCTION ET MEDIATION DANS L'ENSEIGNEMENT-APPRENTISSAGE LINGUISTIQUE Résumé : Dans le cadre de l'enseignement des langues, en dehors des formations destinées aux professionnels, la traduction a joué pendant longtemps le rôle de Cendrillon, car trop liée aux ap-proches dites formelles. Depuis que les concepteurs du CECR, ont mis en évidence "la place considérable tenue par les activités de médiation dans le fonctionnement langagier ordinaire de nos sociétés" (CECR 2000 : 18), la traduction, considérée comme une forme de médiation parmi d'autres, a pu être réintégrée dans une pédagogie linguistique à visées communicative et inter-culturelle. Dans cette contribution nous esquisserons d'abord l'évolution de l'enseignement de la traduction en Italie ; ensuite nous préciserons les raisons pour lesquelles la traduction, comme activité com-municative authentique de médiation ne peut être exclue d'un enseignement linguistique ; enfin, nous avancerons quelques propositions d'activités didactiques visant le développement de com-pétences linguistiques et interculturelles par le passage d'une langue-culture à l'autre. LA MEDIATION LINGUISTIQUE A L'UNIVERSITE : PROPOSITIONS POUR UN CHANGEMENT D'APPROCHE Résumé : Notre contribution part du constat que l'enseignement de la traduction dans les filières universitaires consacrées aux langues, littératures et civilisations étrangères (LLCE) se trouve dans l'impasse et nécessite un réexamen critique, dans la mesure où la finalité des exercices tra-ditionnels du thème et de la version paraît mal définie et partiellement inadaptée au public actuel de ces formations. Sans mettre en cause la raison d'être des exercices de traduction, nous pen-sons que les propositions du CECR en matière de médiation linguistique sont d'une grande utilité pour repenser la conception des cours de traduction à l'Université. Prenant appui sur les descrip-teurs développés pour l'enseignement de la langue allemande (Profile deutsch), nous illustrerons les possibilités d'application du CECR dans le cadre universitaire. Au final, nos propositions vont dans le sens d'une généralisation des entraînements à la médiation linguistique sous forme de leur intégration dans d'autres types de cours des filières LLCE. LA MISE EN OUVRE DE LA MEDIATION LINGUISTIQUE DANS L'ENSEIGNEMENT DES LANGUES VIVANTES EN ALLEMAGNE : INSTRUCTIONS OFFICIELLES, MANUELS, PRATIQUES DE CLASSE Résumé : La médiation linguistique, quoique préconisée par le CECR et les programmes sco-laires, et réalisée sous forme de tâches d'apprentissage concrètes dans les manuels, ne fait son apparition dans la pratique didactique des langues vivantes que de manière timide. Pour illustrer cette réalité contradictoire, je me proposerai d'analyser la base théorique et didactique de la mé-diation linguistique, pour étudier ensuite le matériel pédagogique proposé pour l'enseignement du français dans le système éducatif allemand. Je reproduirai enfin les principaux résultats d'un projet de recherche empirique qui tente de reconstruire les pratiques médiatrices telles qu'elles se réalisent dans l'enseignement du français dans deux lycées de Basse Saxe (Allemagne). Les analyses tendent à démontrer que les pratiques de classe n'accomplissent qu'une partie très res-treinte du potentiel langagier et interculturel des tâches de médiation linguistique. POUR UN DEVELOPPEMENT PRECOCE DE LA COMPETENCE DE MEDIATION LINGUISTIQUE : L'EXEMPLE DE L'ENSEIGNEMENT DU FRANCAIS DANS LES COLLEGES ALLEMANDS Résumé : L'enseignement du français comme LVE dans les lycées et les collèges allemands ne peut plus se passer de la médiation linguistique. Dans la mesure où cette activité, introduite par le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECR), a été reprise par le cadrage national des programmes pour le collège et le lycée, les documents officiels encouragent le rem-placement de la version traditionnelle par des activités de médiation linguistique. Par conséquent, celle-ci se trouve aujourd'hui au centre des discussions des didacticiens et des enseignants, qui soulignent la valeur pratique de la médiation pour la communication authentique au-delà du cadre de l'école, aidant à renforcer la motivation des élèves. Notre contribution décrit d'abord la place de la médiation dans les programmes officiels scolaires allemands ainsi que les compétences visées par les manuels de niveau lycée (Horizons, éd. Klett ; Parcours plus, éd. Cornelsen). Cependant, l'essentiel de nos réflexions se réfère à l'enseignement du français au niveau collège, en s'interrogeant sur l'opportunité de construire le plus tôt possible une compétence de médiation. ACTIVITES LANGAGIERES DE MEDIATION DANS LE SYSTEME DE CERTIFICATION GREC KPG Résumé : L'introduction du concept de médiation dans le sens spécifique ¬d'activité langagière de médiation dans le CECR publié par le Conseil de l'Europe constitue une innovation de premier plan et une source de réflexion majeure dans le domaine de l'enseignement/apprentissage. Le système grec de certification en langues KPG innove en ce sens qu'il intègre dans ses épreuves des activités langagières de médiation écrite et orale. Ce corpus inédit présente une application pratique du concept et instaure une relation dialectique entre la théorie et la pratique. A partir d'exemples d'activités langagières de médiation du KPG, il est possible de déterminer les compo-santes d'une situation de médiation et de proposer une modélisation de la situation, du rôle des acteurs en présence et des relations qu'ils entretiennent entre eux, afin de mettre en évidence et d'explorer les différentes facettes de ce concept pluriel et complexe. L'APPRENANT-MEDIATEUR : ENJEUX ET PERSPECTIVES DES TRADUCTIONS SPONTANEES EN CLASSE DE FRANCAIS LANGUE ETRANGERE Résumé : L'apprenant de Français Langue Etrangère, lors de l'incompréhension d'un énoncé par l'un de ses pairs, se révèle parfois être un médiateur de choix : traduisant le discours incompris dans une langue intermédiaire (ici l'anglais), il semble faciliter l'apprentissage du français à son pair de niveau plus faible. Or l'observation de classes montre que l'occurrence de ce phénomène n'est en aucun cas linéaire et se trouve fortement conditionnée par un réseau complexe de fac-teurs connexes. Cet article se propose de décrire les phénomènes d'ordre sociologique suscep-tibles d'inhiber le processus de médiation par traduction entre apprenants. En nous appuyant sur des exemples tirés d'une recherche de terrain, nous nous interrogerons sur les représentations des langues française et anglaise et finalement sur l'influence de l'enseignant sur le groupe-classe.
Marie J. BERCHOUD : De la distance - Prendre en compte des publics lointains et décentrer la réflexion méthodologique : sociodidactique ou sémiodidactique ? Résumé : Après avoir défini la distance en particulier dans les systèmes d'enseignement/apprentissage, on s'attache dans cet article à mettre en évidence les besoins des étudiants (mondiaux, désormais) apprenant à distance et les modes possibles d'analyse puis de prise en compte de ces besoins par les enseignants chargés d'enseignement à distance, et d'encadrement de recherche. Dans un second temps, est posée la question plus théorique de savoir comment approcher la variété des publics, leurs besoins en termes d'enseignement et apprentissage et leurs caractéristiques : une sociodidactique, dans la droite ligne de la sociolinguistique ? ou plutôt, une sémiodidactique qui se formerait sur l'ensemble signifiant qu'est la culture de chacun avec ses déterminations et représentations ? Car tout étudiant est bien plus que le représentant d'une société - un individu au parcours souvent varié, appelé à déployer sa créativité et son intelligence sur la base de savoirs bien appropriés. Christine SAGNIER : Vers une didactique de la cognition située ? repenser les travaux sur l'apprenant Résumé : Après deux décennies de recherches sur l'apprenant, l'objectif de cet article sera de proposer un survol de ces travaux et de s'interroger sur l'impact de leurs contributions à la didactique des langues, ainsi que sur les orientations actuelles. Nous plaiderons ici pour que se développent des espaces de dialogues qui situent l'apprenant dans son contexte, en tenant compte à la fois des apports des recherches sur le traitement de l'information par le sujet apprenant et des dynamiques et processus sociaux et historiques qui structurent et influencent les apprentissages. Nathalie CHARVY : De l' "offre langagière" des enseignants - quelles interactions langagières avec des enfants d'origine linguistico-culturelle étrangère ? (Cas de Qurtan et Ivan, élèves de maternelle) Résumé : Qurtan, Ivan, Gareth sont respectivement turc, marocain et gallois, et scolarisés nouvellement en maternelle en France. Est-ce que le déterminant qu'est l'offre langagière de l'enseignant, dont j'ai repéré certaines caractéristiques nécessaires pour l'évolution langagière des élèves, vaut pour ces élèves d'origine linguistico-culturelle autre ? Et quelle influence peut avoir le recours au récit, avec sa part d'universalité, sur leur envie de continuer à apprendre à parler ? J'ai analysé à la fois de manière longitudinale et contrastive les interactions langagières entre un enseignant et un élève d'origine linguistico-culturelle turque (Qurtan) sur une année scolaire de moyenne section de maternelle. J'ai comparé mes premiers résultats avec ceux d'une analyse identique entre un second enseignant et Ivan (d'origine linguistico-culturelle marocaine). J'ai complété ces résultats par ceux d'une recherche-action, mettant en jeu d'autres élèves appartenant à d'autres cultures. Au-delà de leur appartenance culturelle et langagière, c'est bel et bien l'enseignant dans ce qu'il leur offre à entendre (en termes d'actes de langage) qui va déterminer l'entrée de ces élèves dans le français comme langue nouvelle. Enfin, le recours au récit - en tant qu'objet culturel partagé- semble également décisif pour l'évolution langagière de ces élèves en français. Narajan Alex LAURENCE : Les enfants nouvellement arrivés en France : éloignés du proche (l'école en France) Résumé : Cet article a pour but de montrer comment des enfants non locuteurs natifs en français, venus de pays éloignés s'intègrent à l'école en France, cela à travers le recueil et l'analyse d'interactions en classe et hors la classe mais dans le périmètre scolaire : en situation de classe, on peut repérer les aides de l'enseignante et divers phénomènes linguistiques variationnels ; hors la classe, émergent des phénomènes communicatifs et linguistiques, à travers lesquels les enfants apprennent à communiquer en français, dans le riche prolongement de ce qui est développé en classe. Nathalie Isabelle COTTON : Comment contextualiser les manuels FLE pour un public éloigné de la France et du français : le cas de Taïwan Résumé : Cet article porte sur la contextualisation nécessaire des manuels de FLE par les enseignants, à partir d'une étude de cas sociolinguistique menée à Taïwan dans le cadre de nos recherches doctorales, à travers les analyses de trois manuels. Il s'agit d'exposer l'opinion des apprenants taïwanais sur ces manuels puis d'étudier l'adéquation entre les images choisies dans les manuels pour illustrer telle ou telle notion, telle ou telle situation, et les représentations qu'en ont les étudiants taïwanais. Cela montrera que les enseignants doivent rester vigilants quant au matériel iconographique proposé par les manuels et aux représentations des étudiants. Les propositions didactiques émises pourront servir à tout enseignant de FLE, utilisant des manuels universels, et désirant mener en classe un travail sur les représentations ou étant au contact de publics asiatiques en milieu endolingue comme exolingue. Hélène GIRARD : L'option de langue française pour étudiants ingénieurs anglophones ou la triple distance. Stratégies bilatérales dans l'enseignement-apprentissage des contenus linguistiques Résumé : Dans le contexte du diplôme d'ingénieur en Malaisie, pays plurilingue et pluriculturel où l'anglais omniprésent est la langue d'instruction du secondaire et du supérieur, des étudiants bilingues ou multilingues langue(s) maternelle(s) et anglais sont confrontés à leur premier apprentissage d'une langue étrangère à l'âge adulte. Pour les étudiants ingénieurs choisissant l'initiation au français en option obligatoire et leur enseignante, une triple distance doit être franchie : celle de la première expérience, celle imaginée ou réelle qui sépare les technologies des humanités et celle, observée, qui sépare l'approche scolaire des langues dans les mondes francophones et anglo-saxons. Au cours de deux semestres, l'enseignante a mené une auto-observation continue, collecté le matériel d'enseignement et d'apprentissage et complété l'enquête par des questionnaires et interviews des étudiants afin de documenter l'opération des stratégies de rapprochement dans le contexte de ces distances potentielles. Il s'en dessine à la fois le parcours de l'élaboration de stratégies offertes à l'analyse et le profil des distances ressenties ou imaginées par l'enseignante et les étudiants. Françoise ABDEL FATTAH : Choisir d'étudier à l'université Paris Sorbonne Abou Dhabi sans être francophone : difficultés et motivations des étudiants qui relèvent le défi Résumé : L'auteur expose la spécificité et la complexité de la mission des enseignants de français à l'université Paris Sorbonne Abou Dhabi, mission qui se situe à la croisée du FLE et du FOU. Elle s'attache à montrer les liens entre situation éducative actuelle aux Emirats Arabes Unis et difficultés rencontrées par les apprenants suivant un cursus d'apprentissage intensif du français au sein de ce département, apprentissage qui constitue l'étape préliminaire à leur inscription dans un cursus de licence en français dans cette université. S'appuyant sur des témoignages écrits et oraux de ce public lointain, elle met au jour quelques représentations à l'origine de leurs motivations à préparer une licence en français dans un environnement majoritairement anglo-saxon. Agnès PERNET-LIU : Distances et proximités dans l'écriture de recherche en formation. L'enseignant de culture francophone et l'écriture citante des étudiants chinois Résumé : L'analyse porte sur le discours citant dans les textes que des étudiants chinois de français produisent à l'université en Chine. La pratique de l'emprunt dans un discours d'étudiant en langue étrangère et son évaluation par un enseignant étranger francophone suscitent une expérience de proximité et de distance, en référence à la culture cible et à la culture chinoise avec leurs usages respectifs de l'intertextualité. Cette expérience contribue à faire évoluer l'écriture au sein de la communauté académique transculturelle. Jonathan DURANDIN : Une "bonne distance" enseignant-apprenant en langues étrangères : entre "paramètres de distanciation" et enjeux relationnels Résumé : Cet article s'intéresse à la distance enseignant-apprenant en ce qu'elle favorise l'apprentissage et l'autonomisation de l'apprenant. Il s'agit tout d'abord de tenter d'identifier les paramètres qui participent de la mise en place de cette "bonne distance" . Ces "paramètres de distanciation" sont ensuite confrontés aux résultats d'une recherche de terrain effectuée en Lettonie sur les représentations sociales d'enseignants de FLE travaillant au niveau universitaire. Ce qui amène à conclure que toute mise à distance de l'enseignant et de l'apprenant dépend principalement des enjeux liés à la réalité du contexte de la formation pour ces deux acteurs de la relation pédagogique.
HOMMAGE A GABRIELLE QUEMADA, LEXICOLOGUE ET PREFACIERE D'UN DICTIONNAIRE DU PARLER DES METIERS DE PIERRE PERRET De son véritable titre Le Parler des métiers. Dictionnaire thématique alphabétique, l'ouvrage publié chez Laffont en 2002 qu'imagina et réalisa Pierre Perret, membre du Conseil su-périeur de la langue française lorsque cette institution était dirigée par Bernard Quemada, a béné-ficié du soutien constant de Gabrielle Quemada. Si l'ouvrage lui est explicitement dédicacé, ce qu'il ne faudrait pas oublier, il faut surtout retenir que Gabrielle Quemada l'a préfacé et, ce faisant, en lexicologue de talent, a su offrir aux linguistes des structures méthodologiques précieuses pour tout ouvrage lexicographique reposant sur une thématique et notamment celle précise du parler des métiers. Au-delà du sujet traité, en somme ce que les linguistes désignent sous le terme de technolectes, il faut aussi percevoir un ton particulier, vif, direct et pétillant, au service d'une re-cherche originale et pertinente, que l'on retrouve tout aussi efficacement dans son introduction scientifique à la neuvième édition du Dictionnaire de l'Académie française, dans le cadre de l'ouvrage dirigé par Bernard Quemada ? : Les préfaces du Dictionnaire de l'Académie française (1694-1992). DES NOMS D'ANIMAUX DANS LE VOCABULAIRE DES METIERS... ET D'UN NOUVEAU TYPE DE "?DICTIONNAIRE ?" A partir de quelques exemples de noms d'animaux dans le vocabulaire des métiers, les auteurs montrent tout l'intérêt de présenter l'histoire et l'étymologie des mots dans un cadre multi-lingue et multiculturel. APERCUS SUR L'IMAGINAIRE DES MET Le cadre choisi est celui des travaux et recherches en terminologie scientifique et tech-nique. Quelles sont les images et les figures dans les parlers de métier ?? Introduire une nuance entre terminologie et parlers de métier s'impose tout d'abord, avec par exemple, à propos de ces derniers, une réflexion sur le cheminement particulier de la métonymie. Une question paraît alors devoir se poser ? : pourquoi tel ou tel cheminement et pas d'autres ?? Mots "?propres ?" et "?surmots ?" sont ainsi à examiner de près, sans omettre l'inconscient qu'ils expriment, en fonction en somme de ce que Lévi-Strauss appelait le conscient et l'inconscient des sociétés. On peut en l'occurrence mettre en relief des matrices imaginatives et la reconstitution d'imaginaires. En partant par ailleurs de la désignation de certaines fonctions - technicien de vente, "?technico-commercial ?" par exemple - peut s'amorcer une réflexion quant au malaise ressenti dans la désignation de quelques noms de métier. On ressent peut-être ici le besoin d'une nouvelle approche qui pourrait être intitulée "?ethnoterminologie ?". LES METIERS DE L'ORFEVRE A TRAVERS LES DICTIONNAIRES Le métier de l'orfèvre est un des plus anciens métiers d'art. La diversification des pro-fessions qui y sont rattachées rappelle implicitement et de manière conjointe l'histoire du métier et l'histoire de la langue. Nous proposons un aperçu concernant la variété des métiers de l'orfèvre, à travers une analyse lexicographique (à partir de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert), partant des formes les plus génériques, pour arriver à d'autres métiers qui y sont rattachés, pour lesquels on fournira des définitions pragmatiques issues de leur reconnaissance institutionnelle voire juri-dique. Naturellement, les variations dans les définitions sont dues aux changements sociaux aussi bien qu'à une évolution naturelle de la discipline. Force est de constater, en outre, que l'industrialisation du domaine et la réalisation des pièces en série ont non seulement donné lieu à la création de nouveaux métiers et donc de nouvelles dénominations, mais elle a occasionné en plus une redistribution des différentes spécialisations. LE CAMEE ? : TEMOIGNAGES D'UN SAVOIR-FAIRE QUI TRAVERSE LE TEMPS Le métier du caméiste permet de pénétrer dans l'univers du camée, un chef-d'oeuvre de l'orfèvrerie puisant ses racines dans une longue tradition artistique qui s'est constituée au cours des siècles grâce à des Maîtres artisans qui perpétuent un art remontant à l'Antiquité. Après un bref historique sur le camée, nous analyserons les mots dont la langue française s'est dotée pour désigner cet objet d'art, camée et camaïeu, dans leur évolution en diachronie, pour terminer par une ébauche de conceptualisation du domaine, à l'aide du Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse. PARFUMS ET PARFUMEURS ? : UN LEXIQUE, DES DESIGNATIONS Cet article s'organise en deux temps, deux chapitres. Le vocabulaire des parfums passe en effet tout d'abord par la connaissance de ce métier très ancien, riche d'une histoire mal con-nue. C'est l'occasion dans le premier chapitre d'un parcours métalexicographique, en dégageant de chaque dictionnaire consulté, d'hier à aujourd'hui, informations et représentations, ces der-nières jouant leur rôle dans le portrait lexical des métiers du parfum. Le second chapitre est dévo-lu à l'analyse lexicale des noms de parfums. Il convient alors de dégager les matrices lexicogé-niques, entendons ici les matrices relevant de la néologie formelle et sémantique (affixation, composition, mots-valises, compocations, onomatopées, déformation graphique, troncation, si-glaison, conversion, emprunt). Enfin sont passées en revues les figures de style présidant à la néologie en matière de noms de parfum. S'y ajoutent pour conclure les palimpsestes ver-bo-culturels et les jeux de mots mis en oeuvre dans cette néologisation particulière. UNE ETUDE COMPARATIVE DES TERMES DE L'AGRICULTURE ET DE LA VITICULTURE DANS LES "?PETIT LAROUSSE ILLUSTRE ?" DE 1905 ET 2008 L'article présente les résultats d'une recherche autour des termes de l'agriculture et de la viticulture dans deux éditions du Petit Larousse Illustré éloignées de plus d'un siècle. Nous montrons que la proportion de termes liés à ces domaines est tout à fait similaire dans les deux éditions, ce qui nous amène à poser la question du type de vocabulaire que doit contenir un "?petit ?" dictionnaire ? : le vocabulaire courant ou le vocabulaire le plus rare ??
Résumé : Alain Rabatel : Empathie, points de vue, méta-représentation et dimension cognitive du dialogisme. Résumé : Dans cet article, est dégagée l'importance du processus empathique, qui consiste à se mettre à la place des autres, à envisager leurs points de vue (PDV), aux plans psychologique, cognitif, méta-réflexif et linguistique. Ces PDV, envisageant ce que l'autre voit, dit, pense ou fait ont une dimension méta-représentationnelle. De surcroît, la construction empathique (hétéro-dialogique) du point de vue des autres renseigne aussi sur le point de vue (auto-dialogique) de l'énonciateur premier à l'origine de la construction empathique du PDV des énonciateurs seconds. Cette réflexivité confirme, au plan discursif, que la compréhension des autres aide à la compréhension de soi, tant au plan cognitif qu'au plan relationnel.
Soin des enfants et des personnes âgées, nettoyage, travail pénible, boulot sale et sale boulot, ces activités ont en commun d'être à la fois nécessaires et invisibles, essentielles et pourtant dévalorisées, difficiles et donc déléguées à d'autres. Elles sont souvent oubliées par les philosophies du travail comme elles le sont dans la réalité sociale. C'est paradoxalement chez Hannah Arendt, pourtant accusée d'avoir une conception réductrice du travail, que l'on trouve une catégorie permettant de les appréhender dans leur unité : celle de labeur. Modifiant la traduction usuelle de sa distinction entre travail (labor) et oeuvre (work), qui renforce l'impression d'une dépréciation du travail par rapport à l'oeuvre, nous proposons de la rendre plus littéralement par le couple du labeur (labor) et du travail (work). Apparaît dès lors chez Arendt une véritable philosophie de l'activité posant le labeur comme condition du travail, lui-même condition de l'action. A l'aide de cette catégorie, elle pointe un ensemble d'activités vouées à la reproduction de la vie qui n'ont pas "droit de cité" , mais aussi le redoublement de cet effacement avec l'avènement du social dans la modernité. Malgré l'emprise théorique qu'exerce la logique du labeur, on ne cesse de refuser de le voir, d'en dénier la nécessité comme la dureté, en le confondant avec le travail. Une convergence aussi frappante qu'inattendue peut être mise en évidence entre cette catégorie de labeur et toute une constellation de concepts issus des théories féministes : le travail domestique, reproductif, travail de care ou encore de subsistance. Ces théories ne se sont pas réclamées d'Arendt, qui elle-même ne s'est jamais revendiquée du féminisme. Mais on peut mobiliser ces concepts pour préciser le sens de la catégorie de labeur, répondre aux problèmes qu'elle soulève quant à sa teneur critique, et en esquisser un usage possible dans le cadre d'une philosophie sociale du travail renouvelée.
Acquis par la National Gallery de Londres en 1842, le Portrait des Arnolfini de Jan van Eyck reste depuis cette date une énigme pour les historiens de l'art. Le sujet du tableau a en effet suscité de nombreuses hypothèses : s'agit-il d'une scène de mariage, de fiançailles, ou de la simple représentation d'un couple de riches bourgeois ? L'homme est-il bien Giovanni Arnolfini, un marchand de Lucques très connu dans les Flandres au XVe siècle, comme semblent l'indiquer certaines archives ? Ou quelque autre membre de sa famille ? L'oeuvre ne serait-elle pas plutôt un portrait de l'artiste, qui se serait représenté avec son épouse Marguerite ? Et si la jeune femme n'était pas enceinte, en dépit de ce que suggère son ventre proéminent ? Quant à la signature en latin du peintre, bien en vue au centre du tableau, quel sens donner à sa formulation, restée unique dans l'histoire de la peinture ? Anne-Marie Lecoq fait dans cet ouvrage inédit une passionnante recension des interprétations qui se sont succédé au cours des décennies, suscitées par tous les détails du tableau et leur symbolique supposée, pour livrer enfin - au risque de surprendre - sa propre hypothèse sur les intentions de Jan van Eyck.
Vinclair Pierre ; Min Byung-Hun ; Domissy-Lee Jeon
Ce livre est né d'un paradoxe fécond : comment écrire sur les oiseaux sans rien savoir d'eux, ou presque ? Du jour au lendemain, Pierre Vinclair se met à enquêter au fil de poèmes-minute sur ce que les oiseaux nous font, sur la manière dont ils déplacent nos idées en nuées, frôlent nos matins, habitent un monde où leur présence s'efface. Guidé par une curiosité impressionniste, Pierre Vinclair ne s'approche jamais trop près, s'émerveille que l'on entende d'abord leur chant avant de les voir ou de vouloir les nommer. Les photographies de l'artiste coréen Byung-Hun Min, dans la contemplation desquelles s'est élaboré cet essai qui est d'abord une rêverie, viennent scander le texte comme des pointillés noir et blanc.
Fenimore Cooper Susan ; Audubon Jean-Jacques ; Wil
Précédant Thoreau de quelques années, Chroniques de la vie rurale s'impose comme l'un des jalons fondateurs du naturalisme littéraire américain. Dans ce journal publié en 1851, jusqu'alors inédit en français, Susan Fenimore Cooper raconte la vie d'un village de l'Etat de New York au fil des saisons. Entre carnet de terrain et journal intime, sa prose lumineuse, jamais naïve, dit la beauté du détail et la fragilité des équilibres naturels. Fille du romancier James Fenimore Cooper, dont elle accompagna l'oeuvre et assura la postérité, Susan écrit avec la discrétion d'une sentinelle ou d'une veilleuse. Elle tisse une langue limpide et habitée, attentive à chaque nuance du paysage, à chaque oiseau, à chaque usage d'un monde rural aujourd'hui disparu. A la rigueur scientifique de ses observations répond une sensibilité poétique, qui fait de ce texte un manifeste d'écoute et de lenteur, à rebours de l'accélération contemporaine. Cette première traduction française, réalisée par Faustine Galicia, est illustrée de planches issues des Oiseaux d'Amérique de Jean-Jacques Audubon et préfacée par l'écrivaine Audrée Wilhelmy, qui, nichée dans la forêt québécoise, l'évoque en soeur : "Chroniques de la vie rurale est une leçon d'écoute : une conversation muette entre le monde extérieur et le monde intérieur. C'est dans cette correspondance subtile entre les saisons du paysage et celles de l'esprit que se forge, je crois, l'acte d'écrire".