Les fleurs. Suivi de Richesse visionnaire d'une écriture
Gailly Christian ; Lebrun Jean-Claude
MINUIT
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EAN :9782707321978
Une citation de Joyce, façon de situer L?ambition d'écriture, a été placée en épigraphe à uneéblouissante cascade de monologues intérieurs. Quelqu'un, une femme puisqu'elle remarque la jupedépassant de sous son imperméable, est entré dans une librairie-papeterie pour acheter une cartouchede stylo-bille. Tandis qu'elle attend son tour, le cerveau enchaîne mécaniquement une suite rapide denotations et de réflexions. Puis quelque chose soudain se grippe. Une phrase essaie de venir, mais sedisloque: ?... il parait que dans mon cas, je dis mon cas, quand on a ce que j'ai, à partir d'un certainmoment, la mémoire, s'il s'agit de la mémoire, oui je crois bien qu'il s'agit de la mémoire, je m'ensouviens, il a parlé de la mémoire, qui à partir d'un certain moment se met à, quel mot il a utilisédéjà? ? Avec la parole, c'est la personne qui apparaît en train de se défaire. Mais déjà l'on est entrédans le monologue intérieur de la papetière, par quoi l'on prend note que la femme enseignaitauparavant dans un établissement de la commune. L'histoire va ainsi se construire, sans paroleséchangées, à peine des regards, en une sorte de mixage de ces propos muets, véhiculant eux-mêmestout un mélange d'informations, d'impressions désordonnées et d'associations d'idées. Avec desretours en arrière pour reprendre des scènes, et tout un jeu de champs et de contrechamps, unesuccession d'aller et retour entre deux courants de conscience: celui de la femme professeur,manifestement en congé thérapeutique, qui se rend chez le professeur Lachowsky, et celui d'unhomme, Paul Bast, apparu au deuxième chapitre, alors qu'il s'apprête à partir en visite chez son ami...Boyer. C'est donc sans étonnement excessif que le lecteur, accoutumé au ? hasard ? romanesque, lesretrouve tous deux dans le même sens du RER, puis dans le métro, avant de les suivre vers la mêmesortie, à Trocadéro, puis dans le même escalier du même immeuble.En temps réel, L?affaire dure à peine plus d'une heure. Quant à l'action, Christian Gailly la réduit à saplus simple expression: L?important ici n?est pas ce qui se passe, mais ce qui passe par la tête desdeux êtres qui se retrouvent assis face à face dans le wagon. Cela pourrait être d'une terribleplatitude. C'est tout le contraire qui se produit: le cheminement en parallèle des protagonistes,jusqu'à la rencontre finale dans L?escalier de l'immeuble du Trocadéro, prend les allures d'unepalpitante aventure, elle-même nimbée d'un réalisme poétique qui restitue les rites du quotidien et lestransfigure. C'est ainsi qu'on peut admirer, dans un tabac près de la gare du RER, une ? jeuneburaliste, d'une accidentelle beauté Renaissance ?, tandis que juste à côté ? un personnage en noir etblanc (?) apporte un café ?. Ou bien, quand les portes des wagons s'ouvrent, il y a ce mouvement deballet, sur tout le quai, des voyageurs s'écartant pour ménager un chenal de sortie à ceux quidescendent. Ou encore cette impression de respirer, dans les gares souterraines, ce que ChristianGailly qualifie si justement d'? odeur électrique ?. Le récit fourmille de telles notations poétisées, quirejoignent les sensations de l'expérience journalière. Comme encore cette incidente sur les regardsévitant de se croiser: ? Regarder à droite, mais attention, en prenant le soin de bien fermer les yeuxquand tu passeras devant elle. ? Le RER et le métro apparaissent ici comme des lieux d'autant pluspropices à l'aventure intérieure et à l'imaginaire qu'ils exaspèrent secrètement les sens.Enfin, il y a ce qui se passe, là encore silencieusement, longtemps sous les apparences de la plus pureindifférence, entre cette femme et cet homme. L'esprit qui enregistre à toute vitesse, jauge et juge,quand l'oeil paraît mort. Cette jupe remontée sur le genou de la femme assise, avec son motif floral, etlui, en face, soudain emporté par une bourrasque intérieure, avec la même émotion sensuelle quedevant un certain tableau plein de fleurs rouges: ? sous les grands coups de zeph tout le champ sevangoghisait ?. À Cité-Universitaire, ils s'ignorent encore, à Denfert-Rochereau, chacun note quel'autre descend, à Trocadéro leurs pas se suivent et le trouble grandit.Dans la cage d'escalier, la rencontre sera d'abord violente, puis intensément belle, dans une dernièrescène muette, comme seul le grand cinéma, avec ses ellipses fulgurantes, peut nous en offrir. Làencore la poésie affleure, âpre et prenante, sans aucune mièvrerie. Car l'écriture de Christian Gailly està l'unisson de ce coup d'oeil tout de vivacité et d'inventivité, qui élève à l'ordre de l'esthétique desréalités communément perçues comme prosaïques sans que l'auteur dissimule la part de jeu qui s'ymêle: ? C'est toujours quand j'ai fini d'écrire que me viennent des idées intéressantes, ce qui fait queje suis réduit à écrire des histoires comme celle-ci, pas intéressantes, enfin on verra, revenons àBast. ? Bref, tout concourt à ce que ce cinquième roman dégage un charme puissant.Sans aucun doute Christian Gailly nous offre là son livre le plus plein et le plus continûment maîtrisé.Prouvant, s'il en était encore besoin, que le romanesque surgit moins des situations que de la richessevisionnaire d'une écriture. Et que du plus moderne peut naître le plus haut plaisir. »
Christian Gailly, né le 14 janvier 1943, a manqué sa naissance, ses parents, enfance et adolescence, études, service militaire, mariage, enfants et tous ses premiers romans. Moi, lui dit sa femme, à ta place, je donnerais des nouvelles. De qui ? dit-il. De toi, dit-elle. Comment ça ? dit-il. Comme tout le monde, dit-elle, la vie et la mort, l'impuissance à vivre et à mourir, l'amour de la lumière, l'amour, la lumière, la beauté, en peinture, musique, et littérature, lecture et écriture, édition, que sais-je encore ? Et moi donc ? dit-il. Non, il a dit non, mais c'est comme s'il avait dit oui. Il s'y est mis et voilà ce que ça donne. Rien d'important, dit le livre. Reste le plaisir d'être tenu sous un regard. Dit-il, premier roman publié par Christian Gailly, est paru en 1987.
Début août, dans un site montagneux, près d'un lac, deux hommes, un jeune et un vieux, s'ignorent. L'un cherche du travail. L'autre a trouvé une maison pour les vacances, il emménage. Ils ne peuvent donc pas se rencontrer. Sauf si le jeune trouve du travail, c'est la première condition. La seconde, ce serait que le vieux ait besoin des services du jeune. En vacances, normalement, non. C'est pourtant ce qui va se passer. Comme si c'était écrit. Ça l'est, mais ce n'est pas aussi simple. Il y a des femmes dans cette histoire.
En 1976, mon père a rouvert la maison qu?il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.À l?intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d?honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d?elles.Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J?ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.4e de couverture : En 1976, mon père a rouvert la maison qu?il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.À l?intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d?honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d?elles.Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J?ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.
Le temps d'un séjour de quelques semaines dans sa maison d'enfance, la narratrice raconte ses retrouvailles avec sa famille, où, depuis trois générations, hommes et femmes ont choisi le métier de pasteur. Mais quand elle arrive, quelque chose de cet ordre ancien s'est profondément déréglé. De ses proches, elle raconte les rires, les chutes, les chants. De toutes ses forces, elle les soutient, quand leur vie ne semble plus tenir qu'à un fil.
Il est impossible de croire sérieusement, comme les deux héros du célèbre film d'Hitchcock Fenêtre sur cour, que leur voisin aurait tué sa femme, puis l'aurait découpée en morceaux devant les fenêtres ouvertes d'une trentaine d'appartements. Mais leur délire d'interprétation n'a pas pour seule conséquence de conduire à accuser un innocent. Il détourne l'attention d'un autre meurtre - bien réel celui-là - qui est commis devant les spectateurs à leur insu et mérite l'ouverture d'une enquête. "La démonstration séduit par son intelligence, la logique de son argumentation et une pointe d'humour fort plaisante". Emmanuelle Giuliani, La Croix "Un récit haletant, fougueux et d'une drôlerie intrinsèque, qui se dévore comme un bon polar". Gérard Lefort, Les Inrockuptibles Hitchcock s'est trompé s'inscrit dans un cycle qui comprend Qui a tué Roger Ackroyd ? , Enquête sur Hamlet, L'Affaire du chien des Baskerville, La Vérité sur "Ils étaient dix" et Odipe n'est pas coupable. Ces ouvrages de "critique policière" visent à résoudre des énigmes criminelles tout en menant une réflexion sur la littérature et l'art.
Je vous prie de me faire la faveur de publier Le Verdict en un petit volume autonome. Le Verdict, auquel je tiens tout particulièrement, est certes très court, mais il relève plus du poème que du récit, il a besoin d'espace dégagé autour de lui et il ne serait pas indigne qu'il l'obtienne". Franz Kafka Lettre à son éditeur Ecrit d'une seule traite dans la nuit du 22 au 23 septembre 1912, Le Verdict est le texte fondateur de Kafka. Jean-Philippe Toussaint en propose ici une nouvelle traduction.
Quels secrets cache l'ombre du jacaranda, l'arbre fétiche de Stella ? Il faudra à son ami Milan des années pour le découvrir. Des années pour percer les silences du Rwanda, dévasté après le génocide des Tutsi. En rendant leur parole aux disparus, les jeunes gens échapperont à la solitude, et trouveront la paix près des rivages magnifiques du lac Kivu. Sur quatre générations, Gaël Faye raconte l'histoire terrible d'un pays qui s'essaie malgré tout au dialogue et au pardon. Comme un arbre se dresse entre ténèbres et lumière, Jacaranda célèbre l'humanité, paradoxale, aimante, vivante. D'une force et d'une sensibilité peu communes. Jean-Claude Vantroyen, Le Soir. Il sort de ces pages une extraordinaire puissance de vie. Gaël Faye met en scène des personnages d'une énergie folle, qu'on aimerait rencontrer un jour. Stéphanie Janicot, La Croix. Chez Gaël Faye, les grands-mères relient leurs petits-enfants à leur arbre généalogique, arbre qui les sort de la solitude abyssale où l'on se sent quand on n'est relié à rien ni à personne. Astrid de Larminat, Le Figaro littéraire. Un roman d'une douloureuse beauté, dont la douceur de ton ne fait que souligner l'horreur du génocide et les difficultés de l'après. Minh Tran Huy, Madame Figaro. Prix Renaudot 2024.
Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l'harmonie familiale s'est disloquée en même temps que son « petit pays », le Burundi, ce bout d'Afrique centrale brutalement malmené par l'Histoire.Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de ceur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d'orage, les jacarandas en fleur... L'enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais. Un livre lumineux. Astrid de Larminat, Le Figaro. Un très beau premier roman, déchirant et incandescent, qui force l?admiration. Yann Perreau, Les Inrockuptibles. Gaby n?est pas un petit Africain, c?est un enfant du monde emporté par la fureur du destin. Notre hantise commune. Maria Malagardis, Libération. PRIX GONCOURT DES LYCÉENS / PRIX DU ROMAN FNAC / PRIX DU PREMIER ROMANNotes Biographiques : Franco-rwandais, Gaël Faye est auteur compositeur interprète. Aussi influencé par les littératures créoles que par la culture hip hop, il a sorti deux albums solo nourris d?influences musicales plurielles: Pili Pili sur un Croissant au Beurre et Rythmes et Botanique, enregistrés entre Kigali, Paris et Bujumbura. Petit pays, son premier roman, a été récompensé par le prix Goncourt des Lycéens.
Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s'est ouverte, c'est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j'ai eue lorsque j'ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n'ai pas regardé du côté de Marie. Je n'en ai pas eu le temps parce que le président m'a dit dans une forme bizarre que j'aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français..."Notes Biographiques : Albert Camus naît à Mondovi, en Algérie, en 1913. Pendant la seconde guerrre mondiale, il intègre un mouvement de résistance à Paris, puis devient rédacteur en chef du journal "Combat" à la Libération. Romancier, dramaturge et essayiste, il signe notamment "L'étranger" (1942) et "La Peste" (1947), et reçoit le prix Nobel de littérature en 1957. Il meurt en 1960 dans un accident de voiture.
Trois destinées. Trois cultures. Trois combats. Trois femmes qui se battent avec volonté, courage et fierté pour acquérir leur place dans la société malgré les discréminations et les traditions. Un premier roman fort sur trois destins liés comme les trois brins d'une tresse...