S'il y a sens à parler d'un problème du réel, c'est du point de vue d'une réflexivité qui pose le concept même de réel. L'intérêt de la phénoménologie est de reconduire à la structure de cette réflexivité au sein de l'expérience. Le concret phénoménologique ne se révèle pas seulement dans la description (si subtile et attentive soit-elle), mais dans l'explicitation de la description. Il faut donc coordonner ces deux dimensions, la tension phénoménologique vers le concret et la tension réflexive dégageant ce même concret comme concret en l'analysant dans sa relation au discours qui l'élabore. C'est l'articulation de ces deux dimensions que nous caractérisons de démarche transcendantale. Tel est donc le discours philosophique transcendantal : il réfléchit ses propres conditions d'effectuation et celles de ce qu'il déploie. Cette transcendantalité s'exprime à travers la mise à jour d'un réseau de coimplications ; une dimension de l'expérience se révèle par rapport à une autre, dont la mise au clair renvoie à son tour à d'autres types de structures qui ne prennent elles-mêmes sens qu'au regard du processus de pensée qui revient à les poser. A travers l'analyse de corpus, husserliens d'abord, puis heideggériens, merleau-pontyens, richiriens, etc. , cet ouvrage tend à dégager une telle logique transcendantale pour situer les décisions fondamentales de ces philosophies dans un espace problématique, et à mieux comprendre ce qui en motive chaque fois le geste. Pour conclure, suit un exposé plus détaillé des traits caractéristiques d'un tel transcendantalisme dynamique.
Nombre de pages
240
Date de parution
01/10/2015
Poids
310g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782841373192
Titre
Le Réel et le transcendantal
Auteur
Forestier Florian
Editeur
MILLON
Largeur
136
Poids
310
Date de parution
20151001
Nombre de pages
240,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Depuis le fond d'une crevasse dans le massif des Ecrins, un haut fonctionnaire convoque sa mémoire fracturée. Une plongée hypnotique dans les arcanes de l'Etat, par un fin observateur de notre époque. " Je ne peux pas m'arracher à l'impression que c'est enfin arrivé. Je suis de l'autre côté du temps. " Depuis le fond d'une crevasse dans le massif des Ecrins, un haut fonctionnaire convoque sa mémoire fracturée. Alors que le monde ferme ses frontières, qu'un ministre remplace l'autre, une association menée par un mathématicien superstar tente d'alerter sur les risques d'un effondrement. Une plongée hypnotique dans les arcanes de l'Etat, par un fin observateur de notre époque.
Ce qui me pousse à parler, à crier ? Peut-être le scandale de ces mots qui résistent et se dérobent - le sentiment aigu d'un piège, d'une toile d'araignée qui se resserre, quoi que je dise et fasse lorsque j'en parle. Des noms, il en existe trop : fêlés, geeks, malpolis, weirdos. Ils sont nombreux et ce ne sont pas les bons. Ils ont été faits pour d'autres et m'échappent, même pour dire la colère. Ou la peine, l'incompréhen¬sion, la révolte". Loin des clichés, Florian Forestier décrit l'autisme comme une ex¬périence sensible, une vibration du corps. Au contrôle individuel fin, l'autisme oppose ses aspérités.
C'est décidé, Florian veut gravir le Cervin, ce sommet mythique. Du Cervin il connaît presque tout, sa topographie, ses tentations et ses pièges, mais Florian sait aussi qu'il a du mal à bien fixer ses crampons. Flanqué d'un vieux guide au bord du burn-out et d'une aspirante guide qui a encore bien des choses à prouver, il se lance dans cette aventure, picaresque et réjouissante. "J'ai quarante ans. J'ai voyagé. Mais chaque fois que je pars, c'est le même cinéma. Je finis à genoux dans la chambre de ma mère". Il reste à Florian tant de choses à faire : trouver la paix et l'âme soeur, apprendre à vivre, et surtout gravir le Cervin, ce paysage qui a tout secoué chez lui. Il est entraîné, sportif, maladroit, anxieux. Raffaele, son guide, est convaincu qu'un bon guide doit être plus terrifiant que tous les dangers de la montagne. Morgane, une aspirante guide, l'encourage elle aussi à sa façon. A leurs côtés, Florian va tenter de se métamorphoser. Il va monter, échouer, monter encore, s'émerveiller face à ce si beau bleu. Lui qui connaît si bien le Cervin mais n'arrive pas à fixer ses crampons, en réussira-t-il l'ascension ...
« Ce qui me pousse à parler, à crier ? Peut-être le scandale de ces mots qui résistent et se dérobent ? le sentiment aigu d'un piège, d'une toile d'araignée qui se resserre, quoi que je dise et fasse lorsque j'en parle. Je tisse des plans, mais l'autisme résiste en moi à ce que je croyais vouloir être, sans proposer aucune vie de rechange. Un nom posé sur un désordre, un bruit, une fureur dans la trajectoire de ma vie. Il faut peupler ce vide. Donner sens à cette vibration. » Loin des clichés, Florian Forestier décrit l'autisme comme une expérience sensible. Né en Suisse en 1981, Florian Forestier habite à Paris. Diagnostiqué autiste Asperger à 25 ans, peu après sa thèse de philosophie, il écrit à la fois romans (Basculer et Un si beau bleu, Belfond, 2021 et 2024) et essais (Désubériser, dir., Éd. du Faubourg, 2020 et Pour une nouvelle culture de l'attention, avec S. Broadbent, M. Khamassi et C. Zolynski, Odile Jacob, 2024).
Husserl Edmund ; Pestureau Jean-François ; Mazzù A
L'existence des " Manuscrits de Bernau " de Husserl sur la conscience intime du temps fut révélée pour la première fois publiquement par Heidegger, en 1928 dans sa préface aux célèbres Leçons sur la phénoménologie de la conscience intime du temps. Ces Manuscrits, écrits par Husserl à Bernau (Forêt Noire) en 1917/18, sur la base d'une compilation faite par Edith Stein, sont restés inédits du vivant du philosophe, bien qu'ils aient été confiés, dans les années trente, à Eugen Fink en vue de la publication. Pour plusieurs raisons, dont la complexité des textes n'est pas la moindre, Fink n'en vient pas à bout, et après la guerre, y renonça. Husserl considérait en effet ces manuscrits comme son " ouvrage principal " qui, restés dans les cartons des Archives de Louvain, sont entrés dans la légende pour le milieu des phénoménologues , puisqu'ils étaient censés contenir les clés de l'oeuvre entière. Il aura fallu le travail persévérant de Rudolf Bernet et Dieter Lohmar pour que l'ouvrage (une sélection parmi la masse des manuscrits) paraisse enfin, en 2001, dans la collection des Husserliana. Cette édition critique est celle qui est publiée ici en traduction française. L'importance considérable de ces textes tient à ce qu'ils constituent proprement l'acte de naissance de la phénoménologie génétique, et conduisent par là à réexaminer et relativiser les analyses structurales et statiques auxquelles on a trop souvent réduit la phénoménologie, en en faussant l'" esprit ", en la figeant dans une scolastique. Car les " Manuscrits de Bernau " sont avant tout un exercice aigu du sens critique, de la pensée aux prises avec des problématiques aporétiques, de l'art de pratiquer des distinctions nuancées jusqu'au plus subtil, de la rencontre de choses essentiellement mobiles, bref, de la pratique de la philosophie telle qu'elle doit se donner à entendre aujourd'hui.
Cette anthologie souhaite mettre en lumière une mémoire religieuse du corps féminin à l'époque moderne, dans les couvents et hors des couvents. Elle explore les principaux aspects de cette corporalité féminine, en expose la nature, la plasticité et les enjeux par le prisme d'un genre majeur du temps, celui de la Vie sainte, en faisant (re)découvrir par ce biais une littérature hagiographique souvent méconnue car trop longtemps cantonnée aux seuls champs de l'historiographie religieuse ou de la bigoterie. Quelle exemplarité ces représentations du corps féminin servent-elles ? Quelle agentivité féminine parviennent-elles à suggérer ? Racontent-elles seulement la norme dévote ou au contraire son débordement ? Que faire, hier et aujourd'hui, de ces envahissants scénarios d'incarnation, de ces cadavres qui embaument ou guérissent, de cette exhibition constante des plaies, du sang et de la pourriture, dont les auteurs font la matière étrange d'un discours qui édifie quand il horrifie, qui fascine et dégoûte à la fois ? Quelle vertu mystique ou dévotionnelle donner à cette compilation de symptômes, à cette insatiabilité à se faire mal ou à soigner l'autre ? Pourquoi les biographes racontent-ils surtout le corps pour dire la sainteté féminine et que disent-ils ainsi du féminin, aux marges du discours canonique ? Quelle place ces récits laissent-ils à un pur excès de chair, à un fonds obscur par lequel se dit la haine du couvent, le désir du blasphème, le désir de mort, le fantasme érotique, l'aporie de la vocation religieuse, la souffrance ou la jouissance de la discipline, la frustration sexuelle, le poids du harcèlement, le désir d'émancipation ? Ces questionnements, pris comme autant de fils conducteurs, permettront de révéler la richesse anthropologique mais aussi littéraire de cet étonnant corpus ancien.
Au Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c'ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c'ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.