La figure de Pierre Mauroy apparaît aujourd'hui nimbée de nostalgie, souvenir d'un socialisme sépia, militant, populaire, fidèle à l'héritage du parti de Jaurès et de Blum. Mais la légende ou l'idéalisation ne sont qu'un reflet très imparfait de la richesse de son parcours. Maire et élu local, militant puis acteur-clef du Parti socialiste et de l'Internationale socialiste, premier chef de gouvernement, enfin, de la gauche au pouvoir en 1981, P. Mauroy atteste, par sa trajectoire et ses expériences, la pluralité et la dynamique des engagements et de la vie du socialisme français et européen au second XXe siècle. Fruit d'un colloque rassemblant chercheurs nationaux et internationaux, sociologues, politistes et historiens, ce livre entend revenir sur les différents aspects de l'acteur politique et en restituer toute la portée et la fécondité : des conditions de l'ascension dans un socialisme en reconfiguration jusqu'à l'expérience du pouvoir, de la conception du parti et de l'idée socialistes jusqu'à l'action de l'élu et aux débats sur l'avenir du projet socialiste au XXIe siècle. Il s'agit par-là de démontrer tout ce que la figure de P. Mauroy peut apporter à la compréhension du passé de la gauche, et, peut-être, à une meilleure appréhension de ses crises et de ses interrogations au présent.
Nombre de pages
240
Date de parution
21/08/2026
Poids
450g
Largeur
165mm
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EAN
9782385191801
Auteur
Fontaine Marion ; Fulla Mathieu
Editeur
BORD DE L EAU
Largeur
165
Date de parution
20260821
Nombre de pages
240,00 €
Disponibilité
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Liévin, 27 décembre 1974, 42 morts. L'une des catastrophes minières les plus meurtrières de l'après-guerre vient de se produire, l'une des dernières aussi. Les vieux mythes du mineur-martyr et de la mine infernale ressurgissent. L'événement n'est pas seulement ce rappel au XIXe siècle, il porte la trace des "années 68" finissantes ; il donne lieu à des mobilisations d'un nouveau type. Entrent en scène de nouvelles figures appelées à un bel avenir : celles de la victime ou du "petit juge" luttant contre les élites minières. La catastrophe s'inscrit dans ce moment de basculement, entre la fin des "Trente Glorieuses" et l'entrée dans la "crise". Pour cerner quelques aspects de ce basculement, l'auteur interroge sous l'angle de l'histoire sociale et politique le processus de désindustrialisation ; elle tente de percer à jour cet instant où le mythe ouvrier, autant que la classe ouvrière perdent de leur évidence et où la société industrielle, dans les faits et dans les images qui s'y attachent, amorce une mutation sans précédent.
Biographie de l'auteur Marion Fontaine est maître de conférences à l'université d'Avignon, chercheuse au centre Norbert Elias. Secrétaire de la Société d'études jaurésiennes, elle participe à l'édition des Oeuvres de Jaurès aux éditions Fayard. Elle a récemment co-dirigé Une contre-histoire de la IIIe République (La Découverte, 2013).
Les frontières sociales et culturelles qui séparent les milieux, les mondes, les catégories ont fait l'objet ces dernières années d'un intérêt renouvelé. Ces frontières sont cependant souvent vues comme de purs actes de pouvoir, s'imposant de l'extérieur aux actrices et aux acteurs. L'objectif de ce volume est, en croisant les apports des sciences sociales, de proposer une perspective un peu différente. Il s'agira ici de décrire les dynamiques qui conduisent à l'édification de frontières, à leurs consolidations ou à leurs transformations. Si les classes et les milieux semblent vivre une vie séparée, ces catégories ne deviennent réalité qu'en étant mises en oeuvre et expérimentées par les acteurs. Ces mises à l'épreuve doivent permettre de saisir les frontières moins comme des barrières définies une fois pour toutes, que comme des processus en permanence réaménagés par les individus et les collectifs qui leur prêtent vie.
L'analyse du parcours du club ébauche les traits d'une histoire sociale renouvelée, questionnant les termes à la fois éculés, et toujours problématiques, d'appartenance, de communauté, de mémoire. Elle montre comment nos différentes appartenances (sociales, territoriales, nationales, sexuées, politiques) s'emboîtent ou se déboîtent, de façon toujours provisoire. En confrontant le plus classique, des mineurs érigés en statue figée du prolétariat, et le plus ludique, le ballon et le stade, ce livre donne ainsi un autre aperçu du processus chaotique à travers lequel s'est fait, puis s'est défait, un monde industriel et ouvrier, déjà si éloigné, et pourtant encore si proche de notre présent.
Tout en décrivant une population cachée de femmes insérées qui consomment et revendent des drogues, l'ouvrage aborde la manière dont les usagères-revendeuses jouent avec les critères des profilages policiers pour limiter les risques répressifs, et gèrent leurs usages sans recourir à des structures de prise en charge des addictions.
C'est dans le double sens de la formule "â¯Le corps à l'oeuvreâ¯" que réside l'originalité de l'ouvrage. Il s'agit aussi bien de mettre l'accent sur le fait que c'est le corps de l'écrivain ou de l'artiste qui fait effectivement oeuvre, qui est au travail dans le processus créatif, que de penser la création comme un trajet qui va du corps jusqu'à l'oeuvre réalisée, puis l'oeuvre reçue, lue, vue ou écoutée.
Cet essai examine la discrétion comprise comme vertu sociale essentielle dans une société décente: elle est étudiée non pas en tant que qualité morale individuelle, mais comme un concept social qui permet de penser les phénomènes d'invisibilité sociale choisie, et non seulement subie. La discrétion caractérise les grands esprits, qui construisent leur oeuvre dans l'ombre et le silence. Ils préfèrent la patience du penser à la fébrile agitation de l'opinion médiatique. Et si cette sagesse se transfusait un peu à tous les citoyens...