Liévin, 27 décembre 1974, 42 morts. L'une des catastrophes minières les plus meurtrières de l'après-guerre vient de se produire, l'une des dernières aussi. Les vieux mythes du mineur-martyr et de la mine infernale ressurgissent. L'événement n'est pas seulement ce rappel au XIXe siècle, il porte la trace des "années 68" finissantes ; il donne lieu à des mobilisations d'un nouveau type. Entrent en scène de nouvelles figures appelées à un bel avenir : celles de la victime ou du "petit juge" luttant contre les élites minières. La catastrophe s'inscrit dans ce moment de basculement, entre la fin des "Trente Glorieuses" et l'entrée dans la "crise". Pour cerner quelques aspects de ce basculement, l'auteur interroge sous l'angle de l'histoire sociale et politique le processus de désindustrialisation ; elle tente de percer à jour cet instant où le mythe ouvrier, autant que la classe ouvrière perdent de leur évidence et où la société industrielle, dans les faits et dans les images qui s'y attachent, amorce une mutation sans précédent.
Nombre de pages
238
Date de parution
28/11/2014
Poids
272g
Largeur
120mm
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EAN
9782713224584
Titre
Fin d'un monde ouvrier. Liévin, 1974
Auteur
Fontaine Marion
Editeur
EHESS
Largeur
120
Poids
272
Date de parution
20141128
Nombre de pages
238,00 €
Disponibilité
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Biographie de l'auteur Marion Fontaine est maître de conférences à l'université d'Avignon, chercheuse au centre Norbert Elias. Secrétaire de la Société d'études jaurésiennes, elle participe à l'édition des Oeuvres de Jaurès aux éditions Fayard. Elle a récemment co-dirigé Une contre-histoire de la IIIe République (La Découverte, 2013).
Les frontières sociales et culturelles qui séparent les milieux, les mondes, les catégories ont fait l'objet ces dernières années d'un intérêt renouvelé. Ces frontières sont cependant souvent vues comme de purs actes de pouvoir, s'imposant de l'extérieur aux actrices et aux acteurs. L'objectif de ce volume est, en croisant les apports des sciences sociales, de proposer une perspective un peu différente. Il s'agira ici de décrire les dynamiques qui conduisent à l'édification de frontières, à leurs consolidations ou à leurs transformations. Si les classes et les milieux semblent vivre une vie séparée, ces catégories ne deviennent réalité qu'en étant mises en oeuvre et expérimentées par les acteurs. Ces mises à l'épreuve doivent permettre de saisir les frontières moins comme des barrières définies une fois pour toutes, que comme des processus en permanence réaménagés par les individus et les collectifs qui leur prêtent vie.
L'analyse du parcours du club ébauche les traits d'une histoire sociale renouvelée, questionnant les termes à la fois éculés, et toujours problématiques, d'appartenance, de communauté, de mémoire. Elle montre comment nos différentes appartenances (sociales, territoriales, nationales, sexuées, politiques) s'emboîtent ou se déboîtent, de façon toujours provisoire. En confrontant le plus classique, des mineurs érigés en statue figée du prolétariat, et le plus ludique, le ballon et le stade, ce livre donne ainsi un autre aperçu du processus chaotique à travers lequel s'est fait, puis s'est défait, un monde industriel et ouvrier, déjà si éloigné, et pourtant encore si proche de notre présent.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.