La Célébration de la pomme de terre(?) n'est pas le texte anodin qu'il paraît : ces pages (?) dessinent en creux le portrait d'un homme, de sa vie intérieure, de ses goûts, de ses amitiés, et nous parlent de la curiosité éclectique d'un auteur qui s'amusa à recenser l'argot des séminaristes, à brosser la vie de Napoléon (dans le même siècle et aux antipodes, celle de saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars), ainsi qu'à rédiger d'innombrables et byzantins petits textes consacrés au timbre, au chapeau haut de forme, au procès faits aux animaux, aux rues de Paris, à la poésie du droit, aux rites compagonniques, aux v?ux de nouvel an, à l'usage du passé simple ou encore à la gloire du vin. Derrière l'humour et la fantaisie se tient une constante et poétique attention aux plus infimes détails du monde qui l'entoure, et un désir farouche de conserver tous les visages du vivant. La Célébration, petite encyclopédie portative du tubercule, participe à la fois de l'hagiographie et de l?« inventaire », titre d'un des premiers recueils de Follain et projet de toute une vie.(Extrait de la préface)
Nombre de pages
61
Date de parution
18/10/2016
Poids
78g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782940517510
Titre
Célébration de la pomme de terre
Auteur
Follain Jean ; Bouygues Elodie ; Indoukaeva Marfa
Editeur
HEROS LIMITE
Largeur
115
Poids
78
Date de parution
20161018
Nombre de pages
61,00 €
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C'est une sorte de "portrait de la vie" que Jean Follain peint dans Tout instant. Ce recueil de courts textes en prose se divise en trois parties : "Objets" , "Etendues" , "Allées et Venues". Il s'agit des choses, des lieux et des êtres. FolIain, mieux qu'aucun poète, sait recueillir et exprimer l'âme des objets, leurs subtiles relations avec les hommes qui les ont construits ou utilisés, et tout le poids de sentiment qu'ils portent en eux. Les lieux et les êtres étant vivants, il ne s'agit pas de les gratifier d'une vie supplémentaire, mais de chanter leur permanence, de leur retirer quelques-uns de leurs mouvements, de les ralentir en quelque sorte et de les situer dans ce grand espace de notre coeur, qui les saisit dans leur poésie à la fois éphémère et éternelle. La splendeur du langage communique à ces pages de Jean Follain une douceur poignante, une poésie large, profonde, l'une des rares de notre temps qui soit assurée de demeurer.
Dans ce recueil composé de soixante-dix-huit courts poèmes, on trouve renouvelés des thèmes chers à Jean Follain, les hommes, les animaux, les plantes, les pierres, les paysages du sol et de l'âme, les objets.Avec une extraordinaire économie de moyens, cette poésie donne le sentiment d'une extrême réalité. Quand on lit ses brèves pièces, on croit vraiment toucher les choses, toucher le temps. Jean Follain reconstruit avec les mots un univers de sons, d'odeurs, de visions dont il exprime l'essence.André Dhôtel dit de Jean Follain : «À maintes reprises, il invoque les choses lentes et y reconnaît on ne sait quel pouvoir souterrain propre à éterniser la diversité de l'univers», et il ajoute : «Finalement il lui faut chercher quelque pouvoir qui accorde cet ensemble angoissant des vies et tenir dans sa main les fils qu'une simple vision ne peut démêler».
L?écrivain et critique David Bosc tente dans ce court texte de penser le rapport singulier que les écrivains peuvent entretenir avec le langage. Son texte s?ouvre sur l?adage fameux de Nicolas Boileau, selon lequel « Ce que l?on conçoit bien s?énonce clairement ». Cette affirmation est d?emblée mise en regard d?autres citations qui constituent autant de témoignages d?écrivains sur leur expérience. David Bosc, en lecteur et en écrivain, entre en dialogue avec ces voix plurielles et s?interroge avec elles sur la place de l?intention et du rythme dans l?écriture, sur ce qui peut pousser à écrire, ou sur ce qu?on peut entendre ou désigner par auteur ou créateur. Il se fraie un chemin à travers des mots dont il fait entendre toute l?épaisseur de sens : celui d?instance, par exemple, qui serait peut-être plus juste que celui d?auteur pour penser la création. Il fait ainsi résonner, dans ce tissage de voix d?autres «praticiens» et penseurs, , et ce depuis leur singularité, une expérience commune de l?écriture, celle d?un non-savoir, et d?une aventure qui relève moins d?une intention maîtrisée que d?un perdre pied au sein du langage. Ce texte reprend une conférence prononcée au Banquet du livre d?automne de Lagrasse, le 29 octobre 2016.
Quitter les lieux communs, prendre ses distances avec tel ou tel discours à la mode et retrouver enfin "une parole dense, une culture fondée, un monde intimement et intensément vécu" . Voici, pour le poète, l'essentiel. Territoires chamaniquesest le fruit d'un long travail de récolte de chants et de poèmes oraux. Kenneth White nous introduit avec jubilation à une poésie première, qui n'a cessé de nourrir, à travers le monde, un sentiment de proximité avec les choses et les êtres. Une poésie qui dessine une géographie originale et originelle dont les contours délimitent les fondements mêmes de notre culture. Cet ouvrage a fait l'objet d'une première édition en 2007.
Abu Al-Hayyat Maya ; Mikhaïl Mireille ; Julien Hen
Cette anthologie des poèmes de Maya Abu Alhayyat prend pour thème la situation des Palestiniens en Palestine. A l'enseigne du titre qu'elle donne à l'anthologie, ses raccourcis ressemblent souvent à des litotes qui tournent mal. Quand elle demande "comment tu as traversé la rue" , elle se doit de préciser "à ta sortie de prison" . Une poésie de la douche froide, comme sans y toucher. La vie pourtant quand même passe, "Oh merveille" écrit-elle, avec ses petits bonheurs, ses peurs abyssales, ses révoltes rentrées, ses accès de panique. Encore et encore. Le recueil est une anthologie, composée par l'autrice Maya Abu Al-Hayyat, à partir de ses livres Ce sourire... ce coeur (2012), Robes d'intérieur et guerres (2015) et La peur (2021). La traduction s'efforce de respecter la limpide architecture formelle des poèmes et de perpétuer l'espèce de flottement d'une sensibilité à la fois toujours aux aguets et réceptive aux signaux faibles de la vie ordinaire pourtant presque impossible à vivre dans un tel contexte.
Mendel Singer alluma la bougie dans la bouteille verte à côté du lit et alla à la fenêtre. Là, il vit le reflet rougeâtre de la vivante nuit américaine qui se jouait quelque part et l'ombre argentée intermittente d'un projecteur qui semblait désespérément chercher Dieu dans le ciel nocturne. Oui, Mendel voyait même quelques étoiles, quelques misérables étoiles, des constellations déchiquetées. Mendel se souvenait des nuits claires et étoilées au pays, du bleu profond du ciel immensément étendu, du croissant de lune doucement courbé, du sombre murmure des pins dans la forêt, des voix des grillons et des grenouilles.