Limite de mon champ visuel, l'horizon me lie au monde et à autrui. Il est là-bas, mais cette limite n'est pas objective. Et pourtant, combien de fois ai-je l'impression que je pourrais m'en approcher, le toucher, passer au-dessous ou au-delà ? C'est dans un sens presque tangible qu'il faut aborder l'horizon. S'il est fabuleux et imaginaire si nul ne peut le rejoindre, il n'en constitue pas moins un repère stable pour les premiers astronomes, un guide pour les navigateurs et une assise vers laquelle se tournent les cosmonautes. Le rôle qu'il a joué dans des champs aussi différents que l'astronomie, l'histoire des grandes découvertes, la représentation de la perspective montre avec éclat qu'il sert constamment d'appui dans la construction du monde. Tantôt ligne, tantôt cercle, ouverture ou clôture, support du point de fuite ou lieu chimérique, marque du fini ou résonance de l'infini, limite enveloppante ou abîme vertigineux., les aspects apparemment contradictoires de l'horizon nous obligent à nous demander quelle est son unité. Dans les sciences comme dans les arts, c'est un instrument essentiel et paradoxal pour penser les rapports entre la terre et le ciel. Historienne de l'art et philosophe de formation, Céline Flécheux est maître de conférences en esthétique à l'université Paris Diderot-Paris 7. Ses recherches portent notamment sur la question de l'horizon. Elle collabore par ailleurs régulièrement à des publications dans le champ de l'art contemporain (Robert Smithson, Ed Ruscha, François Morellet, Emmanuel Saulnier, Nancy Rubins, Abraham Poincheval, etc).
Nombre de pages
167
Date de parution
22/01/2014
Poids
210g
Largeur
134mm
Plus d'informations
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EAN
9782252039144
Titre
L'horizon
Auteur
Flécheux Céline
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
134
Poids
210
Date de parution
20140122
Nombre de pages
167,00 €
Disponibilité
Epuisé
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On part en exil pour fuir la guerre, la famine, des conflits politiques ou familiaux ; on part en voyage pour découvrir le vaste monde, changer d'horizon. Mais pourquoi revient-on ? Qu'est-ce qui pousse Ulysse à abandonner Calypso et à retourner à Ithaque ? Pourquoi l'explorateur du bout du monde rentre-t-il chez lui ? Pourquoi le colonel Chabert est-il de retour, alors qu'il sait qu'il sera probablement méconnu et déjà remplacé ? Pourquoi quitter l'extraordinaire, l'aventure, le dépaysement ? Du désir de retour, les livres parlent peu. En français, d'ailleurs, il y a des mots pour désigner celui qui part (le voyageur, l'aventurier, l'exilé), non celui qui revient. Revenant ? Trop spectral. Rapatrié ? Celui-là n'a pas le choix du retour. Quant au "rescapé" , ses épreuves passées intéressent plus que l'épreuve de son retour. Pourquoi ce manque, qui est le signe d'un impensé fondamental ? C'est à cette question que Céline Flécheux tente d'apporter des réponses. En s'appuyant sur de nombreux exemples tirés de la culture commune, de Homère au Nietzsche de l'éternel retour en passant par la parabole du fils prodigue et ses réinterprétations picturales, elle montre que revenir chez soi, c'est d'abord faire l'épreuve d'un retour à la vie normale. Mais pourquoi retrouver l'existence quotidienne et consentir à la banalité ? Sans doute parce que revenir dans l'espace, c'est un peu revenir dans le temps...
L'horizon ne cesse de reculer au fur et à mesure que l'on avance vers lui. Comment atteindre ce qui s'enfuit et rendre proche ce qui ne surgit que dans le lointain ? Doit-on concevoir l'horizon comme facteur de concorde entre des éléments eux-mêmes discordants ou bien, au contraire, comme facteur de discorde à l'intérieur d'ensembles dont les éléments s'autonomisent ? Pour saisir le statut et la fonction de l'horizon, il importe d'articuler les méthodes et les résultats de disciplines aussi différentes que l'histoire de l'art, la critique d'art, l'étude du paysage et la phénoménologie. L'ouvrage privilégie l'étude des traités de perspective et des oeuvres de la Renaissance, pour montrer comment l'horizon assure d'abord la concordance des points de vue. Mais, dès le milieu du XIXe siècle et, plus précisément, à partir du manifeste que constitue " La Vague de Courbet " (1869, les artistes bientôt suivis des philosophes, remettent en cause cette fonction d'unification. Les peintres de la modernité pensent l'horizon comme principe de discorde et de dissension, autant sinon plus que de concorde. Ils montrent ainsi combien l'unité du " voir ensemble " est problématique et sans cesse à reconstituer.
Flécheux Céline ; Frangne Pierre-Henry ; Laroque D
Quelle est la nature polymorphe, rebelle à toute délimitation, et donc proprement étonnante, du sublime ? En quoi consiste sa véhémence, sa force dynamique et dangereuse ? Comment expliquer les paradoxes de la sidération ou du plaisir négatif que son sentiment, sa passion ou même sa crise, engendrent chez tous ceux qui en font, moins l'expérience que l'épreuve? Telles sont les trois principales questions que l'ouvrage entend poser dans l'inspiration des travaux de Baldine Saint Girons et de son livre Fiat Lux. Une philosophie du sublime (1993). Vingt-cinq chercheurs spécialistes reconnus de rhétorique, d'esthétique, de poétique, de philosophie, de peinture, de littérature, de musique, de psychanalyse, de sciences, de langues et cultures étrangères joignent ici leurs efforts afin de donner au lecteur - néophyte ou chercheur confirmé - les instruments les plus importants pour l'intelligence la plus vivante de la tradition du sublime. De l'Antiquité à l'époque actuelle, le lecteur est invité ici à saisir de façon organisée et claire les difficultés artistiques, philosophiques et existentielles de l'expérience de la grandeur.
Depuis la Renaissance, les artistes n’ont cessé de nous rendre sensibles aux nombreux paradoxes de l’horizon. Entre imaginaire et réalité, où se tient l’horizon, cette ligne de rencontre entre le ciel et la terre (ou entre le ciel et la mer), ce phénomène purement visuel et toujours mobile ? Comment figurer ce qui n’a aucune existence matérielle et qui pourtant nous permet de nous orienter dans l’espace ? Qu’il donne l’illusion de la profondeur en unifiant l’espace représenté, qu’il paraisse ouvrir la vue à l’infini, qu’il s’élève tel un barrage tranchant ou qu’il nous renseigne sur le rapport de l’homme à l’autre, l’horizon nous fournit les repères essentiels à notre expérience du monde.Depuis l’invention de la perspective à la Renaissance jusqu’aux œuvres contemporaines, les artistes explorent notre rapport à l’horizon à travers des supports de plus en plus diversifiés. À l’heure où le monde semble être mis à plat par les communications en réseau, où des milliardaires mettent en jeu des sommes faramineuses pour quitter l’orbite terrestre, cet ouvrage invite à reconsidérer la portée de l’horizon dans ses dimensions existentielle, matérielle et sensible.
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.