Ludwig Feuerbach (1804 - 1872) est l'un des principaux penseurs allemands du XIXème siècle. Critique tant de la théologie que de la philosophie spéculative, il est le fondateur d'une anthropologie philosophique dans laquelle puise notre réflexion contemporaine. Les Pensées sur la mort et l'immortalité sont la première oeuvre de Feuerbach. Publiées en 1830, aussitôt interdites, elles se situent sur le seuil de notre modernité à laquelle elles introduisent malgré elles. Ne s'adressant pas aux spécialistes mais à tout esprit cultivé, Feuerbach critique au nom de la raison (dans un langage parfois enthousiaste qui joint les arguments philosophiques, des poèmes et des épigrammes corrosifs) la croyance en une immortalité personnelle : en éliminant de l'esprit des hommes la préoccupation permanente de l'au-delà, il espère les rendre entièrement disponibles pour les tâches de l'ici-bas, les exhortant, hommes parmi les hommes, à découvrir l'immortalité en acceptant l'idée d'une mort véritable. Il s'agit ici de la première traduction intégrale et annotée de ce texte en français. Il intéressera non seulement les philosophes (cet écrit inaugurant les pensées dites de la finitude) et les théologiens dont il anticipe certains mouvements du XXème siècle (on pense notamment à la théologie critique comme critique de la théologie), mais encore tout esprit curieux de savoir ce qu'est l'homme. "Ce que dit Karl Barth, percevant le refus du refus chez Feuerbach, où si l'on préfère la négation de la négation par où s'élimante toute spéculation, est essentiel : Feuerbach est infiniment dangereux pour toute théologie, non seulement parce qu'il a comme d'autres dénoncé les dogmes, mais surtout parce qu'il est parvenu à mettre de son côté toute la richesse de l'existence sensible, en sa vérité, il faut l'admettre, irrécusable. "Les pages que le lecteur va lire contiennent l'essentiel de la pensée de Feuerbach, son intuition première, jamais abandonnée, jamais dépassée."
Date de parution
07/10/1991
Poids
394g
Largeur
145mm
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EAN
9782204043267
Titre
Pensées sur la mort et l'immortalité
Auteur
Feuerbach Ludwig
Editeur
CERF
Largeur
145
Poids
394
Date de parution
19911007
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Feuerbach Ludwig ; Bruyeron Roger ; Pin Anne-Marie
L'éthique, selon Feuerbach, est une mise en pratique du principe selon lequel tout être vivant recherche les meilleures conditions de son maintien dans la vie et de sa reproduction. Nommons ce principe instinct du bonheur : il s'accomplit dans l'amour de soi et l'être humain, vivant parmi d'autres, se construit en se conservant au mieux dans la conduite alimentaire (texte de 1851 repris ici, Le Mystère du sacrifice, ou l'homme est ce qu'il mange). Mais parce qu'il est doté d'une conscience, donc d'un pouvoir de séparation, cet instinct se dépasse dans l'amour du prochain (texte de 1869, traduit ici pour la première fois en français) ; non pas l'amour que prône la religion qui sépare l'homme de lui-même en le séparant de son corps, de son pouvoir réel, mais l'amour naturel qui s'accomplit dans le rapport sexuel. Pour la première fois sans doute dans la pensée philosophique le rapport sexuel est compris comme fondamentalement éthique, et plus, comme le véritable fondement de la morale. Reconnaissance immédiate dans le plaisir partagé, le rapport sexuel est, pour l'être humain qui est conscience de son être séparé, la forme et le moment du dépassement naturel de l'égoïsme, allant ainsi bien au-delà de la dangereuse pitié de Schopenhauer. Naturel, non historique, par exemple dans l'action collective ou révolutionnaire, comme le remarquera Marx dans ses fameuses Thèses, à propos d'autres textes de Feuerbach. Donc chimérique peut-être, comme toute référence à un prétendu " ordre naturel ". Il n'empêche : en posant à sa manière la question du genre, Feuerbach a su trouver les mots justes pour rendre raison de l'heureuse différence des sexes et de l'impossibilité pour aucun d'eux de réduire l'autre à soi.
D'abord disciple enthousiaste de Hegel, Ludwig Feuerbach (1804-1872) pousse sa fidélité au programme de l'idéalisme allemand jusqu'à le dépasser. Dans une série de textes incisifs des années 1840, dont les Thèses provisoires en vue d'une réforme de la philosophie, il formule sa "philosophie de l'avenir" qui, pour surmonter le dualisme ascétique, se propose de réconcilier le c?ur et la tête, la chair et l'esprit, l'essence et l'existence. Avant Nietzsche, l'auteur de L'Essence du christianisme s'emploie à démasquer les forces d'aliénation à l'?uvre dans toute philosophie de l'Absolu.
La Bible de Jérusalem est le fruit de la traduction collective des textes hébreux et grecs par l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem qui lui a donné son nom. La première version est parue en 1956. La version actuellement imprimée date de 2000. La qualité des introductions, des traductions et des notes reflète le meilleur de la recherche exégétique contemporaine. La mise en pages réjouit l'oeil tout en facilitant l'intelligence du texte - l'usage de strophes signalant par exemple les passages poétiques. Cette disposition est devenue un modèle pour toutes les bibles modernes ultérieures. Des références dans les marges renvoient à d'autres passages. La Bible de Jérusalem est actuellement la traduction biblique la plus répandue en France, et fait figure de classique. La fidélité aux textes originaux en fait une bible d'étude. La qualité littéraire de sa traduction, la grande attention portée à son vocabulaire et à son style en font une bible pour la lecture, adaptée à tous les publics. Les livres présentés sont ceux du canon catholique.
Depuis la vague d'attentats de janvier 2015 jusque dans des tragédies plus récentes, une incompréhension mine notre société : comment des jeunes, français ou installés en France de longue date, peuvent-ils adopter des positions haineuses à l'égard de ceux qu'ils décrivent comme leurs ennemis ? Comment des campagnes de harcèlement peuvent-elles se développer sur les réseaux sociaux pour dénoncer les contenus de certains cours ? Les questions sont complexes, et n'appellent pas des réponses simplistes. Cet ouvrage - élaboré dans une perspective interdisciplinaire (droit, philosophie, psychologie, sciences de l'éducation, sociologie, théologie) - aborde concrètement les difficultés et les actions possibles, associant chercheurs et acteurs du terrain éducatif. Le monde éducatif est, en effet, confronté à la problématique du décalage entre discours se voulant scientifiques et dogmes religieux, menant dans certains cas au dysfonctionnement de l'institution scolaire (avec notamment le refus de participer à certains cours). La réflexion et l'action sur ce thème supposent donc de ne pas prendre de position surplombante, mais de pallier la méconnaissance du phénomène religieux chez une partie de ceux qui se confrontent à ses manifestations contemporaines, et de prendre la mesure des failles psychiques, intellectuelles, voire spirituelles de nos dispositifs collectifs d'éducation et de transmission du savoir. Les expressions religieuses contemporaines les plus extrêmes seraient alors à penser dans ce cadre du déficit des valeurs symboliques partagées qui feraient lien...