Depuis le centième anniversaire de sa naissance, Frantz Fanon continue d'être largement discuté dans le monde universitaire. Son oeuvre constitue désormais une référence incontournable dans les études postcoloniales, africaines, afro-américaines ainsi que dans les théories critiques de la race, tant aux Etats-Unis qu'en Europe. Longtemps marginalisé en France, il connaît depuis les années 2000 un regain d'intérêt, comme en témoigne la multiplication des numéros thématiques qui lui sont consacrés. Parce qu'elle reflète la diversité des lieux et des engagements qui ont marqué son parcours, la pensée de Fanon doit être abordée de manière transversale. De son passage en France et de son expérience du racisme hexagonal à son travail à l'hôpital de Blida-Joinville, où il analyse les effets psychologiques de la colonisation avant de prendre fait et cause pour l'indépendance algérienne, jusqu'à son rôle de figure centrale des luttes d'émancipation africaines, une constante se dégage avec force : celle du colonialisme. Au-delà d'un simple commentaire des écrits de Fanon, ce numéro vise à mettre en lumière la pertinence contemporaine de sa réflexion sur le phénomène colonial. Cette problématique permet en effet de souligner l'actualité des engagements algérien et africain de Fanon, ainsi que son souci plus général du devenir des damnés de la terre. Elle offre une ligne directrice précieuse pour appréhender l'ensemble de son oeuvre et constitue une clé conceptuelle essentielle pour mobiliser son analyse face aux enjeux du présent. Sommaire : Sonya Ben Yahmed : " Tunisie : boxe, violence, " appareils d'Etat " et libération. Lecture fanonienne " Oscar A. Berg et Simon Dabin : " Peau rouge, masques rouges. Dialogue fanonien et pensées décoloniales autochtones au Canada " Mohamed Amine Brahimi : " Sécularité, Etat et colonialisme. Analyse des interprétations fanoniennes de l'islam " Pascal Devette : " Du regard blanc à la décréation. Penser la décolonisation des privilégiés avec Frantz Fanon et Simone Weil " Ulrich Metende : " (Re)lire Fanon pour désinvestir le corps de la couleur. Une perspective décoloniale " Dimitri M'bama : " D'une mystique néocoloniale à une pratique de combat. Repenser la Négritude avec Frantz Fanon " Lawrence Olivier et Mariam Msadek : " Fanon. La question des femmes dans la théorie révolutionnaire " Lissell Quiroz : " Fanon et la pensée décoloniale d'Amérique latine/Abya Yala " Beata Stawarska : " Fanon and the realization of femininity. Towards a sociogeny of gender, race, and sexuality " Thibault Tranchant : " La différence coloniale. Homi Bhabha, lecteur de Frantz Fanon " Marc Maesschalck : " Pour une contre-psychiatrie de l'interculturalité. Fanon devant le défi de la clinique coloniale " Zahi Zalloua : " Frantz Fanon et la question palestinienne. Le visage du colonialisme "
Nombre de pages
200
Date de parution
19/11/2026
Poids
300g
Largeur
145mm
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EAN
9782380722130
Auteur
Fanon Frantz
Editeur
KIME
Largeur
145
Date de parution
20261119
Nombre de pages
200,00 €
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La décolonisation faite, cet essai de compréhension du rapport Noir-Blanc a gardé toute sa valeur prophétique : car le racisme, malgré les horreurs dont il a affligé le monde, reste un problème d'avenir. Il est ici abordé et combattu de front, avec toutes les ressources des sciences de l'homme et avec la passion de celui qui allait devenir un maître à penser pour beaucoup d'intellectuels du tiers monde.
Parce qu'il s'agit à la fois d'un témoignage et d'une réflexion de fond, cet ouvrage constitue un document d'une valeur exceptionnelle sur la guerre d'Algérie et la nation nouvelle qui allait naître. Frantz Fanon était de ces militants qui, bien qu'ils ne soient pas algériens de naissance, ont épousé la cause du FLN jusqu'à changer de nationalité. Ce psychiatre mort à l'âge de 36 ans publia en 1959 aux éditions Maspéro ce texte dense dont l'enthousiasme pour la lutte menée par le peuple algérien au nom de la liberté n'émousse pas la finesse d'analyse. Pour la première fois en effet, les bouleversements engendrés par cette lutte au c'ur même de la société algérienne étaient mis en lumière, en même temps que l'espoir de voir émerger un type nouveau de relations sociales dès l'indépendance acquise. Provoquant l'apparition de conduites radicalement différentes, comme un changement d'attitude à l'égard des femmes ? devenues convoyeuses d'armes ou porteuses de messages ? ou une méfiance croissante à l'égard des médias ou de la médecine du colonisateur, la lutte pour l'indépendance a vu tout un peuple rentrer en possession non seulement de son destin, mais de ses m'urs, de sa culture, bref, de lui-même. --Thomas Ferrier
Les textes politiques de Frantz Fanon réunis dans ce volume couvrent la période la plus active de sa vie, de la publication de Peau noire, masques blancs en 1952 - il avait alors vingt-huit ans - à celle des Damnés de la terre en 1961, qui devait coïncider, à quelques jours près, avec la date de sa mort. Retraçant le fil d'une réflexion en constante évolution sur le phénomène colonial, vécu de l'intérieur, ces textes dénoncent à la fois le colonialisme et les pièges de la décolonisation - la " grande erreur blanche " et le " grand mirage noir ". Explorant tour à tour la situation du colonisé, dont il peut rendre compte scientifiquement par son expérience médicale quotidienne, l'attitude des intellectuels de gauche face à la guerre d'Algérie, les perspectives de conjonction de la lutte de tous les colonisés et les conditions d'une alliance de l'ensemble du continent africain, Frantz Fanon gardait la certitude de la prochaine libération totale de l'Afrique. Son analyse et la clarté de sa vision nous donnent aujourd'hui les clés nécessaires pour comprendre la réalité africaine actuelle.
Les textes politiques de Frantz Fanon publiés dans ce volume couvrent la période la plus active de sa vie, de la publication de Peau noire, masques blancs en 1952 - il avait alors vingt-huit ans - à celle des Damnés de la terre en 1961 qui devait coïncider, à quelques jours près, avec la date de sa mort. Retraçant le fil d'une réflexion en constante évolution sur le phénomène colonial, vécu de l'intérieur, ces textes dénoncent à la fois le colonialisme et les pièges de la décolonisation, - la " grande erreur blanche " et le " grand mirage noir ". Explorant tour à tour la situation du colonisé, dont il peut rendre compte scientifiquement par son expérience médicale quotidienne, l'attitude des intellectuels de gauche face à la guerre d'Algérie, les perspectives de conjonction de la lutte de tous les colonisés et les conditions d'une alliance de l'ensemble du continent africain, Frantz Fanon gardait la certitude de la prochaine libération totale de l'Afrique. Son analyse et la clarté de sa vision nous donnent aujourd'hui les clés nécessaires pour comprendre la réalité africaine actuelle.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Le numéro du Bulletin de la SHESVIE 28-2 sera consacré à un dossier spécial sur "Les classifications zoologiques d'Aristote à Linné. Approches historiques et lexicologiques" . Les éditeurs scientifiques en sont Meyssa Ben Saâd, Simon Thuault, Yoan Boudes et Axelle Brémont. Il sera découpé en cinq passionnants articles dont le premier explorera "La classification zoologique dans la civilisation arabe classique : approche lexicologique et épistémologique" (Philippe Provençal), puis les lecteurs pourront appréhender la richesse du " lexique de l'échelle des êtres dans le Traité des animaux d'Aristote et le De animalibus d'Albert le Grand" (Grégory Cless) avant de se pencher sur l'histoire du "Genre, maître mot du classement" (Philippe Lherminier) ainsi que sur "Les traités d'Ichtyologie vers 1555- La naissance de la "peinture scientifique" " (Katharina Kolb). Enfin, un groupe de jeunes chercheurs nous proposera une "Etude du lexique et des catégories zoologiques en vietnamien" (Phuong Duyen Nguyen, Arnaud Zucker, Danh Thành Do-Hurinville).
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.