Derrière ce nom, encore inconnu en France, et cette vie brève, à la charnière de l'Empire ottoman et de la jeune République turque, se cache un rôdeur affamé d'humanité dans les bas quartiers cosmopolites d'Istanbul. « Écrivain des troisièmes classes », Sait Faik est sans doute, avec son art abrupt de la nouvelle, le plus grand auteur de la modernité turque. Un art qui obéit à une urgence vitale : dans l'attente d'un bateau, entre terre et mer, libre, il a des fulgurances pour atteindre chez l'être humain la peur de l'amour et de la mort, la solitude, le passager... Témoin cette Histoire pour deux.Les éditions Bleu autour inaugurent leur projet, dirigé par Rosie Pinhas-Delpuech, d'éditer en français l'oeuvre de nouvelliste de l'écrivain turc Sait Faik Abas¾yan¾k avec la publication simultanée d'un recueil, Un homme inutile (1948), traduit par Alain Mascarou, et de cette nouvelle « Une histoire pour deux », extraite du recueil Un serpent à Alemdag (1954) à paraître en septembre 2007 (traduction du turc de Rosie Pinhas-Delpuech et préface de Nedim Gürsel).Sait Faik Abas¾yan¾k est né en 1906 à Adapazar¾, dans l'actuelle Turquie occidentale. Il publie ses premiers poèmes en 1925, alors qu'il est lycéen à Bursa, et sa première nouvelle en 1929, alors qu'il étudie à la Faculté des Lettres d'Istanbul. Il séjourne ensuite brièvement à Lausanne, puis plus longuement à Grenoble, où il suit des cours d'économie. Définitivement de retour à Istanbul en 1934, il fait de l'écriture son gagne-pain après la mort de son père, en 1939. Il a publié un recueil de poèmes, deux romans et, surtout, des nouvelles, d'abord parus dans des journaux et revues, puis recueillis en une dizaine de volumes. Elles lui vaudront une reconnaissance nationale, voire internationale. Le cinéma turc l'adapte, l'Académie Mark Twain (États-Unis) l'accueille. Il meurt à Istanbul en 1954.
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Nombre de pages
18
Date de parution
22/03/2007
Poids
25g
Largeur
110mm
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EAN
9782912019646
Titre
Une histoire pour deux
Auteur
Faik Abasiyanik Sait ; Pinhas-Delpuech Rosie
Editeur
BLEU AUTOUR
Largeur
110
Poids
25
Date de parution
20070322
Nombre de pages
18,00 €
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C'est en lisant ce recueil, paru en Turquie en 1950, qu'on réalise que non, tout compte fait, ce quidam "intranquille" - selon le mot fameux de Pessoa, cité par l'éditrice Elif Deniz dans la postface -, ce flâneur indocile, qui va et vient sans cesse, n'a rien d'une figure récente ou prémonitoire. Ce besoin de bouger, de passer les frontières, est une vieille histoire; aussi vieille, certainement, que celle de la littérature turque, dont Sait Faik Abasiyanik fut, "authentiquement, le premier moderne en soi", comme l'assure l'écrivain Enis Batur dans la préface au recueil. Les nouvelles du Café du coin, à des années-lumière du récit à intrigue, ressemblent à des esquisses, à des tableaux inachevés: on y croise une pauvre grand-mère qui vend des lapins en pleine rue dans l'espoir de s'acheter un billet de bateau pour Izmir; un marchand de marrons malchanceux; des pêcheurs d'écrevisses ou de sinagrit ("dentu" en français), un jardinier borgne... Souvent, il ne se passe rien. Il n'y a pas de message. Sait Faik Abasiyanik écrit comme s'il portait, au front, une caméra qu'il aurait oublié d'éteindre. S'attachant, ajoute Enis Batur, à "épurer" ses textes "de tout enjolivement", Sait Faik Abasiyanik, par sa sobriété et son sens de l'absurde, a bouleversé la prose, jetant aux orties la rhétorique et le "réalisme social" cher au grand écrivain Nazim Hikmet (1902-1963). (Catherine Simon - Le Monde du 27 juin 2013)
Le Samovar, qui paraît en 1936, est le premier des dix recueils de nouvelles publiés de son vivant par Sait Faik. Il est alors de retour dans sa ville mère, Istanbul, après un long séjour à Grenoble où il campe aussi certaines de ses "histoires simples". Ce fantôme chaleureux mais sauvage, qui marqua comme personne les générations d'écrivains qui l'ont suivi, s'y révèle le premier moderne en soi de la littérature turque, écrit Enis Batur dans sa préface. Avant Sait Faik, la rhétorique dominait la prose. Lui a des phrases courtes, tendues, parfois effilées comme un dard de raie, électriques, chargées d'un imbroglio de sentiments gouvernés chez lui par une fêlure qui le rend unique. À la manière d'un Chagall, et avant que sa quête du minimalisme ne l'entraîne vers une certaine abstraction, en particulier dans Un serpent à Alemdag, publié l'année de sa mort, il compose des tableaux foisonnant de gens ordinaires, modestes, souvent marginaux, dont rarement dans la littérature mondiale un écrivain a su croquer le quotidien avec tant de finesse.
Cet ouvrage porte un regard nouveau sur un aspect important des cultures africaines: les symbolismes. Il comprend trois parties. La première est consacrée aux notions essentielles qui fondent la pensée africaine: conception de l'univers, rapport entre l'homme et l'univers, notions de vie et de mort. La deuxième partie s'interroge sur le concept "d'art" à partir des champs constitués par les mots qui désignent les objets d'art luba. Y est exposée la théorie des quatre critères, qui atteste de l'existence d'une grammaire des symboles graphiques africains et fournit des critères permettant d'y accéder. La troisième partie propose quelques analyses d'objets-symboles dans leurs contextes naturels, d'où émergent d'originales suggestions d'ordre méthodologique. Elle est suivie d'un répertoire de signes avec leur signification.
Zia Bey Koubanine / Ancien contrôleur financier de l'Empire ottoman / 1872-19243". Intrigué par cette épitaphe gravée sur une tombe du cimetière de Fribourg, l'historien Patrick Minder est parti à la recherche de ce Zia Bey (Ziya, en turc), né sur les bords de la Volga et difficile à suivre... Il relate ici cette filature au long cours qui tiendrait du roman policier si elle ne procédait pas de la méthode historique. Jalonnée d'indices enfouis dans maintes archives, elle le mène d'Istanbul à la Suisse, via la Grande-Bretagne et la France. Et il découvre que cet obscur fonctionnaire ottoman, de mèche avec un riche Arménien traître aux siens, est devenu un espion à la solde de l'Allemagne à l'époque de la Grande Guerre. Un récit haletant. Et la recherche historique en action.
Ce livre n'est pas comme les autres. Son auteur non plus, d'une exubérance folle face à son clavier, ici plus que jamais. Ecrire lui est une fête baroque : courbes en tout genre, surtout féminin ; facétieuses et érudites notes de bas de page ; citations à gogo, littéraires, cinématographiques, publicitaires : "Seigneur, prie saint Augustin, donne-moi la chasteté et la continence, mais ne le fais pas tout de suite. " Alain Ferry : "La mort a trop sale gueule. Donc, s'en détourner. Et entrer dans la danse des mots qui, Jabès l'a dit, sont de la mort sans en avoir l'R." Tout part de la rue Desaix ("de Sexe") à Bône, en Algérie, où il s'est épris du français. Dans cette langue amie du grave, de l'hilare et même des perles qui affriandent les cochons, il dit mille et une choses de la vie, et c'est un plaisir sans fin.
Après Pierre Loti dessinateur (2009), voici Pierre Loti photographe. Une autre facette de cet artiste aux multiples talents. Un nouveau carnet de voyages, inspiré et largement inédit. Des voyages en Orient au fil desquels Loti, marin, promeneur, a composé, de 1894 à 1907, une ?uvre d?un millier de clichés, dont plus de la moitié, les meilleurs, figurent ici.Chronologiquement?: la Terre sainte?; l?Inde et la Perse, d?où il rapporte deux saisissantes séries?; la Chine, la Corée et l?Indochine?; puis, avant l?Égypte, son cher Istanbul, dont il donne un foisonnement d?images, parmi les plus vivantes?; sans oublier des portraits de marins et de proches qu?il capte chez lui, à Rochefort et au Pays basque.Des bords du Gange aux rives du Bosphore ou de la Bidassoa, de Jérusalem à Ispahan, le reporter Pierre Loti cède souvent le pas au romantique. Pénétré de l?évanescence des choses, il se hâte de les fixer de son regard d?artiste et d?enfant saisi par la magie de la photographie. Et il révèle du monde une vision pleine d?humanité, émerveillée.4e de couverture : Après Pierre Loti dessinateur (2009), voici Pierre Loti photographe. Une autre facette de cet artiste aux multiples talents. Un nouveau carnet de voyages, inspiré et largement inédit. Des voyages en Orient au fil desquels Loti, marin, promeneur, a composé, de 1894 à 1907, une ?uvre d?un millier de clichés, dont plus de la moitié, les meilleurs, figurent ici.Chronologiquement?: la Terre sainte?; l?Inde et la Perse, d?où il rapporte deux saisissantes séries?; la Chine, la Corée et l?Indochine?; puis, avant l?Égypte, son cher Istanbul, dont il donne un foisonnement d?images, parmi les plus vivantes?; sans oublier des portraits de marins et de proches qu?il capte chez lui, à Rochefort et au Pays basque.Des bords du Gange aux rives du Bosphore ou de la Bidassoa, de Jérusalem à Ispahan, le reporter Pierre Loti cède souvent le pas au romantique. Pénétré de l?évanescence des choses, il se hâte de les fixer de son regard d?artiste et d?enfant saisi par la magie de la photographie. Et il révèle du monde une vision pleine d?humanité, émerveillée.
Camus Albert ; Bénisti Jean-pierre ; Mathieu-Job M
Voici une cinquantaine de lettres d'Albert Camus à des proches d'Alger rencontrés quand il avait vingt ans : le sculpteur et peintre Louis Bénisti (1903-1995), son frère Lucien et leurs épouses respectives. Aux lettres et fac-similés sont associées, comme autant de traces d'un univers sensible et partagé, des reproductions d'oeuvres de Louis Bénisti, de photographies et d'autres documents. A la faveur de ce dialogue amical, intellectuel et artistique, Camus exprime son idée et sa pédagogie de la philosophie ou ses exigences et scrupules d'éditeur. Surtout, il se livre en toute confiance et simplicité. Confronté à la maladie et aux difficultés de sa vie affective, il aborde la carrière littéraire à la fois inquiet et empli d'espoir, jusqu'à l'arrivée du tourbillon de la célébrité. Exceptionnelle par la précocité et la longévité des amitiés qui la fondent, cette correspondance inédite affine notre vision de l'écrivain. Elle éclaire aussi l'effervescence créatrice d'une jeune génération dans l'Algérie des années 1930.