Dans son bureau vous attend un homme aux allures de haut fonctionnaire, et c'est à peine si vous prêtez d'abord attention à certains détails de sa tenue, à ses propos incohérents de temps à autre... On dirait que sous le visage de l'homme public transparaissent parfois en filigrane les traits brisés de son double... Et puis à mesure qu'avance "l'entrevue", vous voici saisi par l'idée que ce qui vous est dévoilé n'est pas une forme du désordre de la mémoire, mais plutôt un signe des temps. L'Oubli est-il vraiment l'une des catégories de la modernité ? Nous savions que le temps perdu ne se retrouve pas, si ce n'est à l'occasion de la transmutation de nature alchimique parfois imposée par l'Art à la vie. Mais sommes-nous par hasard les enfants d'un autre temps ? Kjell Espmark, de l'Académie suédoise, nous donne avec L'oubli son premier roman.
Nombre de pages
144
Date de parution
19/09/1990
Poids
200g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070716906
Titre
L'Oubli
Auteur
Espmark Kjell
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
200
Date de parution
19900919
Nombre de pages
144,00 €
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Homme de lettres né en 1930, poète avec onze recueils de poésie, Kjell Espmark est membre de l'Académie suédoise depuis 1981. Ce romancier à vocation sociologique n'a de cesse de donner un reflet de notre société décadente. Les trilogies Tard en Suède et Signes pour l'Europe montrent comment l'individu est constamment bafoué par la machine sociale et le progrès impitoyable de l'histoire. Plus récemment, Le Temps de l'oubli, où sept destins suédois du dernier quart du XXe siècle sont dépeints avec beaucoup de réalisme et de virtuosité, a connu un accueil très enthousiaste tant par le public que par les attiques.
Revue de presse Né à Stockholm en 1931, psychologue de formation, Tomas Tranströmer vit en Suède, à Stockholm. Considéré dans les années 50 comme l'un des poètes marquants du siècle, il s'est vu décerner de très nombreux prix internationaux.
Une étrange voix venue d'outre-tombe revient hanter d'une présence immatérielle le théâtre d'ombres d'un marché suédois. Au coeur de son monologue posthume, le narrateur, double du Premier ministre assassiné Olof Palme, s'interroge sur la haine tapie au coeur de l'être. A commencer par sa propre haine à l'égard de la bourgeoisie dont il est issu et que cristallisèrent ses talents d'orateur et son orientation politique. Dès lors, le marché devient peu à peu symbole du capitalisme triomphant, du règne de la dégénérescence moderne qui produit ce puissant dissolvant qu'est l'oubli, mal par excellence des sociétés contemporaines. L'oubli qui nourrit paradoxalement son contraire: la haine mémorielle.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.