Le cri des Africains. Regards sur la rhétorique abolitionniste
Erman Michel ; Pétré-Grenouilleau Olivier
MANUCIUS
16,20 €
Epuisé
EAN :9782845780835
À partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, des hommes et des femmes ont commencé à militer en faveur, non pas seulement d'une réforme ou d'une amélioration du système esclavagiste, mais de sa suppression totale et définitive. Le mouvement abolitionniste qui s'est alors peu à peu constitué, en Europe et aux Amériques, constitue ainsi le premier exemple de combat international en faveur de ce que nous appelons aujourd'hui les droits de l'Homme. Une telle transformation a évidemment suscité nombre d'interrogations et d'études. Mais celles-ci ont longtemps été principalement consacrées à la recherche de la cause ou du facteur essentiel susceptible de l'expliquer, en plaquant souvent sur le passé des grilles de lecture suscitées par les querelles du présent. Aussi paradoxal que cela puisse paraître on s'est donc très peu attelé à l'étude des textes écrits par les abolitionnistes eux-mêmes, sauf au détour de quelques citations, souvent extraites de leur contexte. Aussi un retour aux sources s'avère-t-il indispensable. Non pas pour essayer d'expliquer un mouvement si vaste, durable et complexe par un facteur particulier, mais afin de comprendre comment les abolitionnistes percevaient le monde et quels sens ils donnaient à leurs actions. D'où la réédition de deux de ces textes, présentés conjointement par un historien et un linguiste. Écrits, l'un par un protestant anglais, l'autre par un catholique français, ils renvoient à des contextes différents : la lutte pour abolir définitivement la traite atlantique dans le cas du premier, la volonté de lancer une croisade destinée à l'éradication de la traite et de l'esclavage en Afrique dans le cas du second. Parce que leurs auteurs ont avant tout pour objectif de convaincre leurs contemporains, afin de les mobiliser, et aussi parce que ces deux textes suivent une même démarche apologétique empreinte du sentiment du péché et de la nécessité d'une rédemption, on a cependant affaire à une rhétorique souvent comparable. Ce faisant on voit combien nombre de nos représentations communes et de clichés relatifs à la traite et à l'esclavage sont nés à cette époque, celle du combat abolitionniste. On perçoit aussi mieux l'ambiguïté d'un discours qui permit finalement de vaincre les bastilles négrières et esclavagistes, mais au prix d'un manichéisme et de la mise en avant d'une culture de la compassion réfractaire à toute analyse, à toute réflexion, et à toute véritable histoire.
Nombre de pages
154
Date de parution
20/04/2009
Poids
246g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782845780835
Titre
Le cri des Africains. Regards sur la rhétorique abolitionniste
Auteur
Erman Michel ; Pétré-Grenouilleau Olivier
Editeur
MANUCIUS
Largeur
151
Poids
246
Date de parution
20090420
Nombre de pages
154,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Professeur à l'Université de Bourgogne, Michel Erman est spécialiste de l??uvre de Marcel Proust. Il a déjà signé une bibliographie de Proust (rééditée aux éditions de La Table ronde, 2013), un Bottin proustien et un Bottin des lieux proustiens (La Table ronde, 2010 et 2011). Philosophe, il est également l'auteur, aux Puf, de deux essais: l'un sur La cruauté, publié en 2009, l'autre intitulé Eloge de la vengeance, paru en 2012.
Résumé : L'oeuvre de Marcel Proust est un monument de papier qui effraie certains lecteurs, en fascine d'autres et occupe quoi qu'il en soit une place à part dans l'histoire de la littérature. Voici 100 mots pour (re)découvrir aussi bien l'oeuvre que l'homme. Au cours de cette promenade dans l'univers proustien, des plages de Cabourg à Venise en passant par les Champs- Elysées, nous croisons des personnages, des passions, une histoire éditoriale, un boeuf mode, des catleyas, une vision littéraire, un jeu et des enjeux sociaux, des peintures, une phrase unique, des mensonges... Nous traversons une existence et découvrons une vocation. Au fil des thèmes et des termes, Michel Erman nous donne à voir un Proust à l'oeuvre, qui contemple le spectacle passé du monde et nous rappelle que le temps perdu ne se retrouve que par les mots.
À lorigine, cruor désigne le sang répandu et, par métonymie, la chair sanglante. Les Romains lui opposaient le terme de sanguis, qui désigne de son côté du sang circulant dans le corps mais aussi la force vitale. Au sens premier, lacte de cruauté est donc une forme particulière de violence qui consiste à déchirer les corps; mais chez les cyniques grecs comme chez Nietzsche ou Artaud, la cruauté est avant tout lautre nom de la lucidité. La contradiction entre morale et désir, qui fait toute lambivalence humaine, mène donc cruor et sanguis dans un jeu dialectique À partir dune réflexion philosophique étayée sur de nombreuses situations concrètes (camps de concentration, exécutions capitales, terrorisme, mais aussi arts contemporains ou sadomasochisme) où lhomme est capable de balayer toute inquiétude morale, cet essai tend à montrer quil ny a pas de bien et de mal en soi, mais des situations dans lesquelles lindividu éprouve la liberté de commettre ou non des actes effroyables aux dépens dautrui.
À l'exception notable d'Aristote et de Nietzsche, la vengeance a peu inspiré les philosophes qui l'ont souvent condamnée comme une passion irrationnelle. En revanche, elle a fasciné dramaturges, romanciers et cinéastes tant elle permet de raconter des histoires marquées par une ambivalence tragique où l'homme est à la fois victime et coupable. C'est pourquoi, pour tenter de décrire et de comprendre le désir vindicatif, cet essai s'inspire des grands récits, des romans et des films tout autant que de l'esprit du talion et de l'histoire de l'institution de la justice. En examinant les configurations de l'offense et du pardon, il apparaît que se venger et pardonner peuvent relever de la même volonté de puissance. Cela amène à remettre en cause le pardon chrétien et à réhabiliter le désir de vengeance comme relevant de l'estime de soi, désir de maîtrise pour l'homme offensé soudain confronté à sa condition d'être mortel.
Paris est la proie d'un immense chantage. Trois malfaiteurs fondent une redoutable association qui va faire trembler la capitale jusqu'aux moindres de ses tréfonds. Dans l'ombre, le placeur de domestiques Mascarot, le médecin homéopathe Hortebize et l'avocat Catenac recueillent méthodiquement les honteux petits secrets de la population parisienne. Au bout de vingt-cinq années d'efforts opiniâtres, ils disposent d'une mine de renseignements suffisamment fournie pour mettre enfin à exécution leur plan machiavélique. Autour de ces passions humaines si banales que sont l'amour, l'ambition et l'argent, les très nombreux personnages de l'intrigue tourbillonnent sans se rendre compte du piège tendu qui se referme inexorablement. Paris ne deviendra-t-il qu'un gigantesque marché aux esclaves ? Qui sera en mesure d'assembler toutes les pièces du puzzle afin de déjouer la formidable machination ? Monsieur Lecoq peut-être ?...
Géographe d'envergure proprement planétaire, familier des phénomènes de glaciations et des immenses espaces sibériens, Pierre Kropotkine (1842-1921) mériterait d'être qualifié, souverainement, de "Prince de l'anarchie". Prince, il l'est de fait, par son appartenance à l'aristocratie russe, au point de faire partie de la cour des Pages du Tsar, et Anarchie, par sa décision, unique dans l'histoire, d'abandonner ses terres, son rang d'officier des Cosaques, et de s'engager comme militant à part entière de l'action et de la pensée anarchistes, dont il rédige des textes devenus des références incontournables - sur l'éthique, comme souci majeur de l'homme, la solidarité comme principe de l'évolution, l'esprit de révolte comme structure inhérente de l'âme humaine (L'Homme révolté, comme dira Camus). L'Esprit de Révolte, courte analyse d'une clarté exemplaire, vaut aussi par sa manière originale d'aborder l'histoire, en focalisant l'intérêt sur sa face d'ombre, sur l'action, singulière, matricielle, de ces "sentinelles perdues", "individus héroïques" et presque toujours anonymes, qui mirent, littéralement parlant, le feu aux poudres, et symboliquement parlant, suscitèrent l'éveil à la lutte et l'entrée volontaire dans l'organisation économique, politique, sociale et culturelle des masses exploitées, manipulées, hallucinées, dupées. Ne l'entendez-vous pas, aujourd'hui, hurler, à travers la planète entière - l'esprit de la révolte?
A l'heure du dérèglement climatique et de l'épuisement programmé des ressources naturelles, des mesures sont prises pour sauver la planète. Elles s'inscrivent dans la perspective d'un "développement durable". Mais, si urgentes et légitimes soient-elles, sont-elles a la hauteur de la catastrophe ? Autrement dit : l'écologie, interrogée ici, échappe-t-elle au règne de la technique, dont elle tente bien de minimiser les dégâts mais se garde d'interroger les présupposés, qu'à son insu elle partage ? Les forêts se réduisent-elles à des espaces verts, la nature à un simple environnement ? Cet ouvrage se propose de rouvrir ces questions en faisant droit au questionnement philosophique quant à la relation entre l'homme et la nature ? à la lumière notamment des analyses de Marx et de Heidegger.
Géographe d'envergure proprement planétaire, familier des phénomènes de glaciations et des immenses espaces sibériens, Pierre Kropotkine (1842-1921) mériterait d'être qualifié, souverainement, de «Prince de l'anarchie». Prince, il l'est de fait, par son appartenance à l'aristocratie russe, et Anarchie, par sa décision, unique dans l'histoire, d'abandonner ses terres, son rang d'officier des Cosaques, et de s'engager comme militant à part entière de l'action et de la pensée anarchistes, dont il rédige des textes devenus des références incontestables. En 1883, Kropotkine est condamné en France à cinq ans de prison pour activisme politique. Durant sa captivité, son grand ami Élisée Reclus réunit ses éditoriaux parus dans le journal le Révolté et les édite en 1885 sous le titre Paroles d'un révolté.L'ouvrage réunit ici les chapitres II, III et IV, soient: La décomposition des Etats, La nécessité de la Révolution et La prochaine Révolution. Saisissants par leur actualité, les questions qui y sont soulevées rapellent étrangement les crises contemporaines, ainsi est pointé du doigt l'état emprunteur, mauvais gestionnaire, obèse ou encore inefficient: «Les sommes immenses et toujours croissantes que les États prélèvent sur les peuples ne leur suffisent jamais. L'État existe toujours aux dépens des générations futures?; il s'endette et partout il marche vers la ruine».Ecrit il y a quelque cent quarante ans, ce brûlot à vocation révolutionnaire donne matière à réflexion sur la stabilité étonnante du Système dans ses pratiques ! République socialiste universelle. Anarchies, postface de Roger Dadoun, philosophe, psychanalyste, poète, professeur émérite de Littérature comparée à l'Université Paris VII Denis-Diderot.