Les nobles et la ville dans l'espace francophone (XIIe-XVIe siècles)
Dutour Thierry
SUP
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EAN :9782840506782
Depuis le XVIIe siècle, on a considéré comme évidente une indépassable distinction entre nobles et bourgeois. Depuis la Révolution industrielle, on a mis face à face campagnes et villes, présentées comme des incarnations de la tradition et de la modernité. Ces oppositions ne sont pas recevables. Les nobles ont continûment tenu une place importante dans la ville médiévale et, qu'ils y résident ou non, elle a été un des horizons de leur existence. Dès que l'on cherche des nobles laïcs en ville, on en trouve à peu près partout, de Liège à Clermont et de Metz à Ploërmel, dans les petites villes, les villes moyennes comme Dijon, les grandes villes comme Paris. Les élites que l'historiographie traditionnelle dit urbaines et les propriétaires terriens nobles et seigneurs se côtoient en ville, s'y mêlent souvent et mènent un genre de vie qui, s'il les distingue les uns des autres, les rassemble aussi. Les rentiers du sol sont en ville dans une grande proportion : après le XIIe siècle, il n'y a plus, dans les élites, de carrière ni de vie sociale qui puisse éviter la ville. Cela rappelle que l'établissement d'une civilisation urbaine aux temps médiévaux est le fait de la lente métamorphose d'un monde rural. Il a produit une société dans laquelle ville et campagne vivaient en symbiose. Dans l'espace francophone, quels rapports les nobles ont-ils entretenu avec la ville au temps de son triomphe (XIIe-XVIIe siècles) ? La question posée ici le souligne : la symbiose entre ville et campagne fut la clé de voûte de l'organisation d'un monde que nous avons aujourd'hui du mal à comprendre. Afin de cerner la spécificité de l'espace francophone, le regard s'est porté aussi sur ses voisins immédiats, flamands, germanophones, castillans.
Nombre de pages
402
Date de parution
23/09/2010
Poids
720g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782840506782
Titre
NOBLES ET LA VILLE DANS L ESPACE FRANCOPHONE
Auteur
Dutour Thierry
Editeur
SUP
Largeur
160
Poids
720
Date de parution
20100923
Nombre de pages
402,00 €
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Bruges, Francfort, Gênes, Rome ou Paris sont aussi représentatives du Moyen Age que la seigneurie, le fief, le servage et les expéditions des croisés. Au moment où il se clôt, la carte de l'Europe des villes coïncide avec celle des centres de culture et des lieux où se crée la richesse. La civilisation européenne est devenue vraiment urbaine. Thierry Dutour redonne vie au discours des contemporains sur leurs villes. Il montre comment le temps des villes épiscopales, jusqu'au IXe siècle, se distingue des siècles postérieurs. Il met en valeur l'urbanisation de l'Europe latine au Xe siècle. Il souligne le lien entre essor démographique, expansion agraire et prolifération des villes du VIIIe au XIVe siècle. Il décrit enfin la vie en ville, reflet d'évolutions sociales majeures.
Mettant à profit de riches fonds d'archives presque toujours inédites, Thierry Dutour a appliqué, avec finesse, le questionnaire mis au point par la sociologie et la politologie contemporaines à l'étude du fonctionnement d'une société médiévale — en l'occurrence Dijon au XIVe et au début du XVe siècles. Dijon, ville moyenne, vivant de sa symbiose avec les campagnes environnantes, mais aussi capitale du duché de Bourgogne, était alors dominée par une "élite sociale" dont l'analyse se trouve précisément au coeur du livre. Ce milieu dirigeant, maître du crédit, ce qui fondait une bonne partie de sa fortune, non seulement détenait la légitimité institutionnelle mais encore se voyait reconnu comme tel par le peuple des moyens et des menus. Une enquête attentive et subtile permet de discerner en son sein plusieurs strates, en fonction des modes d'insertion dans la société locale, des types de supériorité sociale, du degré d'insertion dans la vie publique. Pour autant, ces strates ne constituaient pas des sociétés closes : les exemples ne manquent pas de liens familiaux à l'intérieur de cette élite et aussi entre l'élite et le moyen peuple. La démarche de Thierry Dutour propose une approche assurément novatrice du phénomène urbain dans la France de la fin du Moyen Age. Nul doute qu'elle ne suscitera que des émules.
Résumé : Au Moyen Age, les Français vivaient pour beaucoup loin de France. Du XIIe au XVe siècle, dispersés "depuis l'Arabie jusqu'à l'Irlande", c'est principalement hors du territoire de notre pays, à Dublin, Londres, dans les Etats latins d'Orient issus des croisades ou dans le Péloponnèse qu'ils prirent conscience d'une identité commune. Durant ces siècles, le plus ancien manuscrit de la Chanson de Roland, qui évoque la "douce France", fut rédigé en Angleterre. On entendait chanter en français dans les rues de Jérusalem. On bâtissait, à Chypre, de sublimes cathédrales gothiques, soeurs de celles de Paris et d'Amiens. Et c'est dans les régions francophones du Saint Empire romain germanique que l'usage du français se répandit précocement dans les écrits pratiques. Etre Français n'avait alors rien à voir avec l'occupation d'un territoire ou la soumission à un pouvoir politique. La France était là où l'on avait le sentiment de faire partie d'une communauté de langue, dont découlait une culture, une vision partagée de l'homme et de la vie en société. Dans cet essai iconoclaste, Thierry Dutour invite à se défaire des préjugés qui nous présentent le passé à travers le prisme déformant des idées d'aujourd'hui. Avec un postulat renversant : avant le lien à une terre, avant l'Etat, il y avait les Français, sans souci de frontières.
Figeac Michel ; Dutour Thierry ; Mingous Gautier ;
Le manuel traite de l'ensemble des notions abordées au programme de la question d'histoire pour les concours du CAPES d'histoire-géographie et des agrégations.
Quelle transfiguration que d'aimer ! [...] On croit que cela ne finira jamais. Les philosophes, les poètes, les peintres regardent ces extases et ne savent qu'en faire, tant cela les éblouit", confie Victor Hugo, dans Les Misérables. En effet, lorsque naissent les premiers émois, nous habite souvent l'intime croyance que l'amour durera toujours. Pourtant, en dépit de sa prétention à l'éternité, le sentiment amoureux rencontre un grand nombre d'obstacles à son maintien. Par le travail inexorable du temps, nous changeons, et nos sentiments se modifient, ou s'altèrent. Avec les années, le désir quelquefois s'éteint, et avec lui la passion. Et si la relation semble se maintenir, ce n'est parfois qu'en vertu d'une lente et discrète substitution de l'amour par l'habitude : ainsi croit-on que l'amour perdure tandis qu'il a, en fait, disparu sous l'effet de celle-là. Le couple est resté, mais le coeur n'y est plus. Mais alors, que doit être l'amour pour parvenir à durer, et à quelles conditions nous rendra-t-il heureux ? En s'appuyant sur un matériau littéraire et philosophique, Quentin Biasiolo, dans ce petit essai à la prose sensible et poétique, interroge nos conceptions de l'amour et cherche une nouvelle manière d'aimer dans te temps long.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.