L'embarcadère des lettres. Marseille et les écrivains
Duchêne Rémi
LATTES
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EAN :9782709642736
Extrait du prologueCe livre sur Marseille a été imaginé au nord (un comble), sous le ciel gris du plat pays. Plus précisément, aux Musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles, en 2008, lors d'une rétrospective consacrée à Pierre Alechinsky, le peintre belge d'origine russe. Étrange détour... Sous le titre plaisant «Alechinsky de A à Y», la carrière de l'octogénaire était retracée par des oeuvres venues du monde entier, selon un accrochage qu'il avait lui-même supervisé. L'exposition fournissait également une grande variété de détails biographiques. L'une de ces oeuvres et l'un de ces détails étaient particulièrement fascinants. En 1955, le jeune Alechinsky se rendit au Japon pour étudier la calligraphie et dut, afin de financer son séjour, emporter des tableaux à vendre sur place. Le voici donc, quelques toiles roulées dans ses bagages, embarquant sur le port de la Joliette à bord d'un paquebot de la compagnie des Messageries Maritimes qui, à l'époque, assurait la desserte régulière de la ligne entre Marseille et Yokohama.Une des toiles vendues par Alechinsky pour s'offrir le séjour au Japon était intitulée La Nuit; elle fut acquise par l'un des plus importants musées japonais d'art occidental, le musée Ohara de Kurashiki. Lorsque cet établissement prêta La Nuit pour la rétrospective de 2008, Alechinsky redécouvrit dans sa ville natale une oeuvre qu'il n'avait plus vue depuis un demi-siècle. La passion de l'octogénaire toujours amoureux de son art, sa joie devant cette Nuit qui, dans la présentation de Bruxelles, était en harmonie parfaite avec les toiles qui étaient à ses côtés {Le Feu, à sa droite, et Migration, à sa gauche), l'enthousiasme typiquement belge qui entourait cet événement simple - sans être anodin -, tout ceci était agréablement contagieux.Mais pour un Marseillais, il y avait plus encore. Le nom de Marseille, apparu fugitivement dans l'histoire de cette Nuit embarquée à la Joliette, négociée au Japon et revenue à Bruxelles, suffisait à enclencher les mécanismes d'un monde de rêves, d'imaginaire et de lointain. Partir de Marseille vers Yokohama, comme le fit le peintre, c'était encore, en 1955, se lancer dans une traversée de plusieurs semaines qui, après Port-Saïd et le canal de Suez, mettrait le cap sur Colombo, Saigon, Manille, Hong-Kong, avant de toucher enfin l'Extrême-Orient nippon. Revenir à Marseille par la ligne régulière des Messageries Maritimes, compagnie fière d'être présente sur toutes les mers et tous les océans, c'était reprendre pied en Occident; toucher le port phocéen, c'était, comme l'a superbement décrit André Malraux, opérer un changement troublant, retourner vers une civilisation un temps oubliée. Franchir la passerelle, c'était découvrir l'univers. Faire étape à Marseille, déjà apercevoir un autre monde. Bien des voyageurs de la première moitié du XXe siècle, avant que l'avion ne vienne bouleverser ces repères maritimes, ont saisi cet instant magique où la porte de Marseille s'ouvrait sur les mondes lointains: Méditerranée orientale et Maghreb, mais également Afrique noire, océan Indien, Extrême-Orient, Amériques... Les poètes ont été particulièrement sensibles à ce port des rêves dont le seul nom, aujourd'hui encore, fait frémir la corde lyrique des Marseillais et de tous ceux qui aiment cette ville, sous quelque latitude qu'ils se trouvent. Ce livre part à la recherche de l'émotion qui les saisit à la lecture du nom de Marseille sous les plus belles plumes. Les écrivains ont été éloquents, profitons-en; Marseille a été l'embarcadère des lettres, partons les retrouver sur la jetée.
Les géants de la littérature du dix-neuvième siècle sont venus à Marseille poussés par un rêve. La fortune, l'amour, le voyage, les mythes orientaux, la civilisation méditerranéenne, tout prétexte était bon pour mettre le cap sur le Midi et découvrir des horizons nouveaux. Et la littérature, toujours, sort gagnante de l'expédition ; les écrivains ont pour la plupart les poches vides, mais repartent de l'escale phocéenne la tête pleine". Stendhal, qui n'est encore que le jeune Henri Beyle, fut le pionnier. Après lui, tous y viendront : l'immense Balzac, mais encore Dumas, Nerval, Hugo, Sand, Flaubert, Zola, Maupassant... Chacun avec son fantasme, chacun avec son idée en tête, chacun avec ses bonnes surprises et ses mauvaises fortunes. Marseille s'ouvre à toutes les voix et influence toutes les oeuvres. Une promenade littéraire éblouissante dans le sillage des plus grands écrivains, au coeur de la ville des espoirs les plus fous.
Résumé : " Mon Dieu, faites de moi un honnête homme et n'en faites jamais une honnête femme. " L'unique prière que Voltaire prêtait à Ninon gardait son caractère provocateur il n'y a pas si longtemps. Colette et Simone de Beauvoir auraient encore pu l'adopter. Avec trois siècles d'avance, cette brune à la beauté douteuse, mais au charme certain avait compris que l'égalité des sexes passait par la libération sexuelle des femmes. Les philosophes du XVIIe siècle en firent un personnage de légende. Elle avait eu la chance de vivre assez longtemps pour devenir un " personnage ". A " Ninon la courtisane ", voire " la débauchée ", succéda une bourgeoise spirituelle ayant pignon sur rue, une vieille dame respectable à la fin apparemment chrétienne. On prétendit pourtant qu'un abbé l'aurait eue pour maîtresse le jour de ses quatre-vingts ans. Dès seize ans, elle avait connu l'amour, et la liste de ses amants s'est bientôt allongée comme celle de Don juan. Elle avait ses " payeurs ", ses " favoris " et ses " martyrs ". Mais elle comprit vite que l'amour ne se réduisait pas à la sexualité. Elle devint la moderne Léontium, où l'on venait apprendre " la manière jolie de faire l'amour ". Elle connut aussi la passion. Elle assuma discrètement les charges de la maternité. Elle chantait bien, et elle avait hérité de son père un grand talent de joueuse de luth. Ninon de Lenclos, une superbe artiste.
Icône de l'art et symbole de résilience, Frida Kahlo a transformé sa souffrance en chef-d'oeuvre. Ce livre richement illustré retrace sa vie, ses oeuvres, ses combats, et célèbre l'aura indomptable d'une femme libre et inoubliable. Frida Kahlo est bien plus qu'une artiste : elle est une légende. A travers ses autoportraits bouleversants, ses compositions chargées de symbolisme et son esthétique singulière mêlant culture mexicaine, surréalisme et art populaire, elle a su imposer une oeuvre à la fois intime et universelle. Ce beau livre retrace son parcours exceptionnel, depuis son enfance marquée par la maladie, jusqu'à sa vie d'adulte entre passion amoureuse, engagement politique et douleurs physiques. Illustré de plus de 100 oeuvres, photographies et documents d'archives, cet ouvrage rend hommage à une femme qui, en sublimant sa souffrance, a changé la face de l'art moderne. Frida Kahlo fascine encore aujourd'hui pour sa liberté, son style unique et sa capacité à défier les normes. C'est une immersion vibrante dans l'univers d'une icône absolue, aussi puissante qu'inspirante. Un hommage indispensable à une femme éternelle.
La présomption d'innocence est le principe fondateur du système judiciaire américain. Pourtant, une fois qu'une personne a été reconnue coupable, il est très difficile de demander le réexamen de la décision. Les dix affaires relatées dans ces pages ont vu des innocents séparés de leur famille perdre des décennies de leur vie en prison, voire risquer la peine capitale, tandis que les véritables coupables restaient libres. John Grisham et Jim McCloskey racontent les luttes acharnées menées pour réparer l'injustice. Ils examinent de près les raisons derrière ces condamnations aveugles, ainsi que le racisme, les fautes professionnelles, les témoignages erronés et la corruption qui rendent leur révision si compliquée. Fruit de recherches implacables et raconté avec un suspense comme seul John Grisham en a le secret, Les Enfermés est l'histoire de la reconquête de la liberté quand tout semble perdu d'avance. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Dominique Defert
« Le secret des secrets est de loin mon roman le plus complexe et le plus ambitieux - et aussi le plus divertissant. L'écrire a été une aventure inoubliable pleine de découvertes » déclare Dan Brown. Éminent professeur de symbologie, Robert Langdon se rend à Prague pour une conférence révolutionnaire sur la noétique donnée par Katherine Salomon, avec laquelle il vient d'entamer une relation. La scientifique est sur le point de publier un essai explosif sur la nature de la conscience humaine qui pourrait bouleverser des siècles de croyances établies. Mais un meurtre brutal précipite leur séjour dans le chaos, et Katherine disparaît soudain avec son manuscrit. Langdon devient la cible d'une puissante organisation et se retrouve pourchassé par un être terrifiant issu de la plus ancienne mythologie de Prague. Alors que l'intrigue se déploie à Londres et à New York, Langdon cherche désespérément Katherine... et des réponses. Dans une course contre la montre à travers le double monde de la science futuriste et de la tradition mystique, il découvre une vérité choquante sur un projet secret qui changera à jamais notre conception de l'esprit humain.
Un véritable coup de cœur ! L’intrigue est admirablement construite. L’auteur distille savamment les informations à travers ses 4 narrateurs en jouant avec les nerfs du lecteur. Il le laisse découvrir les personnages, s’y attacher, pour mieux le surprendre en révélant certains pans dérangeants de leur passé. Il questionne les limites de sentiments tels que l’empathie, l’amour, le pardon ; au grand dam du lecteur qui ne sait plus quoi penser et ne se reconnait plus.
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
A partir d'un souvenir de lecture d'enfance, un Cosette abusivement attribué à Victor Hugo, Tiphaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables en France et à l'étranger. Elle révèle comment ce roman, dès sa parution, a été abrégé, adapté, traduit, illustré, réécrit, jusqu'à devenir l'un des récits les plus réappropriés au monde. Plus le livre est transformé, plus il devient mémorable. La question "Faut-il réécrire les classiques ? " apparaît dès lors comme une fausse question : ils ne sont tels que par leur constante adaptation aux goûts et aux attentes des époques successives. De Shakespeare aux contes de fées, de Montaigne à Mark Twain ou Agatha Christie, des traductions aux versions réduites, des transpositions aux mises en scène, l'autrice montre qu'un classique ne se définit pas par son intouchabilité, mais par sa capacité à s'affranchir de son original. Face à des polémiques souvent caricaturales opposant "cancel culture" et sacralisation du passé, ce livre privilégie la nuance, l'enquête et une érudition généreuse. Il préfère la démonstration à l'indignation pour affirmer une idée simple et stimulante : la réécriture n'est pas synonyme d'annulation, bien au contraire, puisqu'elle prolonge le plus souvent la vie des oeuvres en élargissant leur partage et en pérennisant leur mémoire.