Loin d'être uniquement "une peinture en petit", bonne à ranger parmi les bibelots, la miniature est une oeuvre d'art à part entière. Elle apparaît en Angleterre, à la cour des Tudors où, sous le règne d'Élisabeth Ier, son rôle est indispensable à la politique et à la célébration de la personne royale. Liée à la littérature et à la poésie, elle acquiert un sens savant et emblématique. En raison précisément de ses dimensions réduites, elle a tenu un rôle majeur dans l'histoire de la société et des sentiments. Facilement cachée, offerte ou dérobée, tenue sur soi, échangée entre amants, parents ou amis, elle fut le précieux témoignage des sentiments. Image-souvenir indispensable lors d'une séparation, elle est alors souvent multipliée après la mort. Montée en bijou, présente sur ou à l'intérieur d'une boîte ou dans un écrin pour échapper aux regards indiscrets, accompagnée des cheveux de l'être cher, elle fut ardemment aimée, comme en témoignent la littérature et la peinture. Elle fut aussi un cadeau diplomatique entre souverains, même si sa connotation demeure sentimentale. Peinte sur ivoire à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, elle connaît un engouement qui touche toutes les classes de la société et que la Révolution puis les guerres napoléoniennes ne feront qu'amplifier. Ses rôles divers sont décrits, accompagnés d'une évocation des artistes les plus talentueux et originaux qui ont pratiqué cet art, en Angleterre, en France et dans toute l'Europe où la miniature règne jusqu'au milieu du XIXe siècle. Entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, son âge d'or, elle est relayée par le physionotrace, gravure de portrait en petit, puis par la miniature sur porcelaine dure qui se développe et se perfectionne durant la première moitié du XIXe siècle. A partir de 1850, la photographie remplace peu à peu la miniature qui, avant de céder sa place, tâchera d'adopter le style de ces nouveaux portraits. Très abondamment illustré, l'ouvrage fait découvrir des ?uvres inconnues exceptionnelles provenant de collections privées et dévoile quelques chefs-d'oeuvre, non encore publiés, des musées des Arts décoratifs de Paris et de Bordeaux, du musée Cognacq-Jay, de la collection de Frits Lugt (Fondation Custodia), ainsi que de musées étrangers, notamment le Victoria & Albert Museum à Londres. Préfacé par Emmanuel de Waresquiel, ce panorama du petit portrait dans tous ses états est accompagné des textes de trois spécialistes: Fabienne Xavière Sturm, qui publie, avec le carnet d'atelier de Louis-Ami Arlaud-Jurine, les secrets d'un des meilleurs miniaturistes genevois. Claude Tanner, restauratrice de petits portraits sur ivoire, qui donne des conseils pour leur conservation et leur restauration. Chantal Bouchon, qui évoque la personnalité du grand collectionneur et donateur Lefebvre de Viefville.
Nombre de pages
254
Date de parution
02/12/2010
Poids
1 300g
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EAN
9782915542349
Titre
La miniature, portrait de l'intimité
Auteur
Du Pasquier Jacqueline ; Waresquiel Emmanuel de ;
Editeur
NORMA
Largeur
0
Poids
1300
Date de parution
20101202
Nombre de pages
254,00 €
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Ce recueil de poésies et de textes et d'illustrations est né d'une impossibilité, celle de l'auteur, aquarelliste amateur, de faire partager par la peinture toutes les impressions accumulées au cours de ses nombreux séjours au Maroc. « Invité par le sud et ses grands espaces, étalé comme un fluide sur l'immense surface pressé sur les cailloux, devenu peinture, j'ai rejoint de l'Homme les gravures. Je me suis moulé dans l'antilope de Tata. » Les mots, la langue, lui ont finalement permis, paradoxalement, de transmettre sinon davantage de couleurs, du moins un complément d'illustration grâce à la poésie, entraînant le lecteur sur un itinéraire propice à la méditation. Les paysages, les personnes rencontrées, et les évènements vécus au cours de ce voyage le méritaient.
Un homme apprend à la veille de ses 50 ans, en pleine force de l'âge, qu'il est atteint d'un mal qualifié d'incurable : la maladie de Parkinson. L'auteur expose de façon émouvante la difficulté à garder sa maîtrise dans cette situation, et à ne pas sombrer dans le désespoir. Sa recherche de sens le conduira plusieurs fois en Inde où il découvrira une médecine traditionnelle pluriséculaire. Il redécouvre aussi les valeurs spirituelles fortes de la chrétienté, sur le chemin de Compostelle, à Rome et à Lourdes. Après dix années, seul et pratiquement devenu grabataire, il doit en passer par la stimulation électrique profonde, opération délicate de la "dernière chance" qui le changera en profondeur. Sonné par la brutalité de la remise en cause, Laurent du Pasquier, 64 ans, parkinsonien depuis 15 ans, ancien cadre supérieur, a réussi à calmer le jeu pour se fixer aujourd'hui dans un EHPAD en région parisienne. Son récit est rigoureusement exact. Les identités sont masquées, sauf celles des grands médecins cités, pour lesquels l'auteur a un immense respect, même s'il les a un peu "bousculés" dans l'affaire.
Ce livre fait suite à un premier écrit ayant pour titre Passeur d'espérance, paru fin 2012 chez L'Harmattan, dont l'écho par le bouche à oreille a été encourageant. Le récit, très direct, raconte la déconfiture d'un homme, cadre supérieur, auquel tout réussit en apparence et qui se heurte un beau jour au handicap lourd et sournois : la maladie de Parkinson. Son parcours représente en particulier l'enchaînement apparent des fatalités qui, quoi qu'il fasse, le conduisent dans une situation de perdant avec le côté "inguérissable" de l'atteinte par cette maladie-là. La difficulté de "faire face" le mène par deux fois à proximité du suicide, empêtré dans une situation de blocage financier dont il n'arrive pas à se défaire. Au-delà de la survie au jour le jour, son histoire est celle d'une lutte sans concession pour dépasser les combats inutiles afin de se consacrer à l'essentiel : donner un sens à sa vie. Le sage indien Vivekananda disait (au début du XXe siècle) : "Si tu veux être fort, tu seras fort, si tu veux être faible, tu seras faible. Pourquoi ne choisis-tu pas d'être toujours fort ? Parce que tu n'y crois pas !"
Avec cet ouvrage, Jean-Louis Cohen, architecte et historien, et Monique Eleb, psychologue et sociologue, proposent une promenade architecturale dans le Paris intra-muros et sa proche banlieue. Trente-trois bâtiments photographiés par Antonio Martinelli sont visités parmi la multitude de réalisations qui ont marqué le XXe siècle. Ils ont été choisis en fonction de leur contribution au paysage urbain, de leur force esthétique et de leur rôle dans la transformation des modes de vie. Des architectes du début du siècle à qui les découvertes techniques ont permis de se libérer des conventions à la génération actuelle qui a retrouvé une dimension intellectuelle après la crise architecturale des années 1960-1970, on suit dans le Paris d'aujourd'hui les transformations d'identité d'une ville dont le centre dense est enserré dans une agglomération de plus de dix millions d'habitants. Par la succession et la mise en correspondance d'édifices en apparence étrangers les uns aux autres, des ossatures de béton des frères Perret aux prismes transparents de Jean Nouvel, Jean-Louis Cohen et Monique Eleb révèlent combien l'idéal d'une architecture rationnelle et lisible aura marqué l'architecture du siècle. This book takes the form of an architectural promenade devised by the architect and historian Jean-Louis Cohen and the psychologist and sociologist Monique Eleb. Thirty-three buildings in Paris and the inner suburbs are presented with photographs by Antonio Martinelli. Selected from the multitude of buildings which have marked the 20th century, each has been chosen for the contribution it makes to the cityscape, for its aesthetic value and for the role it has played in transforming life-styles. From the technical discoveries which enabled architects to break free from conventions in the early 20th century, to the rediscovery of an intellectual dimension by the present generation of architects in the wake of the architectural crisis of the 1960s and 1970s, this itinerary through today's Paris reveals transformations in the identity of the densely-built capital city at the center of an agglomeration populated by over ten million people. By explaining the connections between a sequence of buildings which look very different from one archer, ran no from the Perret brothers' concrete frames to Jean Nouvel's transparent prisms, Jean-Louis Cohen and Monique Eleb reveal the extent to which the long-established French architectural ideal of rationality and legibility has marked the architecture of the 20th century
« Mon ambition est de me consacrer aux grandes décorations murales, à la fresque, qui m'intéresse plus que tout. [?] Vous voyez que mes ambitions sont vastes ! » Première femme à obtenir le Grand Prix de Rome en peinture en 1925, à seulement 22 ans, Odette Pauvert (1903-1966) est une figure méconnue du XXe siècle, à contre courant des avant-gardes. Après un voyage à Pise où elle découvre les fresques monumentales du Camposanto, elle est durablement inspirée par le Quattrocento italien, notamment par Pisanello, Piero della Francesca ou encore Gozzoli. Née dans une famille de peintres et de miniaturistes, elle revendique un style classique et décoratif, et la tradition de la peinture d'histoire et de la fresque. D'abord élève à l'École des Beaux-Arts de Paris, où elle prend part à l'atelier de Ferdinand Humbert, puis pensionnaire pendant 3 ans à Rome, elle intègre les Ateliers d'art sacré en 1929, et passe l'année 1934 à la Casa Velázquez à Madrid, aux côtés d'Alfred Giess et de René Cottet. Elle participe au Salon des artistes français de 1923 à 1966. Peintre du monumental comme de la miniature, elle participe à de grands chantiers comme l'Église du Saint-Esprit à Paris, qui sera sa commande la plus importante, et se distingue tout particulièrement avec ses autoportraits, sujet singulier pour une femme de cette époque. Une première rétrospective lui est dédiée en 1986 au musée Sainte-Croix de Poitiers.
Barsac Jacques ; Viatte Germain ; Brunhammer Yvonn
Invitée en 1940 par le gouvernement japonais pour orienter la production d'art industriel du pays, Charlotte Perriand découvre une pensée, un mode de vie et une architecture ancestrales, conformes aux préceptes modernistes qu'elle défendait avec Le Corbusier et Pierre Jeanneret. L'élaboration de son "art d'habiter", qui modifia profondément la manière de vivre des Français dans les années 50, est née des réflexions qu'elle a menées pendant sa mission au Japon. En retour, elle a contribué avec passion, à travers ses interventions dans les ateliers de production, au renouveau de l'artisanat japonais. "De tous les Occidentaux qui ont travaillé au Japon, c'est probablement elle qui a eu la plus grande influence sur le monde du design japonais", a déclaré le grand designer Sôri Yanagi, qui fut son assistant. Ses expositions au Japon, "Sélection, Tradition, Création" (1941) et "Proposition d'une synthèse des arts" (1955), qui eurent un grand retentissement, ses publications et ses études, ses réalisations à Tôkyô, la maison de Jacques Martin (1953), l'agence Air France (1959), ou à Paris, la résidence de l'ambassadeur du Japon (1966-1969), le showroom Shiki Fabric House (1975) et la maison de Thé à l'Unesco (1993) sont autant de témoignages des liens entre cultures occidentale et japonaise et de leur enrichissement réciproque. L'ouvrage, qui révèle la liberté de pensée de cette grande créatrice face aux enjeux d'une période complexe, est d'un enseignement précieux pour les nouvelles générations d'architectes et de designers, mais aussi pour l'homme d'aujourd'hui.