La conjonction de trois circonstances est à l'origine du travail collectif qui a conduit à ce livre: la création, avec l'euro, d'un espace monétaire nouveau unifiant le calcul économique sur un territoire regroupant plusieurs aires monétaires nationales; l'épuisement de ce qu'on a appelé la "nouvelle économie"; l'effondrement boursier amorcé au printemps 2000, après vingt années d'expansion de la circulation et de la spéculation financières. Penser une telle conjoncture exigeait de prendre au sérieux la nature symbolique de l'argent, qui en est le ressort central. Cela, non sans un certain décentrement de l'économie politique dont l'argent déjoue et défie la rationalité. C'est pourquoi cet ouvrage croise les apports d'économistes, de philosophes, de psychanalystes et d'anthropologues, qui explorent les dimensions de cet objet aussi banal qu'énigmatique, aussi régulateur que destructeur: croyance, mesure, spéculation. Procédant d'un émetteur détenant les pouvoirs de la souveraineté, l'argent met en jeu une foi que blasonne la formule de Montaigne: "Nostre âme ne branle qu'à crédit." En tant que signe numérique, l'argent introduit la mesure dans l'échange. Celle-ci doit être entendue, comme le veut Aristote, au double sens de justice et de justesse. Mais si l'argent est principe de mesure, il est aussi facteur de démesure quand il devient l'objet sur lequel spécule le désir. Invité en outre à rassembler autour de ces motifs les fils d'une méditation sur l'argent, qui parcourt l'ensemble de son oeuvre, Jacques Derrida propose ici un horizon et des prolongements philosophiques aux contributions pluridisciplinaires qui font la richesse de ce livre. Biographie de l'auteur Marcel Drach, maître de conférences en sciences économiques à l'université Paris-IX-Dauphine et directeur de programme au Collège international de philosophie, est notamment l'auteur de La Crise dans les pays de l'Est (La Découverte, coll. "Repères", 1990) et coauteur de Philosophie et Economie (Rue Descartes, n°28, PUF, 2000).
Nombre de pages
297
Date de parution
13/05/2004
Poids
484g
Largeur
156mm
Plus d'informations
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EAN
9782707143129
Titre
L'argent. Croyance, mesure, spéculation
Auteur
Drach Marcel
Editeur
LA DECOUVERTE
Largeur
156
Poids
484
Date de parution
20040513
Nombre de pages
297,00 €
Disponibilité
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Ce livre renoue avec un moment doublement fécond: l'invention, par Claude Lévi-Strauss dans les années I940, d'une "anthropologie structurale", fruit de la rencontre avec la linguistique de Roman Jakobson; puis l'adoption, la décennie suivante, du structural en psychanalyse, par Jacques Lacan. Les auteurs restituent la vigueur de ces échanges et soulignent des points de convergence, connus ou moins connus. Ainsi, retrouve-t-on le concept de structure dans ses usages désormais classiques: phonologie, systèmes de parenté, langage des mythes. Mais on le découvre aussi mis à l'épreuve de la fonction poétique, par Jakobson; et soumis aux bouleversements des dernières thèses de Lévi-Strauss sur la musique. En psychanalyse, la structure n'a d'abord été importée qu'à la condition d'un paradoxal "sujet de l'inconscient", qui se démarque de l'inconscient structural Levi-straussien. Mais par la suite, Lacan retrouve les transformations internes au structuralisme, quand, s'éloignant du modèle linguistique, il affirme sa notion de "lalangue quand il repense la structure au moyen du noeud borroméen, ou met en crise la totalité, avec le" pas-tout "des formules de la sexuation. Celle rencontre tardive des trois grandes oeuvres réserve-t-elle de la structure un autre usage? C'est ce dont, au terme de la réflexion proposée ici, on pourra peut-être décider. Le présent ouvrage fait suite à un colloque initié en automne 2005 par quelques-uns (Marion Abélès, Marcel Drach, Michel Izard, Marie Mauzé et Bernard Toboul). Informé de ce projet. Claude Lévi-Strauss a accepté de l'entendre avec bienveillance. Mûri dans le sillage de ce colloque, ce livre lui est offert en hommage. Biographie de l'auteur Marcel Drach est économiste et philosophe. Bernard Toboul est psychanalyste."
Cabale, de l'hébreu, signifie un enseignement, une doctrine reçue. Il répond exactement à acceptio en latin et ??????? en grec. L'étude de cette tradition a conduit d'innombrables auteurs se recopiant généralement les uns les autres aux contresens les plus achevés. Elle apparaît le plus souvent comme une sorte de magie noire.Paul Drach (1791-1868), hébraïsant de génie, un des meilleurs talmudistes de son temps, mort catholique en odeur de sainteté, explique : " Il faut distinguer deux types de cabale : - la véritable cabale sans mélange, remontant à la nuit des temps, qui s'enseignait dans l'ancienne synagogue et dont le caractère est franchement chrétien. - la fausse cabale, pleine de superstitions ridicules et s'occupant de magie, de théurgie, etc., en un mot : telle qu'elle est devenue aux mains des docteurs infidèles. " La publication de ce petit traité rarissime est essentielle, car il fait justice de l'accusation de panthéisme contre la cabale et montre que cette tradition orale est compatible avec la pensée chrétienne.
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.