Saluant Salah Stétié comme "une des grandes voix de la poésie française contemporaine", Mario Luzi écrit en préface à cet essai: "Grand pèlerin", ce poète est "venu de l'Orient avec toutes les intuitions spirituelles réactivées pour animer le paysage actuel de la poésie européenne". L'?uvre de Salah Stétié, poète migrateur par excellence et 'homme du double pays' - le Liban et la France, les rives est et ouest de la Méditerranée -, est accomplie et lumineuse. Elle a sa place dans la littérature mondiale de langue française. Elle nous restitue le chant de l'origine, de l'aube et de l'enfance de la langue, sur les traces de l'infini et du Livre. A la suite de Rimbaud et Mallarmé, Salah Stétié définit le rôle primordial de la poésie, avec une grande lucidité. La poésie garde les clefs de l'avenir. Elle retient et rappelle l'essentiel, nous donne ce que la science n'a pas vocation de donner, illumine d'éclairs l'obscure lumière du monde ; elle est le secret de l'univers, de notre vie et de la vie de tout être. Salah Stétié nous dit que le poète est le témoin de son temps et l'interprète des chemins de l'histoire, par ses réponses qui sont autant de questions face aux interrogations de l'homme. La poésie garde la sève du monde, elle en rappelle les permanences : l'herbe, la lune, les étoiles, le soleil, la lumière, la jeune fille, le ciel, l'arbre, le nuage, l'eau - tout ce qui est lié à la vie et à la mort. Ce poète écrit pour les hommes du troisième millénaire, ses 'écoutants', ses 'complices', ses 'alliés substantiels'. Il les invite à retrouver la foi dans l'exercice de la poésie et dans son pouvoir mystérieux de salut. A travers l'analyse des rapports entre vie et parole surgit la figure d'un poète fulgurant, que l'auteur de cet essai définit, chapitre après chapitre, comme l'une des voix déterminantes de l'avenir.
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Nombre de pages
444
Date de parution
01/01/1999
Poids
650g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782252032619
Titre
SALAH STETIE. Le poète, la poésie
Auteur
Dotoli Giovanni
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
155
Poids
650
Date de parution
19990101
Nombre de pages
444,00 €
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Le dbat thtral de Hardy au Cid, en ce temps de prfaces , favorise la naissance et l'affirmation de la conscience d'un nouveau thtre et de son rle social et littraire. Ce sont les thoriciens de ce dbat qui crent la dramaturgie du thtre moderne. Ils crivent pour un thtre rel , en tenant compte des conditions matrielles de la reprsentation (J. Scherer). La littrature de l'crit et de l'oral, spcifique du thtre, trouve ses normes, ses techniques, ses postulats valables pour n'importe quel type de thtre. La langue dramatique apparat dans sa magie, son ambigut, sa profondeur musicale. La varit des propositions, des problmes poss et des pices sur la scne offre la garantie de l'esthtique d'un nouveau thtre, marquant les signes d'une nouvelle mentalit, franaise et europenne. La force d'invention de l'auteur (de l'homme) va gagner, pilote par les lois du thtre enfin dcouvertes, avec tout un bagage des questions de l'criture. En quelques annes, la dramaturgie change radicalement, sans constriction, sans rigidit, avec le triomphe de la nature humaine, ses passions, sa destine : on dcouvre que l'essence aussi a des techniques. Il faudra attendre trois sicles pour le savoir, grce Freud et ses disciples. Texte thtral et hors-texte (la scne) retrouvent leur chemin unitaire, dans cette nouvelle critique sur l'criture, les signifiants textuels, le dit, le temps et le lieu de la scne, travers l'articulation logique de l'action (l'histoire), canalise le long de rythmes internes et externes. Dramaturgie et smiologie marchent ensemble dans le dbat thtral de 1625 au Cid. Il faut revenir l'essence de ses textes pour redcouvrir la rhtorique, la technique et la sociologie du thtre. Les conditions exceptionnelles de la naissance de l'tat franais moderne ce moment-l et de la prise de conscience d'une unit sous le signe de l'loquence et de la littrature favorisent l'effet d'un dbat salutaire auquel la France et l'Europe doivent une bonne partie de leur futur culturel.
Résumé : L'histoire du XXe siècle a révélé "l'actualité" d'un Léon Bloy "prophète", "poète" maudit et révolté par amour. Rebelle de la justice, Bloy est toujours du côté des damnés. Il lutte contre le "bordel" de la littérature et de tout autre secteur de ce monde, en se proposant "d'arracher la langue aux imbéciles" et "d'obtenir le mutisme du Bourgeois", ce symbole de la société sans Dieu. Frère des pauvres et des exclus, camarade de Tolstoï, de Dostoïevski et de Kafka, déchiffreur des secrets perdus de la Beauté et de l'Art, Bloy est un témoin de l'angoisse humaine. Il écrit pour notre temps, pour les lecteurs de l'an 2000. En cette époque de communication et de médias, de matérialisme et de progrès, il fait entendre ses cris et ses sanglots. L'actualité du message de Bloy nous fait pénétrer la texture de sa langue et de son autobiographie de la douleur. Le livre de ce "Pèlerin de l'Absolu" serait-il "le livre à venir" annoncé par M. Blanchot, après Mallarmé ?
Avec sa Figure féminine, sur les traces d'Arthur Rimbaud, le Poète voyage au passé et au présent, vers l'Aube, temps de dialogue, de révélation et d'amour. Il traverse le vide de l'univers, les carrés du ciel et l'horizon de la lune, du soleil et des étoiles. Un cortège d'images et de terres ancestrales l'accompagne, vers les flammes de la Parole, par lignes de rêve et appels aux signes.
Soin des enfants et des personnes âgées, nettoyage, travail pénible, boulot sale et sale boulot, ces activités ont en commun d'être à la fois nécessaires et invisibles, essentielles et pourtant dévalorisées, difficiles et donc déléguées à d'autres. Elles sont souvent oubliées par les philosophies du travail comme elles le sont dans la réalité sociale. C'est paradoxalement chez Hannah Arendt, pourtant accusée d'avoir une conception réductrice du travail, que l'on trouve une catégorie permettant de les appréhender dans leur unité : celle de labeur. Modifiant la traduction usuelle de sa distinction entre travail (labor) et oeuvre (work), qui renforce l'impression d'une dépréciation du travail par rapport à l'oeuvre, nous proposons de la rendre plus littéralement par le couple du labeur (labor) et du travail (work). Apparaît dès lors chez Arendt une véritable philosophie de l'activité posant le labeur comme condition du travail, lui-même condition de l'action. A l'aide de cette catégorie, elle pointe un ensemble d'activités vouées à la reproduction de la vie qui n'ont pas "droit de cité" , mais aussi le redoublement de cet effacement avec l'avènement du social dans la modernité. Malgré l'emprise théorique qu'exerce la logique du labeur, on ne cesse de refuser de le voir, d'en dénier la nécessité comme la dureté, en le confondant avec le travail. Une convergence aussi frappante qu'inattendue peut être mise en évidence entre cette catégorie de labeur et toute une constellation de concepts issus des théories féministes : le travail domestique, reproductif, travail de care ou encore de subsistance. Ces théories ne se sont pas réclamées d'Arendt, qui elle-même ne s'est jamais revendiquée du féminisme. Mais on peut mobiliser ces concepts pour préciser le sens de la catégorie de labeur, répondre aux problèmes qu'elle soulève quant à sa teneur critique, et en esquisser un usage possible dans le cadre d'une philosophie sociale du travail renouvelée.
Acquis par la National Gallery de Londres en 1842, le Portrait des Arnolfini de Jan van Eyck reste depuis cette date une énigme pour les historiens de l'art. Le sujet du tableau a en effet suscité de nombreuses hypothèses : s'agit-il d'une scène de mariage, de fiançailles, ou de la simple représentation d'un couple de riches bourgeois ? L'homme est-il bien Giovanni Arnolfini, un marchand de Lucques très connu dans les Flandres au XVe siècle, comme semblent l'indiquer certaines archives ? Ou quelque autre membre de sa famille ? L'oeuvre ne serait-elle pas plutôt un portrait de l'artiste, qui se serait représenté avec son épouse Marguerite ? Et si la jeune femme n'était pas enceinte, en dépit de ce que suggère son ventre proéminent ? Quant à la signature en latin du peintre, bien en vue au centre du tableau, quel sens donner à sa formulation, restée unique dans l'histoire de la peinture ? Anne-Marie Lecoq fait dans cet ouvrage inédit une passionnante recension des interprétations qui se sont succédé au cours des décennies, suscitées par tous les détails du tableau et leur symbolique supposée, pour livrer enfin - au risque de surprendre - sa propre hypothèse sur les intentions de Jan van Eyck.
Vinclair Pierre ; Min Byung-Hun ; Domissy-Lee Jeon
Ce livre est né d'un paradoxe fécond : comment écrire sur les oiseaux sans rien savoir d'eux, ou presque ? Du jour au lendemain, Pierre Vinclair se met à enquêter au fil de poèmes-minute sur ce que les oiseaux nous font, sur la manière dont ils déplacent nos idées en nuées, frôlent nos matins, habitent un monde où leur présence s'efface. Guidé par une curiosité impressionniste, Pierre Vinclair ne s'approche jamais trop près, s'émerveille que l'on entende d'abord leur chant avant de les voir ou de vouloir les nommer. Les photographies de l'artiste coréen Byung-Hun Min, dans la contemplation desquelles s'est élaboré cet essai qui est d'abord une rêverie, viennent scander le texte comme des pointillés noir et blanc.
Fenimore Cooper Susan ; Audubon Jean-Jacques ; Wil
Précédant Thoreau de quelques années, Chroniques de la vie rurale s'impose comme l'un des jalons fondateurs du naturalisme littéraire américain. Dans ce journal publié en 1851, jusqu'alors inédit en français, Susan Fenimore Cooper raconte la vie d'un village de l'Etat de New York au fil des saisons. Entre carnet de terrain et journal intime, sa prose lumineuse, jamais naïve, dit la beauté du détail et la fragilité des équilibres naturels. Fille du romancier James Fenimore Cooper, dont elle accompagna l'oeuvre et assura la postérité, Susan écrit avec la discrétion d'une sentinelle ou d'une veilleuse. Elle tisse une langue limpide et habitée, attentive à chaque nuance du paysage, à chaque oiseau, à chaque usage d'un monde rural aujourd'hui disparu. A la rigueur scientifique de ses observations répond une sensibilité poétique, qui fait de ce texte un manifeste d'écoute et de lenteur, à rebours de l'accélération contemporaine. Cette première traduction française, réalisée par Faustine Galicia, est illustrée de planches issues des Oiseaux d'Amérique de Jean-Jacques Audubon et préfacée par l'écrivaine Audrée Wilhelmy, qui, nichée dans la forêt québécoise, l'évoque en soeur : "Chroniques de la vie rurale est une leçon d'écoute : une conversation muette entre le monde extérieur et le monde intérieur. C'est dans cette correspondance subtile entre les saisons du paysage et celles de l'esprit que se forge, je crois, l'acte d'écrire".