Le traité de Lodovico Dolce, le Dialogue de la peinture intitutlé l'Arétin, prend place à un moment clé de l'histoire de la pensée artistique en Italie. Vasari vient de publier la première édition des Vies en 1550 et le culte de Michel-Ange paraît alors à son apogée. Les célèbres Leçons de Varchi à l'Académie de Florence et l'enquête menée par le philosophe auprès des artistes n'auront été qu'un jalon de plus sur le chemin de cette reconnaissance universelle. Rome et Florence n'ont d'autre dieu que Michel-Ange. Dans ce consensus général qui consacre le triomphe du dessin sur la couleur s'élève la voix discordante de Dolce qui sous couvert de l'Arétin, ennemi juré du grand artiste florentin, remet soudain en cause l'art d'un Michel-Ange et de ses disciples et dénonce tout à la fois les audaces stylistiques, la terribilità, les manques à la bienséance, la pauvreté des couleurs. Le Jugement dernier, pierre de touche de la querelle, tant admiré pour les uns devient pour les autres, objet de scandale. A l'arrière plan, on devine une querelle d'école. C'est la remise en question du Maniérisme au nom des critères d'un classicisme dont les Vénitiens avec Dolce demeurent les partisans convaincus. Titien apparaît alors aux côtés du sage Raphaël, modèle de l'art classique, comme l'artiste qui à lui seul thésaurise toutes les perfections. Pamphlet "anti-michelangelesque" conçu sous forme de dialogue entre le florentin Fabrini partisan du dessin et l'Arétin, porte-parole pour la circonstance de l'art classique, l'ouvrage de Dolce veut aussi, avec Titien, consacrer la suprématie de Venise.
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Nombre de pages
128
Date de parution
01/05/1996
Poids
208g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782252030608
Titre
Dialogue de la peinture intitulé L'Arétin
Auteur
Dolce Lodovico
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
150
Poids
208
Date de parution
19960501
Nombre de pages
128,00 €
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Soin des enfants et des personnes âgées, nettoyage, travail pénible, boulot sale et sale boulot, ces activités ont en commun d'être à la fois nécessaires et invisibles, essentielles et pourtant dévalorisées, difficiles et donc déléguées à d'autres. Elles sont souvent oubliées par les philosophies du travail comme elles le sont dans la réalité sociale. C'est paradoxalement chez Hannah Arendt, pourtant accusée d'avoir une conception réductrice du travail, que l'on trouve une catégorie permettant de les appréhender dans leur unité : celle de labeur. Modifiant la traduction usuelle de sa distinction entre travail (labor) et oeuvre (work), qui renforce l'impression d'une dépréciation du travail par rapport à l'oeuvre, nous proposons de la rendre plus littéralement par le couple du labeur (labor) et du travail (work). Apparaît dès lors chez Arendt une véritable philosophie de l'activité posant le labeur comme condition du travail, lui-même condition de l'action. A l'aide de cette catégorie, elle pointe un ensemble d'activités vouées à la reproduction de la vie qui n'ont pas "droit de cité" , mais aussi le redoublement de cet effacement avec l'avènement du social dans la modernité. Malgré l'emprise théorique qu'exerce la logique du labeur, on ne cesse de refuser de le voir, d'en dénier la nécessité comme la dureté, en le confondant avec le travail. Une convergence aussi frappante qu'inattendue peut être mise en évidence entre cette catégorie de labeur et toute une constellation de concepts issus des théories féministes : le travail domestique, reproductif, travail de care ou encore de subsistance. Ces théories ne se sont pas réclamées d'Arendt, qui elle-même ne s'est jamais revendiquée du féminisme. Mais on peut mobiliser ces concepts pour préciser le sens de la catégorie de labeur, répondre aux problèmes qu'elle soulève quant à sa teneur critique, et en esquisser un usage possible dans le cadre d'une philosophie sociale du travail renouvelée.
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