Otto Dix (1891-1969), s'il fut classé parmi les artistes dégénérés par le régime nazi, s'est depuis lors imposé comme un peintre majeur, dont la stature posthume ne cesse de s'étoffer. Ce volume propose un itinéraire parmi plus de trois cents lettres inédites en allemand comme en français, accompagnées de nombreux dessins et croquis, écrites durant plus de cinq décennies. Des années vingt de la période d'effervescence créatrice aux années soixante de la reconnaissance tardive et incomplète, en passant par les années trente et quarante de l'exil intérieur et les années cinquante, où le grand peintre cherche sa place dans la société d'après-guerre de l'Allemagne divisée, ces documents apportent un éclairage nouveau et remarquablement précis sur les conditions de travail d'Otto Dix, sur sa conception de la peinture mais aussi sur le rôle que jouaient les liens affectifs et familiaux dans l'existence de l'artiste.
Nombre de pages
284
Date de parution
16/11/2010
Poids
450g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782351220672
Titre
Lettres et dessins
Auteur
Dix Otto ; Teissier Catherine
Editeur
SULLIVER
Largeur
150
Poids
450
Date de parution
20101116
Nombre de pages
284,00 €
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Dix Otto ; François Hervé ; Krumeich Gerd ; Goerig
En 1914, Otto Dix , élève de l'école des Beaux-Arts de Düsseldorf, s'engage dans les troupes allemandes du front occidental, en Picardie. Traumatisé par cette expérience combattante, l'artiste produit en 1924 une série de cinquante eaux-fortes, Der Krieg (La Guerre), tirée à soixante-dix exemplaires. Servies par une technique en clair-obscur exceptionnelle, ces scènes hallucinées de batailles, de tranchées, de corps disloqués, abandonnés sur une terre éventrée, composent une chronique visuelle dont la radicalité suffoque et éblouit. Inspiré par Les Désastres de la guerre de Goya, le manifeste pacifiste d'Otto Dix suscite la polémique. A l'héroïsation du combat prônée par les nationalistes, il oppose l'atroce réalité, la mort dévorante et l'absurdité tragique. Le peintre, stigmatisé dans l'exposition "L'Art dégénéré", organisée par les nazis en 1937, voit une partie de son oeuvre détruite. La force plastique et subversive de ses gravures reste intacte.
En 1958, Otto Dix rédige deux leçons de peinture pour la Washington School of Art, école d art par correspondance autrefois basée à New York et aujourd hui oubliée. Dans ces documents, publiés pour la première fois dans une traduction française, l artiste expose des principes de peinture et de composition révélateurs de ses conceptions personnelles du travail pictural. Il y détaille aussi les principales étapes d une technique qui a contribué au succès de ses oeuvres dans les années vingt. Cette précieuse source d information pour les conservateurs et les restaurateurs a légitimement retenu leur attention; elle est aussi, pour les historiens d art, un objet d interprétation. Dans un texte de présentation où elle explicite la genèse et le contexte d un épisode pour le moins surprenant au regard de la place aujourd hui occupée par Otto Dix dans l histoire de l art du xxe siècle, Catherine Wermester s attarde sur les implications des choix techniques de l artiste et sur leur réception par la critique. Elle revient sur les principales étapes du parcours de l artiste, de son succès à l époque de la République de Weimar jusqu aux difficultés qu il rencontre, à la fin des années cinquante, pour poursuivre une carrière brutalement interrompue par le nazisme.
« C'est une figure presque parfaite de la modernité que celle de l'abandon soumis, superstitieux et aveugle, à ce pseudo-fatalisme né du progrès dont témoigne désormais la prolifération nucléaire : elle est permise, et même encouragée, par le marché. » Ce pamphlet nous rappelle que les grands moyens technologiques sont nés dans l'affrontement auquel sont inévitablement conduits les États sous la domination de l'économie, et comment ils sont ensuite réutilisés en réponse à des situations d'urgence toujours plus étendues.