La réédition de l'Art de se taire (1771) de l'Abbé Dinouart a voulu obéir elle-même à ce principe que le traité énonce. Mais on ne saurait, sans paradoxe, parler du silence. Et l'ouvrage est bien un paradoxal art de parler: quand cesse le langage, c'est alors le corps qui parle. L'Art de se taire est un art de l'éloquence du corps, ce chapitre oublié de la rhétorique classique. Le corps éloquent y est modéré par les exigences de la civilité. On découvre là un idéal psychologique de contenance et de maîtrise de soi - "Jamais l'homme ne se possède plus que dans le silence" -, hanté par la crainte de la dissipation; un modèle de conduite ordinaire de la vie dominé par la retenue, la circonspection, voire la réticence: éléments d'une archéologie de la prudence. L'Art de se taire est ainsi un gouvernement de soi, mais aussi un gouvernement des autres; et le silence est une catégorie politique: "Le silence politique est celui d'un homme prudent, qui se ménage, se conduit avec circonspection, qui ne s'ouvre point toujours, qui ne dit pas tout ce qu'il pense, qui n'explique pas toujours sa Conduite et ses desseins; qui, sans trahir les droits de la vérité, ne répond pas toujours clairement, pour ne point se laisser découvrir". Le traité de Dinouart conduit alors à un ensemble d'interrogations sur la fonction du silence en politique, étrangement actuelles
Nombre de pages
94
Date de parution
01/11/1998
Poids
82g
Largeur
110mm
Plus d'informations
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EAN
9782841370382
Titre
L'art de se taire
Auteur
DINOUART (ABBE)
Editeur
MILLON
Largeur
110
Poids
82
Date de parution
19981101
Nombre de pages
94,00 €
Disponibilité
Epuisé
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On ne saurait, sans paradoxe, parler du silence, et l'ouvrage est bien un paradoxal art de parler: quand cesse le langage, c'est alors le corps qui parle. L'Art de se taire est un art de l'éloquence du corps, ce chapitre oublié de la rhétorique classique. Le corps éloquent y est modéré par les exigences de la civilité. On découvre là un idéal psychologique de contenance et de maîtrise de soi, hanté par la crainte de la dissipation, un modèle de conduite ordinaire de la vie dominé par la retenue, la circonspection, voire la réticence, éléments d'une archéologie de la prudence. L'Art de se taire est ainsi un gouvernement de soi, mais aussi un gouvernement des autres; et le silence est une catégorie politique: Le silence politique est celui d'un homme prudent, qui se ménage, se conduit avec circonspection, qui ne s'ouvre point toujours, qui ne dit pas tout ce qu'il pense, qui n'explique pas toujours sa conduite et ses desseins; qui, sans trahir les droits de la vérité, ne répond pas toujours clairement, pour ne point se laisser découvrir. Le traité de Dinouart conduit à un ensemble d'interrogations sur la fonction du silence en politique, étrangement actuelles.
Avoir la maîtrise de soi et de son corps en société: cette question est au c'ur de L'Art de se taire (1771), qui appartient à la catégorie des manuels de la prudence et des règles du « beau paraître » dont le modèle est L'Homme de cour (1655) de Baltasar Gracian. Le livre rencontre dès sa parution un immense succès et provoque une vive polémique: son auteur est soupçonné d'avoir plagié un traité écrit près d'un siècle plus tôt pour les nonnes et les moines...Avec ce livre, Dinouart propose à la société des salons et des dîners, des gourmets et des lettrés, qui craint alors la dissipation, le bavardage et les « mauvais propos », un modèle de comportement calqué sur ceux de la religion et de la Cour. Rien moins, donc, que l'art de dissimuler, d'avoir une bonne contenance et de tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de parler, un art qui, paradoxalement, accorde une importance toute particulière au langage du corps, qu'il faut apprendre à décrypter?
On ne saurait, sans paradoxe, parler du silence, et l?ouvrage est bien un paradoxal art de parler quand cesse le langage, c?est alors le corps qui parle. L?Art de se taire est un art de l?éloquence du corps, ce chapitre oublié de la rhétorique classique. On découvre un idéal psychologique de contenance et de maîtrise de soi, hanté par la crainte de la dissipation, un modèle de conduite ordinaire de la vie dominé par la retenue, la circonspection, voire la réticence, éléments d?une archéologie de la prudence. L?Art de se taire est ainsi un gouvernement de soi, mais aussi un gouvernement des autres ; et le silence est une catégorie politique : Le silence politique est celui d?un homme prudent, qui se ménage, se conduit avec circonspection, qui ne s?ouvre point toujours, qui ne dit pas tout ce qu?il pense, qui n?explique pas toujours sa conduite et ses desseins ; qui, sans trahir les droits de la vérité, ne répond pas toujours clairement, pour ne point se laisser découvrir. Le traité de Dinouart conduit à un ensemble d?interrogations sur la fonction du silence en politique, étrangement actuelles.
Comment garder la maîtrise de soi et de son corps en société? Cette question est au coeur de L'Art de se taire qui, dès sa parution en 1771, rencontre le succès. Son auteur, Joseph Antoine Toussaint Dinouart (1716-1786), ecclésiastique, traducteur et polémiste, érudit et bel esprit, propose à la société des salons et des dîners, qui craint alors la dissipation, le bavardage et les mauvais propos, un modèle de comportement calqué sur ceux de la religion et de la Cour. Rien moins, donc, que l'art de dissimuler, d'avoir une bonne contenance et de tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de parler - un art qui, paradoxalement, accorde une importance toute particulière au langage du corps, qu'il faut apprendre à décrypter...
Husserl Edmund ; Pestureau Jean-François ; Mazzù A
L'existence des " Manuscrits de Bernau " de Husserl sur la conscience intime du temps fut révélée pour la première fois publiquement par Heidegger, en 1928 dans sa préface aux célèbres Leçons sur la phénoménologie de la conscience intime du temps. Ces Manuscrits, écrits par Husserl à Bernau (Forêt Noire) en 1917/18, sur la base d'une compilation faite par Edith Stein, sont restés inédits du vivant du philosophe, bien qu'ils aient été confiés, dans les années trente, à Eugen Fink en vue de la publication. Pour plusieurs raisons, dont la complexité des textes n'est pas la moindre, Fink n'en vient pas à bout, et après la guerre, y renonça. Husserl considérait en effet ces manuscrits comme son " ouvrage principal " qui, restés dans les cartons des Archives de Louvain, sont entrés dans la légende pour le milieu des phénoménologues , puisqu'ils étaient censés contenir les clés de l'oeuvre entière. Il aura fallu le travail persévérant de Rudolf Bernet et Dieter Lohmar pour que l'ouvrage (une sélection parmi la masse des manuscrits) paraisse enfin, en 2001, dans la collection des Husserliana. Cette édition critique est celle qui est publiée ici en traduction française. L'importance considérable de ces textes tient à ce qu'ils constituent proprement l'acte de naissance de la phénoménologie génétique, et conduisent par là à réexaminer et relativiser les analyses structurales et statiques auxquelles on a trop souvent réduit la phénoménologie, en en faussant l'" esprit ", en la figeant dans une scolastique. Car les " Manuscrits de Bernau " sont avant tout un exercice aigu du sens critique, de la pensée aux prises avec des problématiques aporétiques, de l'art de pratiquer des distinctions nuancées jusqu'au plus subtil, de la rencontre de choses essentiellement mobiles, bref, de la pratique de la philosophie telle qu'elle doit se donner à entendre aujourd'hui.
Au Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c'ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c'ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.