La parution de L'Aile pourpre en 2004 a révélé l'oeuvre littéraire de Nicolas Dieterlé, dont la reconnaissance posthume n'a cessé de s'étendre depuis lors. Deux volumes ont suivi : Ici pépie le coeur de l'oiseau-mouche, en 2008, et Afrique et autres récits, en 2013, marqués par un même regard tout à la fois joyeux et voilé d'une étrange mélancolie. " Notre joie la plus pure, écrit Dieterlé dans ce Journal de Baden, est dans l'oubli et la transparence. Toutes les autres joies sont des joies mélangées. " Dans la contemplation d'un oiseau ou d'un arbre, c'est une lumière qui nous saisit ; ou, dans un rêve, telle révélation qui s'impose à nous ; ou, dans la rencontre, ces instants où l'amour nous ouvre à une éternité... Récits, souvenirs, promenades, méditations, sans relâche Dieterlé interroge le présent et tente d'en recueillir la voix. Cinq mouvements constituent cet ensemble : le " Journal de Baden ", écrit dans cette Forêt-Noire si chère aux grands Romantiques allemands que Dieterlé aimait tant, " Mélancolie ", " Parmi les bris de la matière ", " 30 fragments " et " Les oiseaux ". " Nicolas Dieterlé est, tout ensemble, écrit dans sa préface Yves Leclair, l'enfant inconsolable d'une terre africaine, exotique, puissante, sensuelle et colorée, une sorte d'acrobate de la joie divine à la manière d'un Chagall et, tout autant, le fils prodigue du plus alchimiste des poètes romantiques allemands, ce Novalis dont il avait déjà rédigé le synopsis d'un essai à venir quand la maladie dépressive l'assiégea et lui fit mettre une fin aussi cruelle que soudaine à sa quête inachevable. "
Nombre de pages
167
Date de parution
14/01/2021
Poids
224g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782845903081
Titre
Journal de Baden
Auteur
Dieterlé Nicolas ; Leclair Yves
Editeur
ARFUYEN
Largeur
135
Poids
224
Date de parution
20210114
Nombre de pages
167,00 €
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Extrait le toit des voitures est verni par le gel ; les branches des arbres crissent contre le ciel Dans l'allée, en passant, j'ai entendu le chant pointu, pareil à une mince flèche tournoyante, d'un oiseau invisible * le jour est gris-bleu, avec des rehauts de rose * une rivière d'enfants a glissé dans la rue Leurs voix chantonnantes traversaient le temps mince comme un film * quand la femme est passée sous le sapin, son corps a semblé fléchir, comme si le sapin avait réellement pesé sur elle Ce fléchissement - que l'homme prosaïque aurait tenu pour illusoire, mais qui était doué d'une indiscutable réalité pour celui qui sait voir, c'est-à-dire imaginer - ce fléchissement exprimait la soumission heureuse (quoique inconsciente) de la passante à la présence oscillante et pleine du sapin Cela n'a malheureusement duré qu'un moment : une fois sortie de l'orbe du sapin, la femme a repris aussitôt sa marche faussement autonome, vive mais sans but
Extrait La demeure En Afrique, j'étais de plain-pied avec les choses et les êtres. Je connaissais intimement tel rocher, je me courbais avec la colline qui surplombait la maison, j'étais les yeux profonds du chien familier, je me dissolvais avec le nuage, à l'aube, dans la clarté montante du jour. Le soleil lui-même était issu de ma poitrine et je connaissais d'avance la splendeur de sa course qui s'achevait en moi. Quant à la terre, verte et rouge, immense et souple, elle ne faisait qu'un avec mon pied nu et chacun de mes pas renouvelait notre alliance. Ainsi, arpentant telle piste, j'en déchiffrais la large écriture faite de bosses, de trous, de cailloux épars et de branches, de mes seuls pieds amoureusement savants. Car, en Afrique, au temps de l'enfance, connaissance et amour n'étaient pas séparés. Ils se confondaient comme se confondent, dans la réalité invisible et suprême, le rayon et l'ombre, la lune et le soleil, l'eau et le feu, la folie et la sagesse. Tous mes amours s'achevaient en connaissances, toutes mes connaissances s'achevaient en amours. La fleur que je prenais dans la main revêtait un éclat double et unique qui ceignait le monde. Ainsi pour moi, l'enfant, tout était demeure, profonde maison dont les murs légers et indestructibles étaient faits d'un ciment mêlé d'amour et de sagesse. La nuit En Afrique, la nuit n'était pas le triste et froid envers du jour, comme dans les villes occidentales, mais un univers en soi, peuplé de présences infinies dont les bruissements et les appels se fondaient en une musique étrange et lancinante. Il suffisait de l'entendre pour se croire transporté sur une autre planète dont les habitants mystérieux émettaient des chuchotements magiques destinés à provoquer chez eux quelque transe divine. Sous cette influence, l'univers entier semblait perdre ses assises familières et se mettre à voguer sur une mer irréelle aux couleurs violentes et sourdes à la fois. Tout paraissait en proie à un balancement immense qui donnait à l'âme une nausée mêlée de délices. La magie nocturne délivrait le monde, le rendait à son invraisemblance native, primordiale. Comme un océan, la nuit englobait tout dans sa masse. La maison, ses murs, son toit, les chambres, les miroirs, les couloirs étaient saturés d'une nuit violette, poisseuse, odorante. Cet univers aquatique était peuplé des lumières éparses de nos lampes à pétrole, pareils à de minces poissons au doux rayonnement. Nous nous tenions contre eux, contre leur ventre, et voyagions ainsi au fil des soirs bruissants, électriques. Puis nous allions nous coucher sous la moustiquaire semblable à un cocon, le corps tendu dans l'attente de quelque événement. (...)
Quatrième de couverture Ce journal écrit entre 1994 et 2000 constitue le témoignage exceptionnel d'une quête spirituelle intime et profonde menée avec rigueur et discrétion. Nicolas Dieterlé se définit lui-même par la pierre et l'oiseau, cette polarité exprimant un sentiment de pesanteur (la pierre) mais l'aspiration à la verticalité et à la lumière (l'oiseau). Marqué par des figures telles que celles de Simone Weil, Etty Hillesum ou Novalis, l'auteur perçoit que ce qui le crucifie est en même temps ce qui le sauve. « Jusque dans la mort, je bénis la Vie qui surpasse la vie ». Quelques jours après avoir écrit ces mots, Nicolas Dieterlé s'est donné la mort. Ce journal fait néanmoins découvrir chez l'auteur un immense désir de vivre alors qu'il se sentait acculé et vaincu par la maladie.
Ce huitième ouvrage de Maître Eckhart aux Éditions Arfuyen aborde l'oeuvre latine avec un court traité, le Commentaire du Notre Père, traduit ici pour la première fois. Son intérêt est double : d'une part, c'est une réflexion sur un texte fondamental et connu de tous, le Notre Père, et qui s'adresse donc à un public plus large ; d'autre part, le Commentaire mobilise l'ensemble de la culture d'Eckhart et permet de mieux comprendre ses sources, de Cassien et Augustin à Jean Chrysostome et Maxime le Confesseur. Quant à la magnifique Prière de Maître Eckhart, elle est ici publiée pour la première fois en édition bilingue (trad. Gérard Pfister) et en traduction intégrale. Le Commentaire du Notre Père apparaît dans deux manuscrits, dont le célèbre manuscrit de Cues de 1444. L'attribution du Commentaire à Eckhart est néanmoins certaine, du fait de nombreuses similitudes avec d'autres oeuvres eckhartiennes. Eckhart y fait lui-même expressément allusion dans son Commentaire sur l'évangile de Jean. Le Commentaire du Notre Père propose une méditation sur la prière chrétienne. Prier, c'est s'adresser à Dieu et lui parler. Eckhart insiste également ici sur le caractère communautaire et ecclésial de la prière. Enfin, la prière du Notre Père n'est pas seulement un modèle pour les hommes, elle est aussi et surtout la prière du Christ lui-même. Prier, c'est donc entrer dans la prière du Christ, se conformer à lui, et devenir Fils du Père. Le rapprochement entre l'oeuvre latine et l'oeuvre allemande permet ainsi de montrer que les expressions les plus audacieuses d'Eckhart trouvent en réalité leur fondement dans la tradition la plus classique. Éric Mangin, prêtre diocésain, est chargé de cours à la faculté de philosophie de l'université catholique de Lyon et membre de l'équipe de recherche sur les mystiques rhénans. Marie-Anne Vannier, professeur à la faculté de théologie de l'université de Metz, a déjà préfacé trois ouvrages d'Eckhart parus dans la même collection.
Après Maître Eckhart et Thérèse d'Avila, ce livre est le 3e de la collection "Ainsi parlait". Pourquoi Sénèque ? "Sénèque fascine ; Sénèque irrite, écrit Louis Gehres. Déjà Néron supportait mal ce trop sage précepteur ; et la postérité n'a pas fini de s'en agacer. La gloire, la richesse, le pouvoir, tout lui a été donné. Mais il se pique de ne se soucier que de sagesse." Le destin de Sénèque ne fut pourtant pas dépourvu d'épreuves : le bannissement en Corse, la mort de son fils, mais surtout le suicide en 65, sur ordre de Néron. Tacite a donné des derniers instants de Sénèque un récit dont la grandeur évoque, bien sûr, la mort de Socrate. Son oeuvre acquiert là une signature de vérité qui en change la lecture.