Ce huitième ouvrage de Maître Eckhart aux Éditions Arfuyen aborde l'oeuvre latine avec un court traité, le Commentaire du Notre Père, traduit ici pour la première fois. Son intérêt est double : d'une part, c'est une réflexion sur un texte fondamental et connu de tous, le Notre Père, et qui s'adresse donc à un public plus large ; d'autre part, le Commentaire mobilise l'ensemble de la culture d'Eckhart et permet de mieux comprendre ses sources, de Cassien et Augustin à Jean Chrysostome et Maxime le Confesseur. Quant à la magnifique Prière de Maître Eckhart, elle est ici publiée pour la première fois en édition bilingue (trad. Gérard Pfister) et en traduction intégrale. Le Commentaire du Notre Père apparaît dans deux manuscrits, dont le célèbre manuscrit de Cues de 1444. L'attribution du Commentaire à Eckhart est néanmoins certaine, du fait de nombreuses similitudes avec d'autres oeuvres eckhartiennes. Eckhart y fait lui-même expressément allusion dans son Commentaire sur l'évangile de Jean. Le Commentaire du Notre Père propose une méditation sur la prière chrétienne. Prier, c'est s'adresser à Dieu et lui parler. Eckhart insiste également ici sur le caractère communautaire et ecclésial de la prière. Enfin, la prière du Notre Père n'est pas seulement un modèle pour les hommes, elle est aussi et surtout la prière du Christ lui-même. Prier, c'est donc entrer dans la prière du Christ, se conformer à lui, et devenir Fils du Père. Le rapprochement entre l'oeuvre latine et l'oeuvre allemande permet ainsi de montrer que les expressions les plus audacieuses d'Eckhart trouvent en réalité leur fondement dans la tradition la plus classique. Éric Mangin, prêtre diocésain, est chargé de cours à la faculté de philosophie de l'université catholique de Lyon et membre de l'équipe de recherche sur les mystiques rhénans. Marie-Anne Vannier, professeur à la faculté de théologie de l'université de Metz, a déjà préfacé trois ouvrages d'Eckhart parus dans la même collection.
Nombre de pages
101
Date de parution
22/08/2005
Poids
115g
Largeur
121mm
Plus d'informations
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EAN
9782845900684
Titre
Commentaire du Notre Père
Auteur
ECKHART J
Editeur
ARFUYEN
Largeur
121
Poids
115
Date de parution
20050822
Nombre de pages
101,00 €
Disponibilité
Epuisé
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« Une jeune fille vint frapper à la porte d'un couvent de dominicains et demanda à parler à Maître Eckhart. "Qui dois-je annoncer ? lui demanda le frère portier. - Je ne sais pas, répondit-elle. - Comment cela, vous ne le savez pas ? - Je ne suis ni une enfant, ni une femme, ni un homme. Je ne suis pas une épouse, pas une veuve, et pas non plus une vierge. Et je ne suis ni seigneur, ni servante, ni valet." » Le portier avertit Eckhart, qui accourt. » Ainsi commence la première des Légendes de Maître Eckhart. Par un savoureux retournement de situation, c'est Eckhart qui joue ici le rôle de ces clercs riches de savoir mais faibles d'intelligence qu'il a tant brocardés. Interrogée par ses soins, la jeune fille l'éblouit de ses réponses, tout comme une autre fois un mendiant rencontré par hasard ou cet « homme pauvre » invité à sa table par une demoiselle de Cologne. Le voici au bord du chemin avec un « enfant nu » : « Maître Eckhart rencontra un jour un bel enfant qui était entièrement nu. Il lui demanda d'où il venait. "Je viens de Dieu, lui répondit l'enfant. - Qui es-tu ? - Un roi, lui répondit l'enfant. - Où donc est ton royaume ? - Il est dans mon coeur" ». Ce que disent la jeune fille, le mendiant, l'homme pauvre ou l'enfant nu est de la plus pure inspiration eckhartienne. S'ils peuvent l'enseigner à Maître Eckhart mieux que lui-même ne l'a jamais pu dire, c'est que, chacun à leur manière, ils sont autant de personnifications de cet être dans lequel Dieu veut en nous, de toute éternité, s'engendrer.
Maintenant tu demanderas : qu'est donc le détachement, pour qu'il cache en lui pareille puissance ? Le vrai détachement signifie que l'esprit se tient impassible dans tout ce qui lui arrive, que ce soit agréable ou douloureux, un honneur ou une honte, comme une large montagne se tient impassible sous un vent léger". Dans un langue fraîche et lumineuse, Eckhart nous invite à méditer une parole vivante, conviant à l'apaisement et à la contemplation. Ces textes sont extraits d? Oeuvres, Sermons-traités (collection Tel n°126, Editions Gallimard).
Lire Maître Eckhart, c'est favoriser l'accès à une souveraineté de l'esprit qui tout ensemble enseigne et contraint. Eckhart n'enseigne rien d'autre que l'opération d'émergence de la conscience à elle-même, de son éveil joyeux. Il ne contraint qu'au détachement de nos errements et de nos illusions. Prendre la pensée d'Eckhart telle qu'elle se donne, c'est en saisir le pouvoir transformateur pour notre conscience qu'il nomme naissance du Fils en nous. Dans la langue si belle d'Eckhart, nouée sur ses images, ses paradoxes, il faut voir la nécessité de porter au paroxysme la conscience pour la faire rompre avec ses habitudes naturelles. Pour le lecteur d'aujourd'hui cette anthologie des plus grands textes de Maître Eckhart est un outil de découverte et le support d'une méditation sans fin.
Le 27 mars 1329, le pape Jean XXII condamnait comme hérétiques dix-sept propositions extraites des oeuvres de Maître Eckhart et en réputait onze autres "tout à fait malsonnantes, très téméraires et suspectes d'hérésie". Ainsi s'achevait le premier procès d'inquisition intenté au Moyen Age contre un dominicain, maître en théologie de l'Université de Paris, né en 1260 et mort en 1328. Ce volume consacré à l'un des plus grands philosophes du Moyen Age regroupe un ensemble de textes régis par une intention : convertir le chrétien, et, à cette fin, confier à la parole le soin de faire renaître l'âme en Dieu. "Maître Eckhart est le Dante allemand. Comme lui, il s'adresse au vulgaire et son problème est le même : articuler théologiquement et philosophiquement les deux fins de l'homme, la félicité obtenue ici-bas et la béatitude promise aux justes dans la patrie céleste. L'originalité d'Eckhart est de lancer la possibilité d'une vie bienheureuse acquise sur cette terre."
Après Maître Eckhart et Thérèse d'Avila, ce livre est le 3e de la collection "Ainsi parlait". Pourquoi Sénèque ? "Sénèque fascine ; Sénèque irrite, écrit Louis Gehres. Déjà Néron supportait mal ce trop sage précepteur ; et la postérité n'a pas fini de s'en agacer. La gloire, la richesse, le pouvoir, tout lui a été donné. Mais il se pique de ne se soucier que de sagesse." Le destin de Sénèque ne fut pourtant pas dépourvu d'épreuves : le bannissement en Corse, la mort de son fils, mais surtout le suicide en 65, sur ordre de Néron. Tacite a donné des derniers instants de Sénèque un récit dont la grandeur évoque, bien sûr, la mort de Socrate. Son oeuvre acquiert là une signature de vérité qui en change la lecture.