Les nations européennes entre histoire et mémoire, XIX-XXe siècles
Démier Francis ; Musiani Elena
PARIS OUEST
21,00 €
Epuisé
EAN :9782840162537
Cet ouvrage s'inscrit dans un programme de recherche intitulé "Les nations et l'Europe : deux mémoires en parallèle" . Ce programme développé au sein du Labex de l'université de Paris-Nanterre, Les passés dans le présent, a pour objectif l'analyse des relations entre le sentiment national et l'idée européenne depuis la fin du XVIIIe siècle. De l'Europe des révolutions qui ouvre le XIXe siècle, à celle de Maastricht, un dialogue à la fois conflictuel et complémentaire a été poursuivi entre les tenants d'une identité nationale privilégiée et ceux qui ont plaidé en faveur d'un destin commun des peuples de l'Europe. Ce livre s'est alors donné pour objectif d'identifier les forces politiques, les milieux économiques, les groupes de pensée, les personnalités, les milieux culturels qui ont été à la source de ces débats et d'isoler les tournants, les moments de stabilisation, les crises, les conflits qui ont redéfini profondément le jeu de miroir qui s'est progressivement établi entre les nations et l'Europe. Ceux et celles qui ont participé à cet ouvrage ont voulu comprendre comment se sont construites par étapes, une mémoire des nations et une mémoire de l'Europe, comment se sont différenciées, au sein même des nations et de l'Europe, des mémoires concurrentes des régions ; comment encore, ces mémoires ont été convoquées sur la scène politique. Cette recherche a eu enfin pour ambition d'alimenter un débat d'actualité sur la place occupée par le sentiment national et l'idée européenne dans un paysage de crise où les deux identités sont à l'épreuve.
Nombre de pages
348
Date de parution
13/06/2017
Poids
483g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782840162537
Titre
Les nations européennes entre histoire et mémoire, XIX-XXe siècles
Auteur
Démier Francis ; Musiani Elena
Editeur
PARIS OUEST
Largeur
155
Poids
483
Date de parution
20170613
Nombre de pages
348,00 €
Disponibilité
Epuisé
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S'il est une période de l'histoire de France qui a fait l'objet de nombreux travaux et recherches, c'est la Restauration, dont les premières histoires datent de la fin de 1830, dès le lendemain de son renversement par l'insurrection de juillet. Historiographie essentiellement politique, lieu de batailles féroces d'interprétations qui, jusqu'à nos jours, ne se départissent guère de la clef d'interprétation livrée dès les années 1830 par le premier historien de la période, Jean-Baptiste Capefigue: « On nepourra bien saisir le caractère de ce mouvement qu'en suivant le fil de la grande intrigue qui, depuis le 13 juillet 1789, a remué la France et l'Europe; car, chose étonnante, dans toutes les phases de sa fortune, la maison des Bourbons est demeurée avec ses grandeurs, ses préjugés et ses chimères! ».Avec Francis Démier, la focale se déplace: La Restauration n'est plus seulement la « mise au tombeau » de la monarchie narrée par Chateubriand, qui viendrait clore l'épisode ouvert par la crise de juillet 1789 par la démonstration en 1830 de « l'impossible retour du passé ». Elle est tout autant l'ouverture à l'avenir d'une France économiquement industrieuse et bientôt industrielle, se lançant dans la modernisation, cette France dont Balzac a superbement dressé la physiologie et dont Joseph Lainé, alors député de la Gironde, déclarait devant la Chambre, le 6 mai 1820, dans une formule lapidaire qui peut résumés ce livre: «?les intérêts matériels sont devenus prépondérants ».
Liberté au dedans, protection au dehors, tels sont les éléments de la régénération. ?" C'est par cette formule lapidaire, qu'en 1814, à la chute de l'Empereur, Louis Becquey, en charge de la politique commerciale de la France, fixa un cap à la construction d'une nation bâtie sur le socle des richesses matérielles. Le protectionnisme était devenu la ligne générale de la nation. Il avait pris naissance dans un patriotisme révolutionnaire hostile à l'Ancien Régime tenté par le libre-échange. Réponse à la menace d'une hégémonie de l'Angleterre, il appelait à "?mobiliser les bras?" et conjuguer sans contradiction le culte de la liberté et celui de ses limites. Loin d'être un obstacle au libéralisme, la ligne de douane a longtemps dessiné l'espace dans lequel les manufacturiers acceptèrent de prendre les risques du marché. Quand elle devint une entrave au développement, l'État, convaincu qu'il n'existait pas d'harmonie spontanée entre les intérêts privés et l'intérêt général, la fit céder au profit d'une ouverture sur le grand large. La Troisième République confondit d'abord le libre-échange avec les libertés retrouvées. Mais, face à la menace du boulangisme et à celle d'une nouvelle mondialisation, elle se rallia au "?protectionnisme rationnel?" de Jules Méline, condition alors de la cohésion politique des Français et tranchée profonde de la défense de la République.
Le XIXe siècle des historiens commence avec la chute de l'Empire napoléonien et s'achève avec la déclaration de la Grande Guerre. Cet ouvrage propose une histoire globale de ce moment capital, siècle des révolutions, de la conquête de la démocratie et de la construction de la République, en prenant en compte l'évolution historiographique, depuis les travaux d'Ernest Labrousse jusqu'à l'histoire actuelle des "représentations".
Gomez-Géraud Marie-Christine ; Lestringant Frank ;
Ce volume se penche sur l'oeuvre critique de Daniel Ménager, professeur à l'université de Nanterre, disparu en 2020. Une oeuvre qui, dans ses derniers développements, s'est fortement ouverte sur le comparatisme. Si la Renaissance apparaît comme la source de sa réflexion, cet esprit humaniste formé aux oeuvres antiques et curieux de littérature universelle entendait désenclaver les études littéraires pour mettre la littérature au service de la pensée et de l'émergence de la conscience de soi.
Explorant divers terrains de recherche, cet ouvrage analyse la façon dont toute recherche est à la fois "située" par l'histoire et l'engagement du chercheur, et "situante" , car elle construit son objet. Regards situants propose une réflexion collective autour du "regard situant" , à la fois conçu comme outil méthodologique, cadre épistémologique et posture éthique en sciences sociales. L'ouvrage affirme que toute recherche est simultanément située - par l'histoire et l'engagement du chercheur - et situante - puisqu'elle construit son objet. A travers des contributions variées, il explore la sororité dans la recherche, la territorialité, le rapport au lointain, les enjeux invisibilisés, l'apport du marxisme, ainsi que des démarches de recherche-action-formation, des articulations entre quantitatif et qualitatif et des méthodes innovantes comme l' "entretien marché ". Conçu comme un laboratoire de pensée plutôt qu'une théorie figée, le livre s'achève sur une ouverture critique invitant au débat. Regards situants affirme ainsi le regard situant comme un levier essentiel pour renouveler la pratique scientifique, entre rigueur, réflexivité, engagement et ouverture.
L'organisation contemporaine du savoir est telle que la notion d'humanité y joue une position relativement ambigüe. D'un côté, le développement des sciences de l'homme depuis le milieu du XIXe siècle, fait de l'humanité un domaine épistémologique de premier ordre. D'un autre côté, les notions de "nature humaine", d'"humanité" voire d'"humanisme" font régulièrement l'objet d'attaques frontales : en témoignent les différentes formes de morale ou de politique "antihumaniste", le constat philosophique de la "mort de l'homme" ou l'annonce d'une ère historique "post- ou trans- humaniste". Or, ces différentes acceptions de la notion d'humanité ne se superposent pas. Le groupe de recherche "L'humain impensé" cherche à clarifier la nature des débats contemporains autour de cette notion. Les différentes contributions présentées dans cet ouvrage participent à cet effort, en interrogeant l'humain aux prismes des questions de la philosophie, du langage, de l'art, et de la technologie.
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