Les pères ont été beaucoup parlés, peu écoutés. L'homme - particulièrement le père - ne serait-il pas aujourd'hui ce " continent noir " qu'était pour Freud la féminité ... Qu'est-ce, en effet, qu'un père ? La réponse est loin d'être évidente. Est-ce du géniteur, de l'éducateur, du compagnon de la mère qu'il s'agit ? Dans certaines sociétés, le mari n'a qu'un rôle social et économique, tandis que c'est l'oncle (paternel ou maternel) qui s'occupe de l'éducation, pendant que l'amant (ou les amants) se chargent de la procréation. Chez les Davenda d'Afrique du Sud, cela peut même aller jusqu'à accorder le statut de père à une femme ! Dans notre culture, la réalité paternelle est également multiple. Aussi l'auteur de ce livre, après une enquête ethnologique et psychanalytique, a-t-elle choisi de dialoguer avec des hommes, cas courants ou moins courants de paternité : entretiens cliniques avec des " primipères ", des " multipères ", des hommes stériles qui ont un enfant par l'insémination artificielle de leur compagne, des donneurs de sperme, enfin des hommes qui ne veulent plus être pères (demandeurs de vasectomie). Au terme du parcours, il s'avère que la paternité, comme la maternité, ne sont pas tant liées à la réalité physiologique qu'à l'usage qu'en fait telle ou telle société, à tel moment de l'histoire et de l'idéologie. Chez nous, on a limité la part du père à sa fonction de géniteur et de détenteur de la loi, la mère, elle, se caractérisant par sa grossesse et son accouchement. Or, une redéfinition de la parentalité peut se faire selon d'autres vecteurs : le sperme, qui n'est pas seulement celui du coït fécondant ; le lait, qui constitue peut-être à lui seul la spécificité maternelle. Et un enfant ne se fait-il pas avant tout dans deux têtes ...
Nombre de pages
342
Date de parution
17/04/1998
Poids
372g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782020342858
Titre
LA PART DU PERE. Edition 1998 revue et augmentée
ISBN
2020342855
Auteur
Delaisi de Parseval Geneviève
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
372
Date de parution
19980417
Nombre de pages
342,00 €
Disponibilité
Epuisé
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En matière de grossesse, d'accouchement et de maternage, les mères doivent composer avec des spécialistes qui tentent de leur imposer leur point de vue au moyen de « conseils pratiques». Comment s'y retrouver? Qui croire? Car, qu'il s'agisse de l'allaitement, de l'habillement, de la sucette, de la présence de la mère, du père ou du rôle du puériculteur, d'une génération à l'autre, ces spécialistes ne craignent pas de se contredire.
Qui est donc cette Isadora D. qui traque les fantômes et cherche à comprendre les secrets de son passé ? Dans l'histoire de vie présentée ici, cas clinique exemplaire raconté à la première personne, pas d'inceste, pas de suicide ; pas de père inconnu, mais un grand-pére trop connu ; pas de traumatisme indicible. En apparence seulement. Car les gens ordinaires aussi ont une histoire... Mêlant les styles et les genres, Geneviève Delaisi De Parseval propose un audacieux essai en trompe l'oeil sur l'identité, la mémoire, le discours sur soi. À travers l'histoire d'Isadora D. , c'est à chacune et chacun d'entre nous que Geneviève Delaisi De Parseval s'adresse. Psychanalyste, spécialiste des questions de filiation et de procréation, Geneviève Delaisi De Parseval est notamment l'auteur de L'Art d'accommoder les bébés et de La Part de la mère.
Il existe en France un monde parallèle, celui du peuple infertile que 10 % des Français connaissent à un moment ou à un autre de leur vie. Ils sont en général très informés et ont davantage réfléchi que la majorité de ceux qui ont des enfants sous la couette . Depuis les années 1980, j'essaie, toujours au fil des progrès techniques, avec ma double casquette d'ethno-psy, de comprendre les normes et les valeurs tant de ceux qui offrent les possibilités techniques et légales d'assistance médicale à la procréation que de ceux qui sont en demande d'enfant. Je me suis, dans ce livre, donné le défi de rendre compte de ma clinique au quotidien et d'analyser les interactions entre le psychisme de mes patients et le mien. Le récit de ces histoires individuelles et familiales nous fait entrer dans une dimension de la procréation passablement différente de ce que nous avons connu jusqu'à présent. Le lecteur découvrira un laboratoire familial inédit, à la fois exotique et futuriste, celui du champ renouvelé de l'assistance à la procréation." G.D. de P.
L'homme - particulièrement le père - neserait-il pas aujourd'hui ce «continent noir»qu'était pour Freud, la féminité ...Qu'est-ce qu'un père ? Le géniteur, l'éducateur,le compagnon de la mère ? Les nouvellesdéclinaisons familiales comme la clinique desprocréations médicalement assistées font apparaîtrede multiples figures du père, inconnuesou méconnues auparavant. Le «père de la grossesse»par exemple, celui qui soutient la mèreet qui attend l'enfant, fournit une réponseoriginale à définition psychologique de la paternité.Cet homme n'est pas nécessairement celuiqui a fourni le sperme fécondant, ni non plusle père génétique (c'est le cas classique du beau-père).Est-il forcément un homme ? Rien nel'exige... La France a longtemps limité la partdu père à sa fonction de géniteur et de détenteurde la loi, celle de la mère à la grossesse etau prétendu «instinct maternel».Ce livre, devenu un classique, ouvre denouvelles pistes à la compréhension de la paternitécontemporaine.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...