L'apologétique catholique entre rationalisme et fidéisme. Le délicat exercice d’équilibre du magistè
Franceschi Sylvio Hermann de ; Milbach Sylvain
CERF
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EAN :9782204179911
A l'âge du catholicisme contemporain, la figure et le rôle de l'apologiste chrétien ont considérablement évolué. Au fur et à mesure que se déroulait le combat contre l'incrédulité, les fonctions du discours apologétique se sont modifiées tandis que les compétences requises de la part des apologistes n'ont cessé de s'étendre. A la fi n du XIXe siècle, la profession semble frappée de vertige à porter un regard rétrospectif sur la multiplicité des défi s qu'il lui a fallu relever depuis l'époque romantique. Le XIXe siècle se présente ainsi comme un âge d'or de l'apologétique française. Non seulement les théologiens de profession, mais encore les laïques se sont lancés dans la lutte pour la défense de la religion - et ces derniers avec d'autant plus d'énergie qu'ils n'étaient pas pénalisés par leur qualité de gens d'Eglise. Les nouvelles exigences de spécialisation et de scientificité imposées au temps de la crise moderniste vont toutefois déboucher sur l'ébranlement du paradigme objectiviste traditionnel de l'apologétique. Les apologistes ne peuvent désormais plus se contenter de la démonstration par la preuve des miracles et des prophéties. Un accord général n'a pourtant jamais été trouvé sur la meilleure méthode à appliquer en apologétique. De là une fragilité qui a pesé sur les défenseurs de la vérité du christianisme durant le premier XXe siècle. Le statut de l'apologiste chrétien s'est alors retrouvé, et jusqu'à aujourd'hui, en situation d'instabilité. Agrégé et docteur en histoire, ancien élève de l'Ecole nationale des chartes et ancien membre de l'Ecole française de Rome, Sylvio De Franceschi est directeur d'études à la Ve section de l'EPHE-PSL et membre du Laboratoire d'études sur les monothéismes (UMR 8584). Il a notamment publié Morales du Carême, essai sur les doctrines du jeûne et de l'abstinence dans le catholicisme latin (2018) et Théologies en débat : l'Eglise catholique posttridentine au risque du pluralisme doctrinal dans la querelle de la grâce (2023).
Nombre de pages
656
Date de parution
13/08/2026
Poids
920g
Largeur
153mm
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EAN
9782204179911
Auteur
Franceschi Sylvio Hermann de ; Milbach Sylvain
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CERF
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153
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20260813
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Pendant longtemps, l'histoire de la théologie catholique a présenté les XVIIe et XVIIIe siècles comme le temps d'une suprématie de saint Augustin. La réalité est beaucoup plus complexe. Le catholicisme de l'âge classique se caractérise par un pluralisme doctrinal qui permet la confrontation de nombreuses écoles théologiques, dont celle de saint Thomas. Rédigé par l'un des meilleurs spécialistes actuels de l'histoire des idées religieuses de l'époque moderne, le présent ouvrage est consacré, à travers différentes études, à la définition du périmètre doctrinal caractéristique du thomisme des XVIIe et XVIIIe siècles. Né en 1972, ancien élève de l'École nationale des chartes, agrégé et docteur habilité à diriger des recherches en histoire moderne, ancien membre de l'École française de Rome, Sylvio Hermann De Franceschi est directeur d'études à la Ve section (Sciences religieuses) de l'École Pratique des Hautes Études (PSL) et directeur du Laboratoire d'études sur les monothéismes (UMR 8584). Il a notamment publié La Puissance et la Gloire. L'orthodoxie thomiste au péril du jansénisme (1663-1724) : le zénith français de la querelle de la grâce (2011).
L'orthopraxie catholique en matière de jeûne se fonde sur le respect de trois règles : un seul repas complet par vingt-quatre heures, auquel on a ajouté, à partir du XIIIe siècle, une légère collation vespérale ; l'abstinence des viandes et des laitages ; l'heure imposée pour l'unique réfection quotidienne, soit la mi-journée. Cadre disciplinaire général que nombre de théologiens se sont efforcés d'assouplir pour rendre les contraintes du Carême plus supportables. Dès lors s'est développée une ample casuistique dont les interrogations ont pu surprendre. S'il est vrai que les liquides ne rompent pas le jeûne, est-il permis en Carême de boire entre les repas du café, du chocolat, de la bière, de l'eau-de-vie, ou de manger de la pastèque ? Si les poissons sont incontestablement des aliments maigres, qu'en est-il des oiseaux aquatiques, des canards, des poules d'eau, des flamants, des crocodiles, des reptiles ou, au Brésil, du caïman yacare ? Entre les tenants de la rigueur et les partisans de l'indulgence, l'opposition a été telle que le magistère romain a dû réagir : entre 1741 et 1745, le pape Benoît XIV publie trois encycliques pour tenter de raffermir une discipline du Carême dont les observances tendaient à se relâcher. En dépit du geste pontifical, la pratique quadragésimale apparaît très fortement affaiblie à la mi-xixe siècle. Avec l'effacement du respect du précepte du jeûne ecclésiastique se donne à voir la sortie du catholicisme de l'ordre pénitentiel qui a longtemps été le sien.
Auteur d'une oeuvre historiographique majeure, et certainement l'une des plus ambitieuses tentatives d'anthropologie historique du fait religieux en Europe, l'historien Alphonse Dupront (1905-1990) reste encore, près d'un quart de siècle après sa disparition, une figure mystérieuse. Avant tout connu pour son étude du mythe de croisade, Alphonse Dupront n'a cessé de dérouter ses lecteurs par des textes dont le style et l'exigence interprétative ont provoqué, et provoquent toujours, autant d'incompréhensions et de perplexités que d'admiration et parfois même de saisissement. Il y a une énigme Alphonse Dupront : l'ambition de cette biographie intellectuelle, la première qui lui soit consacrée, est de recomposer la trajectoire institutionnelle du professeur et de l'administrateur et de replacer en son temps la genèse de la réflexion de l'historien et du penseur. Sylvio Hermann De Franceschi a voulu ici produire un essai d'archéologie intellectuelle qui permette de mieux comprendre, en réinsérant la méditation dupronienne dans les débats philosophiques et historiographiques qui lui étaient contemporains, comment Dupront en est venu à élaborer une approche et une écriture historiennes aussi singulières que les siennes. Sans s'opposer aux impératifs définis par l'Ecole des Annales, la démarche d'Alphonse Dupront se distingue par la conviction qu'il convient de préserver la dimension événementielle de l'histoire et par la volonté de reconnaître la validité que la subjectivité de l'historien confère à ses analyses.
A la croisée de l'histoire religieuse, de l'innovation technologique et des Humanités numériques, ce volume monumental retrace une aventure intellectuelle et humaine hors du commun : celle d' "Informatique et Bible" à l'abbaye bénédictine de Maredsous, de 1968 à 2018. Dans un format exceptionnel et sur près de 800 pages abondamment documentées, l'ouvrage rassemble témoignages, archives, analyses et textes fondateurs autour d'une expérience pionnière qui marquera durablement l'histoire de l'informatique appliquée aux textes. Bien avant l'essor du numérique contemporain, des moines bénédictins visionnaires développèrent, avec le soutien d'IBM-Belgium et d'un vaste réseau international de chercheurs, des outils novateurs pour l'étude, l'édition et la diffusion des textes bibliques et scientifiques. Des premières concordances bibliques informatisées aux bases de données textuelles multilingues, des cartes perforées au Minitel, voici racontée l'aventure d'une véritable "conversion" de la culture alphabétique vers la culture numérique. Structuré en quatre grandes parties complémentaires - chronique historique, notices encyclopédiques, textes majeurs et inventaire patrimonial - ce livre constitue à la fois une somme documentaire, une mémoire vivante et un outil de référence. Le lecteur y découvre les grandes réalisations qui firent la renommée de Maredsous : la Table Pastorale de la Bible (1974), les premières concordances analytiques françaises, le Dictionnaire Encyclopédique de la Bible publié simultanément sous forme imprimée et numérique dès 1987, ainsi qu'un demi-siècle de réflexions sur les mutations culturelles engendrées par les technologies de l'information. Notamment porté par le Fr. Robert-Ferdinand Poswick, osb, cet ouvrage s'impose déjà comme une contribution majeure à l'histoire des Humanités numériques européennes. Comme l'écrit Pierre Mounier-Kuhn : "Il aura sa place dans toutes les bibliothèques et bibliographies d'Humanités numériques".
La Bible de Jérusalem est le fruit de la traduction collective des textes hébreux et grecs par l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem qui lui a donné son nom. La première version est parue en 1956. La version actuellement imprimée date de 2000. La qualité des introductions, des traductions et des notes reflète le meilleur de la recherche exégétique contemporaine. La mise en pages réjouit l'oeil tout en facilitant l'intelligence du texte - l'usage de strophes signalant par exemple les passages poétiques. Cette disposition est devenue un modèle pour toutes les bibles modernes ultérieures. Des références dans les marges renvoient à d'autres passages. La Bible de Jérusalem est actuellement la traduction biblique la plus répandue en France, et fait figure de classique. La fidélité aux textes originaux en fait une bible d'étude. La qualité littéraire de sa traduction, la grande attention portée à son vocabulaire et à son style en font une bible pour la lecture, adaptée à tous les publics. Les livres présentés sont ceux du canon catholique.
2019 marque le neuvième centenaire de la Carta caritatis, ou plus exactement de la confirmation de ce texte cistercien essentiel par le pape Calixte II le 23 décembre 1119. Maillon essentiel dans la construction de l'édifice cistercien, la Charte de charité entend préserver l'esprit de Cîteaux, alors que le " Nouveau Monastère " s'était mis à essaimer. Sa préoccupation est de garantir charité et unanimité entre l'abbaye-mère et ses abbayes-filles. L'enjeu est majeur et le rythme des fondations justifie que le texte soit en évolution durant plusieurs décennies. Il est d'ailleurs en pleine gestation au moment de sa première approbation pontificale en 1119. Texte incontournable de la genèse cistercienne, la Carta caritatis a fait l'objet de nombreuses études. Son élaboration a ainsi suscité de riches discussions, tout comme l'emprise de ce document constitutionnel sur l'histoire cistercienne. Les aspects historiques et législatifs de la Charte de charité ne doivent pas pour autant faire oublier les principes spirituels d'un texte dont l'essence est de protéger l'esprit d'amour entre les communautés. Le présent volume constitue les actes du colloque organisé par l'Association pour le rayonnement de la culture cistercienne (ARCCIS), en partenariat avec le Collège des Bernardins et fait le point sur ces questions qui ont touché et qui touchent aujourd'hui encore les membres de la Famille cistercienne. La rencontre a également été l'occasion d'appréhender la Charte de charité en tant que source d'inspiration dans le monde religieux, mais aussi lai ? c, notamment entrepreneurial.