Tumultes N° 38-39, Septembre 2012 : Le Moyen-Orient en mouvement
Dayan-Herzbrun Sonia ; Kian Azadeh
KIME
34,00 €
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EAN :9782841745906
L'ensemble de ce qu'il est convenu d'appeler le monde arabe est, depuis le début de l'année 2011, en proie à des bouleversements sociaux et politiques sans précédent. D'une certaine manière on peut considérer qu'il s'agit de la reprise, et peut-être de l'accomplissement du mouvement de décolonisation qui avait buté sur les liens établis entre les régimes autocratiques mis en place un peu partout et les puissances occidentales. Ces soulèvements populaires ne sont pas sortis du néant. Ils sont le produit de conflits et de dynamiques qu'il est important de restituer. On souhaite donc, dans ce numéro, mener, concernant les différents pays, une analyse de fond qui prenne en compte la longue durée, les changements profonds qui ont traversé ces sociétés et que la vision, souvent encore marquée par l'orientalisme, de nombre de commentateurs, a laissés de côté. Quelles sont donc les forces sociales et politiques qui y ont été en présence et en tension, et qui éventuellement se déploient aujourd'hui ? Même si les aspirations politiques ont été étouffées à peu près partout, elles n'en ont pas moins existé, certes de façon souterraine et masquée (s'exprimant, par exemple dans des ?uvres littéraires ou artistiques). Quelles sont aujourd'hui, dans cette accélération de l'histoire, les recompositions du jeu social et politique ? Ce sont ces questions que traitent les différents auteurs contribuant à ce numéro, dont beaucoup son issus des pays dont ils parlent, remplissant à la fois le rôle de témoins privilégiés et d'analystes.
Nombre de pages
387
Date de parution
13/09/2012
Poids
495g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841745906
Titre
Tumultes N° 38-39, Septembre 2012 : Le Moyen-Orient en mouvement
Auteur
Dayan-Herzbrun Sonia ; Kian Azadeh
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
495
Date de parution
20120913
Nombre de pages
387,00 €
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L'ADAV, premier parti politique ouvrier de l'histoire, est créé en Allemagne en 1863. Son objectif est d'obtenir le suffrage universel pour faire ensuite triompher les idéaux qui avaient été ceux de la révolution de 1848. Il s'agit de parvenir par des voies démocratiques à un socialisme qui ne peut s'épanouir que dans un Etat de droit. Le fondateur de ce parti est un homme de trente-huit ans : Ferdinand Lassalle, Juif-allemand des provinces orientales, ami et rival de Marx, et qui mourra un an et demi après la création de l'ADAV, au cours d'un duel pour une femme. Il est paradoxal de constater que c'est ce héros révolutionnaire romantique, et non Karl Marx, qui a inventé la forme moderne du parti politique ouvrier provoquant à long terme une modification fondamentale de l'espace politique. Ce livre qui réhabilite la politique lassallienne est le premier qui lui ait été consacré en France depuis plus de cinquante ans.
En 1913, Karl Marx et Ferdinand Lassalle sont objets d'une commune célébration, pour avoir fondé le mouvement ouvrier allemand. Douze ans plus tard Ferdinand Lassalle est désigné comme le père d'une social-démocratie désormais honnie et vouée à la trahison, avant que sa mémoire ne sombre définitivement dans l'oubli. Dans l'intervalle s'est construit le marxisme, à partir d'une sélection et d'une interprétation des textes de Marx, qui obéissent à des stratégies de pouvoir. Cette idéologie politique va jouer sur l'imaginaire des masses pour les entrainer dans l'aventure totalitaire. L'occultation de la figure de Lassalle et sa désignation comme ennemi intérieur tiennent un rôle central dans ce processus, qui est aussi interdiction de l'idée démocratique. Ce livre met en évidence la logique sociale et politique d'un exemple majeur de manipulation de la mémoire collective.
Le Moyen-Orient arabe a connu depuis la deuxième partie du dix-neuvième siècle d'importants mouvements nationaux et les femmes u ont rempli des rôles de premier plan. Cet ouvrage s'attache à démonter les stéréotypes trop courants qui fondent une représentation ahistorique de l'islam contre les féminismes. Il propose une analyse des rapports de genre en relation avec la complexité des rapports de domination et notamment avec ce qui, depuis les entreprises coloniales, s'est joué et se joue encore entre le Nord et le Sud. Ce n'est pas seulement par leur invisibilisation, mais aussi et parallèlement par leur glorification mythique que les femmes se trouvent instrumentalisées par les mouvements nationalistes. Prenant à leur compte les aspirations transformatrices, certaines femmes peuvent aussi développer une conscience des stratégies féministes. Contribution importante à la discussion des relations entre nationalisme et féminisme au Moyen-Orient, cet ouvrage offre au public la connaissance socio-historique précise des mouvements politiques, y compris féministes, de la Palestine, de l'Egypte et des pays du Maghreb.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Le numéro du Bulletin de la SHESVIE 28-2 sera consacré à un dossier spécial sur "Les classifications zoologiques d'Aristote à Linné. Approches historiques et lexicologiques" . Les éditeurs scientifiques en sont Meyssa Ben Saâd, Simon Thuault, Yoan Boudes et Axelle Brémont. Il sera découpé en cinq passionnants articles dont le premier explorera "La classification zoologique dans la civilisation arabe classique : approche lexicologique et épistémologique" (Philippe Provençal), puis les lecteurs pourront appréhender la richesse du " lexique de l'échelle des êtres dans le Traité des animaux d'Aristote et le De animalibus d'Albert le Grand" (Grégory Cless) avant de se pencher sur l'histoire du "Genre, maître mot du classement" (Philippe Lherminier) ainsi que sur "Les traités d'Ichtyologie vers 1555- La naissance de la "peinture scientifique" " (Katharina Kolb). Enfin, un groupe de jeunes chercheurs nous proposera une "Etude du lexique et des catégories zoologiques en vietnamien" (Phuong Duyen Nguyen, Arnaud Zucker, Danh Thành Do-Hurinville).
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.