Prête-moi ta plume... Les manuels épistolaires au XIXème siècle
Dauphin Cécile
KIME
22,40 €
Epuisé
EAN :9782841741946
Au panthéon de l'art épistolaire, les manuels qui prétendent offrir au plus grand nombre des modèles de lettres pour toutes les circonstances de la vie font figure d'intrus. Une certaine étrangeté par rapport à l'histoire du livre, de l'épistolaire et de la scolarisation les a fait échapper aux rets de l'historiographie. Ni vraiment littéraires, ni seulement pratiques, pas toujours pédagogiques, ils ne se laissent pas facilement classer. Ce caractère polysémique les rend particulièrement pertinents pour l'observateur de l'ordinaire et du quotidien. C'est donc le déplacement du regard qui permet de les élever à la dignité d'objet historique - cet essai prétend les y conduire -, non pas tant pour leurs qualités intrinsèques que par les fonctions qu'ils remplissent dans un " entre-deux " culturel, âprement convoité par les tenants de l'art épistolaire et les apôtres de la divulgation. Encore présents dans nos librairies au rayon des " livres pratiques ", les manuels épistolaires sont héritiers d'un genre médiéval. Dans cette longue histoire, le XIXe siècle occupe une position stratégique : le temps est alors venu de renouveler et de vulgariser un savoir d'experts et de lettrés, de le mettre à la portée de toute une société prise de gré ou de force dans les entrelacs de l'écrit. Nouveaux lecteurs et apprentis épistoliers s'exercent aux formes multiples du braconnage culturel. Les textes passent d'une main à l'autre, les règles s'estompent ou se durcissent au gré des plumes. Mais l'appropriation des mots doit trouver appui sur des sentiments et des dispositions psychologiques, suggérées par les énoncés empruntés. Du moins leur vraisemblance et les résonances qu'ils rencontrent autorisent chacun à s'en saisir, à les détourner, à les renouveler. Au-delà des modèles qui peuvent paraître figés, une histoire sociale de la culture permet d'interroger les raisons de cette longévité. Le succès des manuels dans la société du XIXe siècle a sans doute quelque chose à voir avec l'émergence de ce qu'on pourrait appeler une " culture épistolaire " : à la fois source et reflet.
Nombre de pages
199
Date de parution
16/06/2000
Poids
260g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841741946
Titre
Prête-moi ta plume... Les manuels épistolaires au XIXème siècle
Auteur
Dauphin Cécile
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
260
Date de parution
20000616
Nombre de pages
199,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Sur la pratique de la séduction, c'est-à-dire de l'entre-deux du conflit ou de l'union, de la domination ou de l'égalité, là où les corps parlent, où l'on murmure, où l'on se rapproche, s'effleure, se fascine, il n'y avait pas d'histoire. Pourtant, c'est bien là où se joue l'image de soi, là où les places assignées peuvent se renverser. La séduction est donc un possible objet d'histoire, entre les lignes, entre les mots, les gestes, les regards, entre tout ce avec quoi, d'ordinaire, les historiens travaillent. Et si la séduction, dans ses diverses manifestations et modalités historiques, représentait un point d'accès privilégié à une histoire " vraie " de la mixité sociale ? Le groupe d'histoire des femmes, réuni autour de Cécile Dauphin et Arlette Farge, poursuit sa réflexion entamée avec De la violence et des femmes, sans être dupe de la séduction même de son nouvel objet. Pas d'autre solution que d'explorer un des moments de tension paroxystique entre femmes et hommes pour, aux côtés des ?uvres littéraires, mesurer les chances d'une reconnaissance mutuelle.
L'image captive le regard, elle distrait et fait rêver. Elle enseigne aussi. Dans le champ des pratiques épistolaires observées sur un long siècle, les images de grande diffusion jouent à plein leur rôle de média: montrer les gestes les plus simples ou les plus symboliques, suggérer les scénarios les plus imaginatifs ou les plus anodins, apprivoiser les grands malheurs ou les petits bonheurs... Ces mises en scène de la lettre déploient un imaginaire à la portée du plus grand nombre, tout en informant l'historien attentif au cours ordinaire des choses. La rencontre de la lettre et de la gravure est abordée ici à travers quatre ensembles de documents: les manuels de modèles de lettres, des lithographies de Gavarni publiée dans Le Charivari, les partitions de chansons et les collections de cartes postales. Pédagogiques, ludiques, satiriques ou sentimentales, les illustrations ne sont pas observées comme de simples curiosités, mais saisies dans leurs résonances avec les textes qui les entourent, avec les objets qui les portent, avec les usages qu'elles suscitent. Elles apparaissent comme d'indispensables outils qui ont rendu possible la pratique épistolaire par le plus grand nombre, phénomène mis en évidence au moment de la Grande Guerre. Ecriture amoureuse, féminine ou masculine, écriture appliquée, professionnelle ou enfantine, située dans le salon, le lit, le bureau ou sur le champ de bataille, message enfermé dans une enveloppe cachetée ou exposé sur une carte... toutes les pratiques sont réputées possibles. Nomades, les mises en scène de la lettre circulent d'un objet à un autre, cheminant parfois de la peinture à la publicité. Ce grand imagier épistolaire reste perméable aux innovations technologiques et aux formes nouvelles d'échanges. Biographie de l'auteur Cécile Dauphin est ingénieure de recherche au CNRS. Danièle Poublan est ingénieure d'études à l'EHESS.
Chartier Roger ; Bourreau Alain ; Dauphin Cécile ;
Le XIXe siècle est un temps décisif pour la correspondance en raison des progrès de l'alphabétisation et du désenclavement économique et social qui multiplie les circonstances où écrire une lettre est une obligation. Ce livre se veut donc exploration d'une pratique qui devient ordinaire, l'écriture d'une lettre, et qui institue une manière nouvelle de penser et vivre le lien social. Pour la comprendre, notre démarche propose plusieurs étapes. La première vise à mesurer et à expliquer, grâce à l'immense enquête menée en 1647 par l'Administration des Postes, les inégalités de la pratique épistolaire. Puis vient, conduite dans la longue durée, à partir du Moyen Age, l'étude de l'invention et de l'imposition de la norme épistolaire et celle des secrétaires, présents dans la librairie de colportage au XVIIe et XVIIIe siècle, édités en masse au XIXe siècle. Après avoir analysé les représentations de la lettre, écrite ou reçue, dans les récits de vie "populaires" du XIXe siècle, le livre s'achève avec l'étude de trois ensembles de lettres, illustrant des situations très contrastées ; la correspondance intime, secrète, féminine ; la lettre adressée au journal - en l'occurrence celui des employés de la Poste - ; le tout-venant du courrier tel que le révèle l'échantillon des lettres conservées pour leur marque ou leur timbre au Musée de la Poste à Paris. Des mesures aux modèles, des représentations aux traces, tel est le cheminement de cette enquête qui espère éclairer l'entrée en écriture de toute une société.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Le numéro du Bulletin de la SHESVIE 28-2 sera consacré à un dossier spécial sur "Les classifications zoologiques d'Aristote à Linné. Approches historiques et lexicologiques" . Les éditeurs scientifiques en sont Meyssa Ben Saâd, Simon Thuault, Yoan Boudes et Axelle Brémont. Il sera découpé en cinq passionnants articles dont le premier explorera "La classification zoologique dans la civilisation arabe classique : approche lexicologique et épistémologique" (Philippe Provençal), puis les lecteurs pourront appréhender la richesse du " lexique de l'échelle des êtres dans le Traité des animaux d'Aristote et le De animalibus d'Albert le Grand" (Grégory Cless) avant de se pencher sur l'histoire du "Genre, maître mot du classement" (Philippe Lherminier) ainsi que sur "Les traités d'Ichtyologie vers 1555- La naissance de la "peinture scientifique" " (Katharina Kolb). Enfin, un groupe de jeunes chercheurs nous proposera une "Etude du lexique et des catégories zoologiques en vietnamien" (Phuong Duyen Nguyen, Arnaud Zucker, Danh Thành Do-Hurinville).
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.