Extrait 1993-2007 : BOULEVERSEMENTS MAJEURS SUR LA SCÈNE POLITIQUE PALESTINIENNE 1. La difficile mise en place d'une autorité politique Les défis de l'Autorité nationale palestinienne Yasser Arafat signe l'accord appelé «Gaza-Jericho d'abord» à Washington, en septembre 1993. L'Autorité nationale palestinienne, qui en est l'émanation, a alors quatre défis à relever. Le premier concerne le type de relations que l'Autorité nationale palestinienne entend nouer avec l'ancienne force occupante, Israël, devenue partenaire légitime et reconnue. Cette nouvelle donne inclut une gestion partagée des questions sécuritaires. Les relations liant désormais l'Autorité nationale palestinienne au gouvernement israélien correspondent à une forme de partenariat, ou plutôt une coopération - une collaboration pour certains - entre les deux parties. Les forces politiques radicalement opposées aux accords d'Oslo, comme les mouvements islamistes et progressistes, allant jusqu'à qualifier l'Autorité nationale palestinienne de supplétif des forces de sécurité israéliennes. Sur le terrain, ce partenariat se matérialise par trois arrangements : d'abord, une coopération entre les services de sécurité, c'est-à-dire la Sécurité préventive générale palestinienne (SPG) et les renseignements intérieurs israéliens, puis une mise en place de patrouilles mixtes aux abords des points de contrôle séparant les zones A et B fixées par les accords et, enfin, par une institutionnalisation des bureaux de liaison pour les affaires civiles. Sur le plan économique, la création de l'Autorité nationale palestinienne entérine les relations bilatérales, mettant à jour le déséquilibre absolu des échanges économiques, à l'avantage d'Israël. En effet, 75 % des importations palestiniennes proviennent d'Israël et 85 % de ses exportations sont écoulées sur le marché israélien. Autre élément illustrant cette inégalité dans les rapports économiques : les droits de passage frontalier perçus par les autorités israéliennes et rétrocédés au taux de 40 % seulement aux autorités palestiniennes, par l'intermédiaire de l'Office palestinien des transferts nationaux.