Malgré le regain d'intérêt, ces quinze dernières années, pour l'étude de la presse du XIXe siècle, un titre phare de la fin de siècle, Le Chat Noir, n'a jamais fait l'objet d'une étude approfondie en tant que journal. C'est en effet surtout à l'histoire de l'art ou de la culture montmartroise que nous devons la majorité des recherches sur ce périodique, qui est souvent réduit à une fonction d'archive. Ses textes, ses illustrations, relevant essentiellement de la blague, n'auraient guère d'intérêt, à l'exception des productions de quelques collaborateurs notoires — Paul Verlaine, Alphonse Allais, Léon Bloy, Caran d'Ache, Jules Jouy, Charles Cros, Willy, George Auriol, Adolphe Willette — qu'on a souvent détachées de leur contexte de publication original pour les mettre en recueil. Comment expliquer alors la longévité de cette feuille — quinze ans, 690 numéros — si son contenu était d'une telle indigence ? Ce livre se propose de poursuivre l'exploration du Chat Noir — entendu ici comme l'ensemble des pratiques qui s'organisent sous cet emblème : une revue, un cabaret et un collectif — en envisageant comme centrale la question de la production écrite. En somme, de prendre au "sérieux quand même" les écrits d'un collectif qui, de façon systématique, tourne en dérision tout discours sérieux et les codes qui en découlent, et peut à ce titre aujourd'hui souffrir de sa réputation blagueuse.
Delvallée Ellen ; Crépiat Caroline ; Loraud Yasmin
S'adressant à tous les candidats aux concours, en particulier littéraires, Clefs concours offre une synthèse par sujet. Conçu comme un repère par rapport aux monographies et aux cours et comme un outil de révision, chaque ouvrage est articulé autour de fiches permettant de faire le point rapidement, efficacement et intelligemment. Synthèse du travail de spécialistes des questions au programme et de profs de prépa, Clefs concours permet de consolider ses connaissances quel que soit son niveau de départ. Clefs concours Khâgnes. Tous les titres sont organisés autour d'une structure commune : - des Repères situent les oeuvres. - des Problématiques en proposent des approches analytiques. - des Etudes thématiques relient celles-ci aux axes du programme. - des Outils pour : définir (lexique), approfondir (bibliographie commentée), élargir (florilège de citations d'autres oeuvres).
Cet ouvrage vise à rendre compte de la richesse et de la complexité des rapports que Susan Sontag, tout à la fois intellectuelle engagée, écrivaine et réalisatrice, entretenait avec le cinéma. Il existe en effet une dissymétrie frappante entre l'intérêt que Sontag a porté presque toute sa vie à ce médium et la manière dont s'est construite sa postérité intellectuelle. On connaît l'importance qu'occupe la photographie dans ses écrits, on peut savoir aussi que Sontag s'est particulièrement intéressée à la danse, au théâtre et à la littérature – qu'elle-même fut romancière. Mais la question cinématographique demeure marginale dans les études portant sur son oeuvre, alors même que le cinéma fut pour elle une passion de premier plan et qu'il joua un rôle essentiel dans sa formation intellectuelle. Plus encore, on oublie souvent qu'elle-même fut cinéaste, réalisant quatre longs-métrages au cours de sa vie. Rassemblant les contributions de spécialistes en études cinématographiques, d'artistes ou de critiques, cet ouvrage s'attache ainsi à analyser la manière dont les films de Sontag constituent un mode d'exploration et de prolongement de sa pensée, tout en reconsidérant réciproquement ses réflexions esthétiques et politiques depuis la question du cinéma, qui occupe une place diffuse mais constante dans ses écrits.
Le14 septembre 2011, dans l'émission de Laure Adler Hors champ sur France Culture, Jean-Luc Godard tenait les propos suivants : "Question : Expliquez-nous la différence entre du cinéma vrai et des films, faire des films. Réponse : Les films on peut les voir, le cinéma on ne peut pas le voir. On peut juste voir ce qu'on ne peut pas voir... de l'inconnu ou des choses comme cela... Question : C'est cela que vous tentez de faire ? approcher de l'invisible... Réponse : Ce qu'on fait naturellement, ce que font beaucoup d'écrivains à leur manière. Quand j'étais adolescent, l'un des premiers livres qui m'avaient touché, c'est un livre de Maurice Blanchot je ne connaissais rien à la philosophie et à toute cette école c'était un livre qui s'appelait Thomas l'Obscur voilà c'est Thomas l'Obscur". Le 28 janvier 1942, à la sortie de Thomas l'Obscur, Thierry Maulnier faisait le commentaire suivant dans sa chronique littéraire : "Le premier roman de M Maurice Blanchot constitue à n'en pas douter une des expériences les plus subtiles et les plus audacieuses qui aient été faites depuis longtemps pour faire dire aux mots plus ou autre chose que ce qu'ils ont coutume de dire dans leur emploi habituel". Deux témoignages différents mais la même intuition sur un auteur à part qui a marqué toute une génération d'écrivains. L'intention de cet ouvrage collectif sur les romans et récits de Maurice Blanchot est justement de creuser cet informulé dans le connu du mot, autrement dit la manière dont l'écriture de Blanchot pose la question de l'invention du langage à travers l'acte de nomination : comprendre le combat que livre Thomas avec, pour ou contre le mot.
Résumé : Quelle contemporanéité singulière chercher chez Rohmer, dont l'oeuvre théorique, télévisuelle et filmique dialogue ouvertement ou secrètement avec Chrétien de Troyes, Blaise Pascal et Honoré d'Urfé autant qu'avec Proust, Hitchcock, Antonioni, Godard et Ricardo Bofill ? A sa disparition en 2010, on a tout naturellement, en France et à l'étranger, salué en l'auteur de La Collectionneuse, de Ma nuit chez Maud, du Genou de Claire et de Pauline à la plage, le Marivaux ou le "moraliste du septième art", le "Master of tact", "le cinéaste littéraire par excellence". Réunissant, autour d'une commune attraction, des spécialistes de la littérature française et du cinéma, ce Rohmer en perspectives propose d'aborder le cinéaste à travers le prisme d'une contemporanéité complexe et contradictoire où l'héritage humaniste et la quête de beauté, de vérité et d'ordre s'ouvrent, non sans ambiguïté, aux intrusions, empêchements, déséquilibres et désordres du vivant. Entre le celluloïd, le polaroïd et le marbre, se dessine ici le portrait de Rohmer en contemporain inactuel qui, du Signe du lion aux Amours d'Astrée et de Céladon, n'a cessé d'exposer le classicisme français aux rayons de la modernité et de l'historicité cinématographiques.