Des médecins, à l'Age classique, observent le visage humain, et tentent d'y deviner les passions de l'âme ; des savants, dans les premières décennies du XIXe siècle, déchiffrent le corps du monstre, et y perçoivent un semblable. Des curieux se pressent, au siècle des Lumières, au spectacle d'un homme sans bras ni jambes, vêtues à la Turque, qui tourbillonne, le sabre au clair, sur le pavé parisien ; les foules de la Belle Epoque, à la Foire du Trône, se massent sur le seuil des musées de cires anatomiques, qu'elles déserteront bientôt. Des soldats américains, durant la Guerre d'Irak, posent devant des prisonniers dénudés... Ce sont là quelques-uns des regards qui les scrutent et qu'interroge le travail de Jean-Jacques Courtine, dans un parcours qui traverse l'histoire du visage, celle du corps, celle de la virilité. On y sent à chaque pas la présence de la pensée de Michel Foucault, entendue, discutée ; ses concepts - énoncés, formation discursive, dispositif - questionnés. Le livre partage avec le travail foucaldien un paradoxe fondateur : lorsqu'on y interroge l'énigme de la chair, ce sont tout autant l'épaisseur sédimentée du langage et les incessants déplacements du regard qui répondent. Pas d'histoire du corps qui ne soit une archéologie des discours et une généalogie des regards.
Nombre de pages
168
Date de parution
18/11/2011
Poids
214g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782841372751
Titre
Déchiffrer le corps. Penser avec Foucault
Auteur
Courtine Jean-Jacques
Editeur
MILLON
Largeur
140
Poids
214
Date de parution
20111118
Nombre de pages
168,00 €
Disponibilité
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1880... Le siècle qui s'achève a inventé l'être sensible, entre clameurs guerrières et élans révolutionnaires. S'ouvre alors une ère nouvelle : partout s'étend l'empire de l'émotion, sur les individus comme sur les masses. D'obscurs mouvements de l'âme échappent au sujet, d'étranges contagions parcourent les foules, de nouveaux savoirs tentent de les déchiffrer. Ce troisième volume explore les régimes émotionnels qui, depuis lors, sont devenus les nôtres : traumas et violences psychologiques extrêmes d'un siècle de fer et de sang ; anxiétés flottantes, dépressions chroniques, humiliations diffuses ; mais encore compassions inédites, mutation des codes de l'amour, invention de nouveaux désirs.
Tome 3 de l'Histoire du corps. Les Mutations du regard. Le XXe siècle. Les deux premiers tomes étaient consacrés aux périodes allant de la Renaissance aux Lumières (janvier 2005) et de la Révolution à la Grande Guerre (janvier 2005). Les contributions portent sur les thèmes suivants :
Après le succès de l'Histoire du corps et de l'Histoire de la virilité, Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine et Georges Vigarello dirigent cette très ambitieuse Histoire des émotions en trois volumes, héritière du programme des Annales, de l'histoire des mentalités et de celle des sensibilités, et portée par les renouvellements historiographiques les plus récents. Elle réunit pour la première fois les meilleurs spécialistes français et étrangers de l'histoire des émotions, toutes générations confondues. 1880... Le siècle qui s'achève a inventé l'homme sensible, il a entendu gronder des clameurs guerrières et retentir les élans révolutionnaires. S'ouvre alors une ère nouvelle : partout, sur les individus comme sur les masses, s'étend l'empire de l'émotion. Affects, sentiments, passions, voire perversions ou folies : d'obscurs mouvements de l'âme échappent au sujet, d'étranges contagions parcourent les foules, de nouveaux savoirs tentent de les déchiffrer. Ce troisième volume explore les régimes émotionnels qui, depuis lors, sont devenus les nôtres : traumas et violences psychologiques extrêmes d'un siècle de fer et de sang ; et aussi anxiétés flottantes, dépressions chroniques, humiliations diffuses ; mais encore compassions inédites, mutation des codes de l'amour, invention de nouveaux désirs. Une invitation à aller toujours plus loin dans l'histoire du continent noir de nos peurs et de nos peines, comme dans celle de la terre promise de nos joies et de nos plaisirs.
En ce début de XXIe siècle, la rumeur enfle en Occident : les hommes ne seraient plus des hommes, des "vrais". De ce malaise dans la part masculine de la civilisation, la virilité reste un indicateur crucial. Car c'est bien sur cet idéal de force physique et de puissance sexuelle, de maîtrise et de courage que s'est historiquement construit dans la culture ce qui passe pour la "nature de l'homme". Et qui demeure le socle la domination masculine. Il y a donc un paradoxe de la virilité contemporaine : comment comprendre que cette représentation hégémonique de la puissance masculine ait fini par apparaître aussi incertaine ? Les hommes d'aujourd'hui entendent-ils porter longtemps encore cette charge millénaire, ou vont-ils souhaiter sentir s'en alléger le poids ? Quitte à renoncer à ses avantages...
Husserl Edmund ; Pestureau Jean-François ; Mazzù A
L'existence des " Manuscrits de Bernau " de Husserl sur la conscience intime du temps fut révélée pour la première fois publiquement par Heidegger, en 1928 dans sa préface aux célèbres Leçons sur la phénoménologie de la conscience intime du temps. Ces Manuscrits, écrits par Husserl à Bernau (Forêt Noire) en 1917/18, sur la base d'une compilation faite par Edith Stein, sont restés inédits du vivant du philosophe, bien qu'ils aient été confiés, dans les années trente, à Eugen Fink en vue de la publication. Pour plusieurs raisons, dont la complexité des textes n'est pas la moindre, Fink n'en vient pas à bout, et après la guerre, y renonça. Husserl considérait en effet ces manuscrits comme son " ouvrage principal " qui, restés dans les cartons des Archives de Louvain, sont entrés dans la légende pour le milieu des phénoménologues , puisqu'ils étaient censés contenir les clés de l'oeuvre entière. Il aura fallu le travail persévérant de Rudolf Bernet et Dieter Lohmar pour que l'ouvrage (une sélection parmi la masse des manuscrits) paraisse enfin, en 2001, dans la collection des Husserliana. Cette édition critique est celle qui est publiée ici en traduction française. L'importance considérable de ces textes tient à ce qu'ils constituent proprement l'acte de naissance de la phénoménologie génétique, et conduisent par là à réexaminer et relativiser les analyses structurales et statiques auxquelles on a trop souvent réduit la phénoménologie, en en faussant l'" esprit ", en la figeant dans une scolastique. Car les " Manuscrits de Bernau " sont avant tout un exercice aigu du sens critique, de la pensée aux prises avec des problématiques aporétiques, de l'art de pratiquer des distinctions nuancées jusqu'au plus subtil, de la rencontre de choses essentiellement mobiles, bref, de la pratique de la philosophie telle qu'elle doit se donner à entendre aujourd'hui.
Au Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c'ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c'ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.