CORPS POUR CORPS. Enquête sur la sorcellerie dans le Bocage
Contreras Josée ; Favret-Saada Jeanne
FOLIO
10,00 €
Épuisé
EAN :9782070327713
En 1969, Jeanne Favret-Saada s'installe dans le Bocage pour y étudier la sorcellerie. Personne ne veut lui en parler. Tenir un journal paraît alors le seul moyen de circonscrire un "objet" qui se dérobe : relater les conversations, incidents, coutumes qui pourraient avoir un lien quelconque avec la sorcellerie, noter systématiquement comment les gens refusent d'en parler. Dans la formulation même de ces refus se révèle peu à peu une conception du monde centrée sur l'idée de "force". Un jour, tout bascule : parce qu'ils lui attribuent cette "force", des paysans demandent à Jeanne Favret-Saada de les désenvoûter. Un autre ensorcelé, qui devine sa peur, lui annonce qu'elle est "prise" et l'adresse à sa désorceleuse. Dès lors, continuer à écrire permet à l'ethnographe de manier des situations incompréhensibles et dangereuses, de supporter l'enjeu mortel de toute crise de sorcellerie : "Corps pour corps, c'est lui qui y passe, ou c'est moi."
Nombre de pages
369
Date de parution
02/04/1993
Poids
193g
Largeur
107mm
Plus d'informations
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EAN
9782070327713
Titre
CORPS POUR CORPS. Enquête sur la sorcellerie dans le Bocage
Auteur
Contreras Josée ; Favret-Saada Jeanne
Editeur
FOLIO
Largeur
107
Poids
193
Date de parution
19930402
Nombre de pages
369,00 €
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L'axe de la plupart des travaux, c'est une interrogation concernant le rapport (érotique) où l'individu se fixe à une image qui l'aliène à lui-même d'où prend origine l'organisation passionnelle qu'il appelera son "moi" . C'est dans une tension conflictuelle que naissent, dans une concurrence agressive, les notions "d'autrui" , du "moi" et de "l'objet" . On verra ensuite que l'imaginaire ne se confond pas avec le spéculaire : quelle place accorder, dans la dynamique d'une cure, aux ressources de la fantaisie et de l'humour ?Dans ce recueil sont abordées, par ailleurs, des questions se rapportant à la croyance, au phénomène religieux, à la magie, au rituel superstitieux.
Résumé : Corps pour corps, initialement publié en 1981, constitue une date pour l'ethnographie : il a marqué une rupture dans les travaux de l'anthropologie classique comme de la pensée post structurale en France qui prétendaient à la neutralité de l'enquêteur ou à un idéal de retrait total. Lorsque, en effet, Jeanne Favret-Saada s'installe en 1969 dans le Bocage pour y étudier la sorcellerie, personne ne veut lui en parler, et tenir un journal paraît alors le seul moyen de circonscrire un " objet" qui se dérobe : relater les conversations, incidents, coutumes qui pourraient avoir un lien quelconque avec la sorcellerie, noter systématiquement comment les gens refusent d'en parler. Il en résulte, au bout de deux ans, 2 600 pages de notes dont deux cents seront utilisées dans Les Mots, la mort, les sorts. Plus tard, Josée Contreras conseille à Jeanne Favret-Saada de publier l'essentiel de ce matériau au titre de témoignage sur le monde des sorts mais aussi sur les particularités de cette ethnographie dans laquelle l'observateur ne peut se soustraire au processus qu'il observe : il est " pris ". S'offre ainsi au lecteur le mouvement de la recherche, avec ses tâtonnements, ses hasards, ses impasses, qui restitue en même temps au plus près la parole des habitants du Bocage. Cette réédition de Corps pour corps s'inscrit dans le mouvement d'attention actuel pour les travaux de Jeanne Favret-Saada, entre la parution en 2009 d'un recueil d'articles, Désorceler (L'Olivier), la tenue d'un récent colloque et l'intérêt des cinéastes, près de se concrétiser, pour le sujet.
La rétribution de la sexualité, dit-on, fait d'une femme une putain. Mais qu'est-ce qu'une putain ? Il n'y a pas de consensus et les différentes sociétés peuvent en donner des définitions tout à fait divergentes et même opposées. Ce livre s'interroge sur le statut de la sexualité des femmes. Dans la majorité des sociétés connues, la sexualité apparaît comme un échange asymétrique et non pas réciproque entre hommes et femmes. Pas un échange du même avec du même, de la sexualité contre de la sexualité, mais une compensation masculine pour une prestation féminine, un paiement qui peut revêtir les formes les plus variées (don, argent, prestige, statut social, promotion) en échange d'une sexualité transformée en service. D'où une série de questions : Comment se fait-il que les hommes, même plongés dans les situations les plus misérables, peuvent se payer le service sexuel d'une femme - alors que non seulement les femmes n'ont pas, sauf exception, cette possibilité mais de plus n'ont même pas droit à leur propre sexualité ? Comment leur maintien dans la méconnaissance de leur corps et de la sexualité - attestée par des enquêtes menées dans différents pays, y compris Européens -, la différence d'accès aux ressources et la violence masculine conditionnent-ils la sexualité des femmes ?
Biographie de l'auteur Jeanne Favret-Saada est ethnologue, Josée Contreras est psychanalyste. Elles ont publié Les Mots, la Mort, les Sorts. La Sorcellerie dans le bocage et Corps pour corps. Enquête sur la sorcellerie dans le bocage.
Vous voulez vous venger de l'avarice de votre maître ? Faites-lui croire qu'une troupe imaginaire de spadassins est à sa poursuite et que vous avez trouvé un moyen de le sauver. Prenez un sac. Mettez l'homme dans ce sac et prenez soin de bien le fermer. Promenez-le un peu sur votre dos à travers la ville. Profitez-en pour le rouer de temps à autre de coups de bâton. Mais prenez garde que votre victime ne découvre la supercherie...