Présentation Le dixième anniversaire de la mort d'André du Bouchet a été marqué en 2011 par plusieurs rééditions et publications, qui offraient l'occasion de faire un bilan approfondi de cette oeuvre majeure. Avec le recul, certains de ses aspects et de ses enjeux, encore mal perçus, commencent à se dégager, comme son inscription dans l'histoire de son temps et ses relations avec plusieurs grandes aventures littéraires et artistiques contemporaines. Depuis 2001, beaucoup de travaux ont apporté des éclairages nouveaux sur la vie et sur l'oeuvre d'André du Bouchet. L'accès à ses manuscrits de travail, déposés à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, ouvre des perspectives inédites aussi bien sur sa genèse que sur ses derniers développements. On peut mieux apprécier aujourd'hui l'influence décisive que cette oeuvre a exercée et continue d'exercer sur de nombreux écrivains et artistes. Plus que jamais, elle témoigne de l'apport vital de la poésie à une culture et à une société qui n'ont que trop tendance à s'en détourner. Pour faire le point sur l'évolution, la réception et le rayonnement de cette oeuvre, pour ouvrir sur elle et à partir d'elle de nouvelles pistes de recherche et de réflexion, nous avons organisé à Cerisy, du 15 au 22 juillet 2011, un colloque qui a réuni des chercheurs et des créateurs de plusieurs pays, de différentes disciplines et de diverses générations. Ce colloque a connu un réel succès: tous ceux que nous avions invités à y participer ont pleinement répondu à notre attente, en portant leur intervention au niveau d'exigence qu'appelle André du Bouchet. Interventions et discussions ont rencontré quotidiennement une forte audience: de nouvelles interrogations; de vraies réponses. La participation de jeunes et brillants chercheurs garantit une ouverture, et une relève, d'autant plus nécessaires que l'accès aux manuscrits d'André du Bouchet inaugure un champ de travail considérable. La présence du poète a été restituée par la diffusion de nombreux documents audio et vidéo, parfois inédits, qui ont permis d'entendre sa voix et de le voir évoluer dans ses paysages et ses lieux de travail; mais elle a été surtout assurée par les lectures très variées qu'en ont proposées non seulement des universitaires venus d'horizons géographiques et intellectuels différents, mais aussi des écrivains, des poètes, des philosophes, des artistes (peintre, chorégraphe, musicien...). Nous souhaitions cette diversité des approches, fidèle, nous semble-t-il, à la vocation des colloques de Cerisy et à l'envergure de cette oeuvre: chaque lecteur puise dans son rapport intime à la poésie d'André du Bouchet une ressource unique, pour sa vie entière. Le présent volume recueille les textes de la plupart des communications entendues à Cerisy, dans un ordre qui suit d'assez près le déroulement de nos journées de travail. Toutefois, ces communications ont souvent été profondément remaniées par leurs auteurs en vue de l'édition des actes. Nous avons en effet cherché à proposer ici un livre plutôt que la simple transcription de l'événement. (...)
Nombre de pages
426
Date de parution
22/11/2012
Poids
655g
Largeur
170mm
Plus d'informations
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EAN
9782705683634
Titre
Présence d'André du Bouchet
Auteur
Collot Michel ; Léger Jean-Pascal
Editeur
HERMANN
Largeur
170
Poids
655
Date de parution
20121122
Nombre de pages
426,00 €
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Formalisme et structuralisme ont envisagé la poésiecomme un langage replié sur lui-même. A cette hypothèse d'une "clôture du texte" s'opposent la pratique et la réflexion des poètes, qui n'ont cessé de lier leur écriture à un horizon. Cet horizon renvoie non seulement à l'espace du dehors, mais aussi à l'espace intérieur de la conscience poétique, et à l'espace du texte lui-même. De par cette aptitude à réunir les trois dimensions de l'expérience poétique, l'horizon apparaît comme une véritable structurerégissant à la fois le rapport au monde, la constitution du sujet et le fonctionnement du langage. La notion de structure d'horizon permet de mieux comprendre la solidarité qui unit, en poésie, le sujet et l'objet, le visible et l'invisible, l'imaginaire et le réel, l'élaboration d'une structure déterminée et l'ouverture d'une marge inépuisable d'indétermination. Elle est ici interrogée à la fois à travers les images des poètes modernes (de Baudelaire à Du Bouchet), et à partir des enseignements de la phénoménologie, de la psychanalyse et de la poétique. C'est au croisement de ces divers approches que peut se dessiner le nouvel espace théorique dont nous avons aujourd'hui besoin pour penser la poésie. Biographie de l'auteur Michel Collot est professeur de Littérature française à l'Université de Paris III, où il dirige le centre de recherches "Ecritures de la modernité", associé au CNRS; il est l'auteur de plusieurs essais sur la poésie, notamment L'Horizon fabuleux, Paysage et poésie (Corti), et la Matière-émotion paru aux PUF dans la même collection.
Nous sommes dans un lieu, quelconque. Pourtant, par la faille entrouverte entre ciel et terre, dans l'écart qui déploie, entre ici et là-bas, les plans en perspective, une orientation se dessine, un sens émerge, et le lieu devient paysage. Morceau de " pays s, certes, arraché du regard à la terre, mais qui donne à lui seul la mesure du monde. Car il possède un horizon, qui, tout en le limitant, l'illimite, ouvre en lui une profondeur, à la jointure du visible et de l'invisible, — cette distance qui est l'empan de notre présence au monde, ce battement du proche et du lointain qui est la pulsation même de notre existence. Depuis le romantisme, les poètes interrogent l'énigme de l'horizon. Ils le font à partir des significations et des représentations qui se sont attachées, dans la langue et dans la littérature, au mot "horizon" lui-même, dont on retrace ici l'histoire singulière. Mais chacun réécrit à sa manière cette fable de l'horizon en fonction des enjeux propres à son imaginaire, à son inconscient, à son esthétique, comme on le montre à travers les oeuvres exemplaires de Hugo, de Rimbaud et de Mallarmé. L'horizon symbolise ainsi la relation paradoxale que la poésie entretient avec le sensible, s'ouvrant à lui pour le dépasser et le déplacer, car il est fabuleux, toujours susceptible d'interprétations nouvelles.
Le goût de l'horizon nous vient du romantisme. Il a longtemps figuré pour les poètes le seuil d'un Autre monde, l'image d'un Absolu. Mais en traversant l'histoire mouvementée du XIXe siècle, le thème s'est peu à peu dépouillé de ses significations idéales. Lhorizon est désormais vide. Il continue pourtant de fasciner les poètes, car il est fabuleux : débordant toute représentation acquise, inscrivant l'invisible dans le visible, il adresse un appel irrésistible à l'imagination et à l'écriture, qui le réinventent constamment, comme en témoignent les oeuvres de Claudel, Reverdy, Supervielle, Bonnefoy, Lande et Du Bouchet, ici interrogées dans leur diversité et leurs affinités. Ce que les poètes demandent à l'horizon, ce n'est plus guère l'accès à un Autre monde, mais la révélation que notre monde est toujours autre qu'on ne le croit, car il recèle une réserve inépuisable de perspectives nouvelles ; ce n'est plus l'image d'une identité propre, à jamais possédée, mais la "distance intérieure" d'une intime altérité. Ce fond insondable, le poète le rencontre aussi dans sa traversée du langage, qui le renvoie de mots en mots, sans qu'aucun coïncide jamais exactement avec ce qu'il voudrait dire. La fuite de l'horizon symbolise cette négativité à laquelle le langage poétique se trouve confronté depuis qu'aucune caution métaphysique ne garantit plus l'adéquation des mots aux choses. Parce qu'elle est devenue "expérience des limites", aventure du langage risqué aux confins du silence, la poésie moderne reconnaît une parenté secrète entre son ambition et cet horizon qui semble, au bord de l'invisible, tracer une première ligne d'écriture.
Droit Roger-Pol ; Atlan Monique ; Masquelier Frédé
L'amour se raconte, s'éprouve, se rêve, s'étiole. Il fait hurler de joie ou de douleur, pousse à agir ou foudroie, transporte ou désespère. Mais peut-il être l'objet d'un savoir ? Ne pourrait-il être approché que par des récits, et non des concepts, par la littérature et la poésie, et non par la philosophie ? Ce qui est sûr, c'est que l'amour fait des histoires... que les philosophes ont longtemps négligées, n'y voyant que les marques de l'émotivité, de la passion, de la déraison. Pourtant, ces histoires sont riches d'enseignements. Comment naissent, vivent et meurent les histoires d'amour ? Du roman au cinéma, les récits d'aujourd'hui sont-ils comparables à ceux de jadis ? Aime-t-on de la même manière qu'autrefois, alors que semblent s'installer la peur de l'engagement et la défiance envers le sentiment amoureux ? Les philosophes et experts ici rassemblés nous invitent à envisager le lien amoureux comme une transformation sans cesse en devenir, tissu sans fin d'histoires humaines. Avec les textes de : Boris Cyrulnik, Vincent Delecroix, Frédérique Ildefonse, Sophie Galabru, Olivia Gazalé, Christian Godin, Francis Wolff
Latham Monica ; Amselle Frédérique ; Ferrer Daniel
Cet ouvrage propose une visite guidée des " antichambres " , " coulisses " et autres " arrière-cuisines " , où l'écriture de Virginia Woolf se prépare. Ses lieux d'écriture, à Londres ou dans la région du Sussex, révèlent les méthodes de travail de l'autrice autant que son environnement. En plus de sa prose romanesque et de ses essais critiques, Woolf écrivait quotidiennement dans son journal, tenait une correspondance régulière, et esquissait des projets dans ses carnets de travail. Ces milliers de pages offrent un formidable témoignage littéraire, où l'on peut la voir analyser avec lucidité sa propre méthode et réfléchir à son écriture, avec ses mécanismes, ses joies et ses peines. Alors que l'examen de la genèse de Mrs Dalloway révèle une écrivaine qui tâtonne afin de mettre en place sa vision unique et hautement ambitieuse du roman moderne, les manuscrits d'Une chambre à soi mettent au jour la rapidité d'écriture d'un essai littéraire et féministe qui résonne encore aujourd'hui. Suivre les processus d'écriture de ces textes nous permet d'observer à la fois l'écrivaine à l'oeuvre, et l'oeuvre en train de prendre forme, à la confluence de plusieurs courants, inspirations et idées novatrices.
L'image de l'empereur Néron, jouant de la lyre au moment où Rome brûlait à ses L'image de l'empereur Néron, jouant de la lyre au moment où Rome brûlait à ses pieds, a été immortalisée par le cinéma hollywoodien et a durablement imprégné l'imaginaire collectif. Or, beaucoup de ce que l'on croit savoir sur cette grande catastrophe historique est faux. Rome brûle relate comment l'incendie de 64 a détruit une bonne partie de la ville et plongé sa population dans la panique. L'ouvrage décrit également comment le feu a détruit l'image dorée de l'empereur Néron, et provoqué une crise financière qui a durablement influé sur l'économie romaine. Ce livre recenseen outre les récentes découvertes archéologiques qui permettent de mieux comprendre cet événement, et sa postérité dans la littérature, l'opéra ou le cinéma. S'appuyant sur une riche documentation, à la fois littéraire et archéologique, le professeur Anthony Barrett montre comment le grand incendie de Rome provoqua la chute de Néron et la fin de la dynastie julio-claudienne, et fut un point de bascule dans l'histoire romaine.
Il ne leur manque que la parole, entend-on souvent dire à propos des chiens. En effet, pourquoi après 35 000 ans de cohabitation, d'amitié, de services rendus, ne nous parlent-ils toujours pas ? Comment la parole est-elle venue à l'homme, et qu'en comprennent nos compagnons les chiens ? Qu'échangeons-nous vraiment avec eux ? Pourquoi leur parlons-nous sur un ton stupide ? Quelles limitations les empêchent de nous répondre ou tout simplement de nous dire ce qu'ils pensent de nous ? A ces questions, parfois naïves, les neurosciences - humaines et animales - fournissent des éléments sérieux de réponse. Et une expérience inédite vient bousculer notre conviction que seul l'humain peut utiliser le langage pour communiquer, et interroger le sens même de l'existence. Alors ? Pensent-ils humains ?