Sait-on encore aujourd'hui que Versailles à son apogée était meublé d'argent massif, que Louis XIV, au lieu de conserver son trésor dans des coffres, l'avait fait transformer par les meilleurs orfèvres, en tables de 350 kilos de métal précieux, en miroirs de 425 kilos, en balustrades de plus d'une tonne, en gigantesques vases et cassolettes, en canapés et tabourets ?... Toutes ces merveilles, rassemblées dans le Grand Appartement du roi, y jouaient avec les ors, les marbres et surtout avec des milliers de bougies, créant ainsi une ambiance de brillance et de lumière telle qu'elle stupéfiait les contemporains. D'où est venue cette étrange idée de concevoir des meubles de métal ? D'Espagne, dès la fin du XVIe siècle. Rares dans les premiers temps, ils se multiplient à la suite de l'expérience versaillaise et, pendant un demi-siècle, de 1690 à 1740, on les retrouve dans toutes les grandes cours d'Europe, en des quantités parfois impressionnantes. Leur souvenir s'est perdu car, constituant une réserve monétaire, ces meubles ont été le plus souvent fondus. Il n'en reste que peu d'exemplaires, quelque deux cents pièces à travers le monde. Mais quels vestiges, étranges et sublimes à la fois ! L'étude de ces pièces, complétée par des recherches dans les archives, menée par une équipe internationale à l'occasion de l'exposition présentée au château de Versailles, révèle un phénomène d'une ampleur géographique insoupçonnée, d'une dimension artistique considérable mais aussi d'une signification politique affirmée comme attribut du pouvoir absolutiste.
Nombre de pages
270
Date de parution
20/11/2007
Poids
1 829g
Largeur
264mm
Plus d'informations
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EAN
9782711853571
Titre
QUAND VERSAILLES MEUBLE D'ARGENT.
Auteur
Arminjon Catherine
Editeur
RMN
Largeur
264
Poids
1829
Date de parution
20071120
Nombre de pages
270,00 €
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Par sa longévité, Gilbert Du Motier de Lafayette (1757-1834) traverse un demi-siècle de bouleversements et de révolutions. De part et d'autre de l'Atlantique, il joue dans la vie politique un râle de premier plan, entrecoupé d'éclipses. Engagé dans une défense constante des libertés individuelles et collectives, il s'illustre dans la guerre d'indépendance américaine (1777-1781), dans les premiers élans de la Révolution française (1789-1792) et lors de la chute de Napoléon 1er (1815). Attentif aux destinées des Etats-Unis où, sur le tard, il effectue un retour triomphal (1824-1825), il revient sur le devant de la scène française à l'avènement de la monarchie de Juillet (1830). Tout au long de sa vie, Lafayette crée un pont entre deux mondes, entre deux cultures politiques. Pour transmettre ses idées et son image, Lafayette a rédigé des mémoires et fait la commande de nombreux portraits. De son vivant déjà, tout un ensemble de discours et de représentations circulent à son sujet, en France et aux Etats-Unis. En faisant l'actualité, en suscitant la curiosité du public, il accède à la célébrité. L'émergence de cette forme de notoriété, moderne et ambivalente, qui apparaît entre les Lumières et l'âge romantique, s'appuie sur une massification de l'imprimé et de la gravure, sur un attachement plus affectif aux personnalités publiques, enfin sur l'apparition de l'opinion publique dans le jeu politique. Lafayette a sans cesse été l'objet de jugements de ses contemporains, de témoignages de reconnaissance, de rapports de police, de chansons ou d'articles à son effigie fabriqués en série. La connaissance de celles et ceux qui les ont produits, diffusés et reçus, permet de mettre en lumière les mécanismes qui ont fait de Lafayette une figure publique internationale.