La logique du don est mystérieuse. Pour de nombreux économistes et gestionnaires, c'est une pratique sociale, de nature affective ou morale, qui échappe à leur domaine de compétence. Le don n'a pas, selon eux, le sérieux qui sied à ceux qui sont en charge de "faire des affaires". Evoquer la place du don en économie, c'est donc être un peu naïf. Pourtant, dans l'entreprise et sur les marchés, on trouve partout du don et du gratuit. Cela saute aux yeux : le coup de pouce au collègue, le renvoi d'ascenseur, le transfert gratuit d'informations, les cadeaux d'entreprise, les remises gracieuses au client, le service rendu sans y être obligé, etc. La vie concrète de l'économie, celle qu'il nous faut arriver à déchiffrer pour comprendre son fonctionnement et son efficacité, est animée de milliers de dons quotidiens sans lesquels l'entreprise et les marchés tout simplement n'existeraient pas. Les auteurs de cet ouvrage refusent d'exclure de l'économie la logique du don et refusent aussi de l'idolâtrer. Ils la considèrent comme un des moteurs de l'activité humaine. Il s'agit de comprendre la manière selon laquelle ce qui est codifié et institutionnalisé par les marchés, les contrats et les normes organisationnelles entre en frottement avec ce qui est "ouvert" et lié à la liberté subjective de donner. L'articulation entre la logique du don et celle de l'échange doit être au coeur d'un programme de recherche incluant le don en économie. Pour cela, il convient de faire oeuvre de réalisme en sciences sociales et, en particulier, en gestion.
On pourrait s'étonner d'entendre parler d'une culture du "don" en entreprise, là où par définition tout est calculé pour optimiser un gain. Comment fonctionnent ces entreprises privées qui choisissent le "don" comme principe fondamental de leur entreprise ? Qu'en disent leurs salariés, qui ne se contentent certainement pas d'un slogan marketing pour croire à ce concept hors normes ? Anouk Grevin s'est prise de passion pour ce phénomène, encore marginal, qui bouscule nos idées reçues et met un visage à ce que pourrait être un capitalisme humanisé. Elle s'est rendue sur leurs terres, à la rencontre de ces chefs d'entreprise surprenants, de leurs salariés aux accents de grande sincérité, et nous livre à la manière d'un roman les fruits de cette étude. Quatre entreprises sont scrutées : une banque aux Philippines, une chaîne de boulangeries et restaurants en Corée, une entreprise de nettoyage industriel au Paraguay et un grossiste de matériaux de construction en Argentine. Il s'agit non seulement d'aventures économiques remarquables, mais aussi d'un voyage bouleversant au coeur de l'humain, mettant en lumière le prix et le poids de relations humaines de qualité. De quoi nourrir de grandes espérances pour nos entreprises.
Résumé : Le XXIe siècle vit un changement de rythme. L'invention d'Internet, la mondialisation des marchés et de la finance, celle des réseaux sociaux ont imposé une mutation profonde dans les relations, jusqu'au sein de l'économie et du capitalisme. Les conceptions innovantes doivent tenir compte des nouvelles attentes en matière de rapports humains. Qui souhaite évoluer doit respirer, écouter, parler avec tout son corps, à la manière des plantes. Qui veut survivre aujourd'hui est appelé à déployer toutes ses fonctions ? y compris la fonction entrepreneuriale ? en renonçant à exercer un contrôle sur tout, en activant et en responsabilisant toutes les cellules du corps dans une dynamique de communion et d'unité. Ce livre parle donc d'économie, de don, de communion, de la subsidiarité dans le management, d'esprit du capitalisme..., des expressions peu familières au langage économique d'aujourd'hui. Le message est bien porteur de nouveauté, car on y découvre la puissance du fragile, du vulnérable, et on contemple l'action de cette économie humaine et silencieuse, déjà profondément à l'oeuvre au sein de nos sociétés. Une mine d'inspiration pour théoriciens et acteurs de la vie économique et politique.
Résumé : Le Moyen Age dans le texte, explore différentes facettes de la "nouvelle histoire textuelle" qui s?est imposée en histoire médiévale ces trente dernières années. Le livre reflète un cycle d?ateliers où se sont confrontés pendant cinq ans des chercheurs issus du Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris (Lamop), de France et de l?étranger, de l?Angleterre au Japon, dans une approche interdisciplinaire mettant en contact historiens, spécialistes de la littérature, linguistes et philologues. La nouvelle histoire textuelle a révolutionné le champ de l?histoire médiévale en interrogeant toutes les dimensions de la source-texte, conçue non plus comme une évidence, mais comme le terrain d?une enquête, quantitative et qualitative, devant sans cesse être renouvelée. Comment articuler les connaissances auxiliaires nécessaires à l?exploration historique du texte ? Quels jeux d?échelles adopter, et quelle philosophie de rapport à la source ? Comment replacer les textes dans leurs sociétés de création ? Cinq angles d?attaque sont présentés, permettant de réfléchir à ces problèmes : les enjeux de l?histoire des collections textuelles ; les jeux de code-switching et d?oscillation linguistique ; la Bible en tant qu?objet d?histoire textuelle ; l?absence du texte comme défi à la recherche ; enfin les différentes approches européennes du concept d?écriture pragmatique.
Ce recueil de sonnets, qui allie rire et larme comme l'indique son titre grec, est un recueil satirique très proche des Regrets de Du Bellay alors que les Vingt-quatre sonnets romains sont, eux, proches des Antiquités du même Du Bellay. Grévin, jeune poète et dramaturge brillant, ami de Ronsard dans ses débuts, devient vers 1560, par ses positions calvinistes, un homme rejeté par son milieu intellectuel d'origine, exilé en Angleterre puis en Italie. Ses sonnets marquent le désenchantement de l'humaniste devant un monde qui " va à l'empire ", passant sans transition du burlesque à la ferveur humaniste, de la prière à Dieu à l'attaque violentes des positions catholiques, du sonnet de louange à la vitupération. Les tonalités et les registres varient sans cesse, faisant de ce recueil une pièce essentielle de l'humanisme français interrogeant de façon critique certaines de ses valeurs.
Résumé : Pour offrir une spiritualité au troisième millénaire, il fallait un saint du XXIe siècle, et l'Eglise nous le donne en la personne de Carlo Acutis. Que peut nous dire un jeune adolescent millennial ? Que peut-il nous apprendre ? Carlo Acutis nous fait comprendre que toute figure de sainteté est une leçon de spiritualité. Cheminer quinze jours avec lui, c'est non seulement apprendre de son témoignage mais aussi permettre aux jeunes de ce siècle de s'ouvrir, à son exemple, à la vie dans l'Esprit. Ce livre fait résonner les différentes notes de sa spiritualité au travers de quinze des miracles eucharistiques qu'il a présentés dans l'exposition qui fut l'oeuvre de sa vie. Chacun pourra y trouver un guide de prière et un appel à la sainteté ordinaire. Le père Will Conquer est prêtre de l'archidiocèse de Monaco pour les Missions étrangères de Paris. Depuis 2019, il est en mission au Cambodge. Auteur de plusieurs livres sur Carlo Acutis, il participe à la diffusion internationale de sa dévotion, par la vénération de ses reliques ainsi que l'installation de son exposition sur les miracles eucharistiques.
Tout a commencé par un choc : l'annonce de la maladie, être gagnée par l'inquiétude et sentir soudain la fragilité de son propre souffle. De cette expérience intime surgit une autre question, plus vaste : et si l'essoufflement de notre planète disait aussi quelque chose de nos épuisements intérieurs ? Ce livre explore ce parallélisme troublant et propose une piste inattendue : notre guérison collective implique-t-elle aussi une dimension spirituelle ? Porté par cette intuition, le récit s'ouvre au grand imaginaire biblique de la fin des-temps - non comme une menace, mais comme une ressource pour penser l'avenir. Un même fil d'or fragile traverse les pages : le souffle. Celui qui nous manque et celui qui nous porte.
Le Christianisme a commencé en Terre Sainte, et on sait qu'il s'est répandu très rapidement. Mais, sait-on qu'il fut très tôt présent dans le monde syro-palestinien qui recouvre les pays qui vont d'Israël et de la Jordanie jusqu'à la Turquie et à l'Iran actuels. Ainsi une Communauté chrétienne existe à Damas dès les années 35-36 : c'est elle qui accueille Paul lors de sa conversion. Il y a aussi Antioche où les croyants reçoivent pour la première fois le nom de chrétiens (Ac 11, 26). Le monde syro-palestinien a donc été très tôt gagné par la foi au Christ. Mais il possède également une autre caractéristique très importante. En effet, dans ces contrées les gens sont en général de langue araméenne. C'est une langue de cette famille que parlaient Jésus et ses disciples. L'araméen est davantage un ensemble de dialectes plutôt qu'une langue unique et uniforme. Toujours est-il que c'est dans cette culture araméenne, et donc sémite, que se fait dès les débuts du christianisme l'évangélisation des contrées du Proche-Orient. Ainsi dès le début il y eut des Eglises de culture araméenne qui parlent cette langue et célèbrent leur foi avec elle. Ephrem est un Père du IVe siècle appartenant à l'une de ces Eglises. C'est par lui que nous avons choisi de vous présenter les Eglises de langue araméenne. Peut-être le connaissez-vous déjà ou avez-vous entendu parler de lui. Ce numéro lui est consacré et commence par une introduction à la culture araméenne, avant de présenter Ephrem et son oeuvre.