Cet ouvrage, issu d'un colloque qui s'est tenu à Toulouse en mars 1997, nous révèle " une certaine photographie de la mémoire juive de la Résistance " grâce aux travaux et à la participation d'historiens et de témoins de cette tragique et pourtant glorieuse époque. La vox populi a plaisir de laisser planer cette sublime maxime : être éditeur est un acte à risques - les risques, je vous les laisse deviner. Or, après avoir publié Georges Wellers et Haïm Gouri, j'ai souhaité que ces rencontres deviennent livre, et les accueillir dans mon catalogue. À chacun sa douleur, à chacun son fardeau, tous, à notre identique Histoire, nous devons apporter notre contribution. On ne peut pas oublier le sort tragique que l'Administration siégeant à Vichy fit aux Juifs, ni l'ignominie, l'obligation qui leur a alors été faite de porter l'étoile jaune. Nous avons trop souvent l'image du " Juif " se laissant passivement amener à l'abattoir. Or, cet ouvrage place réellement le combat de femmes et d'hommes, Juifs, dans la Résistance en France contre l'occupant. Il est une part importante à la contribution de la vérité et de la réalité historique. Les Juifs dans la Résistance est un livre qui répond et met définitivement en Histoire cette simple réalité, rend justice et honneur à ces résistantes et à ces résistants. Pour conclure, je voudrais prendre à mon compte ces mots René Char : Voici le sable mort, voici le corps sauvé:/La Femme respire, l'Homme se tient debout. Et réitérer à tout lecteur ma volonté que tout citoyen soit un veilleur de liberté.
Nombre de pages
214
Date de parution
20/08/2001
Poids
362g
Plus d'informations
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EAN
9782908527780
Titre
Les Juifs dans la Résistance
Auteur
Cohen Monique Lise ; Dufour Jean-Louis
Editeur
TIRESIAS
Largeur
0
Poids
362
Date de parution
20010820
Nombre de pages
214,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Tandis qu'une main de femme en moi écrivait des textes positifs, argumentés, d'ordre métaphysique, historique ou poétique, l'attente des jours se déroulait dans une aridité, une pauvreté qui se répétait elle-même. La "veille du livre" raconte le roman impossible d'une écriture forgée dans la patience des jours. Les textes rassemblés ici ont été écrits sur plus d'une dizaine d'années.
Une âme simple. D'où vient la possibilité d'écrire son roman ? Elle traverse les temps et les épreuves du monde. Elle sait que le monde - sa dureté - n'est pas une apparence, une illusion. Elle a appris à lire et à écrire, et elle connaît, comme Abraham Aboulafia au XIIIè siècle, la victoire de l'encre sur le sang. Elle a entendu Franz Kafka : "Si vous suiviez les paraboles, vous seriez vous-mêmes devenus des paraboles, et par là déjà libérés de la peine de chaque jour". (Max Brod, "A propos des paraboles", 1923). Elle sait que toute la réalité est dans le livre.
Un secret est révélé, peut-être - sans doute - précédé de générations de secrets, de blessures inavouables, enterrées sous des décades de silence. Ainsi de cette énergie enfouie naîtrait la nécessité d'écrire transmise de la femme à l'enfant", écrit Betty Daël qui préface cet ouvrage, le quinzième de Monique Lise Cohen, écrivain subtil et raffiné.
Emmanuel Lévinas et Henri Meschonnic: tout semble les séparer, et pourtant tous deux parlent de littérature, d'éthique et de Dieu. Ils se référent chacun à une "tradition ininterrompue". Emmanuel Lévinas: la lecture de la Bible à travers le Talmud; et Henri Meschonnic: la lecture de la Bible avec les te'amim. La Bible est leur source d'inspiration. Tous deux parlent et écrivent comme Juifs. Ils renouent avec la "tradition ininterrompue" du prophétisme, par-delà la coupure entre la foi et le savoir, dans l'écoute des prophètes des temps bibliques et des penseurs prophètes du Moyen Âge. Écoute qui fait signe vers notre futur. Dans la vision des voix, qu'appelle, sous notre main, la lecture toujours recommencée et renouvelée du texte de la Bible.
C'est l'histoire au quotidien de ces résistantes arrêtées qui, souvent après avoir été torturées, se retrouvent dans ces prisons et ces pages vont nous faire vivre leur itinéraire. Chacune d'entre elles se raconte et nous raconte son arrestation mais aussi son engagement, la vie carcérale, les s?urs gardiennes, la police, les " Droit Commun ", les " Politique " et leur lutte pour rester dignes et fidèles combattantes de l'armée de l'ombre. Cet ouvrage rend hommage à ces étrangères qui très tôt entrèrent en lutte et furent emprisonnées : Espagnoles, Allemandes, Polonaises... On sait maintenant leur condition de détention, leur vécu, mais aussi, chose rare, le fonctionnement de ces lieux d'oppresson, de collaboration et de résistance. C'est la part noire de l'histoire des prisons parisiennes pendant l'occupation. Si beaucoup partiront dans les convois les emmenant vers Auschwitz ou Ravensbrück, si beaucoup mourront en déportation ou du typhus, celles, libérées ou évadées, continueront le combat clandestin. Ce livre est comme une stèle du souvenir pour ces lieux de supplices (dont deux seront rasés après la guerre). Il révèle la volonté de continuer à témoigner et appartient à notre mémoire collective. Ces pages sont une ode à la femme dont le rôle et la lutte pendant cette période ont été trop souvent oubliés sinon négligés.
Ces pages ouvrent un nouveau chantier de recherches et d'investigations sur notre Histoire du XXe siècle. Nous proposons d'ouvrir le dossier sur les prisonniers de guerre de 14-18 pour découvrir le petit peuple des prisonniers poilus, du deuxième classe au sous-officier, ce combattant devenu prisonnier dont on parle trop peu souvent, et le mépris qu'on lui porte fait en sorte qu'on ignore la tragédie de sa condition. Plus terriblement, sont mis à jour les sévices et l'horreur qu'ont subis les populations civiles - enfants, femmes, invalides, vieillards. Jean-Claude Auriol fait appel tant à la littérature qu'aux correspondances, travaux de la Croix-Rouge, rapports administratifs pour relater l'horreur des faits vécus. L'auteur écrit : " Sans doute est-il bien tard pour parler encore de la guerre... Cependant un chapitre reste encore trop ignoré, celui des prisonniers de guerre français en Allemagne... certains témoignages furent détruits par les Allemands en 1940, à leur arrivée en France... à l'époque, être prisonnier était avilissant. " Citons cet exemple : en plein Sénat en 1916, un général déclarait : " Les prisonniers ne sont pas intéressants, ce sont des chevaliers de la crosse en l'air et des embusqués. " La mémoire collective a oublié que le prisonnier de guerre est passé par le front. Ces hommes partirent vers le nord, l'est ou le sud de l'Allemagne. Ils connurent la faim, la soif, l'insomnie et la plupart en ont gardé un souvenir pénible d'ennui, de privations et de rigueurs. Travail et devoir de mémoire, mais œuvre de Justice.